La conseillère juridique a ordonné d’annuler la commémoration du rav Ovadia Yossef ; Shas attaque vivement : « Un foulage aux pieds flagrant de la loi »

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Les services de la conseillère juridique du gouvernement ont ordonné d’annuler une cérémonie de commémoration du rav Ovadia Yossef prévue par la loi, sous prétexte que sa tenue même pourrait être considérée comme de la propagande électorale en raison de son identification au parti Shas. Le ministère des Services religieux et le Shas attaquent vivement : « Un foulage aux pieds flagrant de la loi ».

Kol réga’ – Eli Poroush

Tempête publique et politique suite à la décision de la conseillère juridique d’annuler une cérémonie de commémoration du rav Ovadia Yossef, de bénie mémoire, qui est pourtant ancrée dans la loi. Selon les informations rapportées par Amit Segal, les équipes de la conseillère juridique du gouvernement ont ordonné l’annulation de la cérémonie en raison de la crainte que son organisation en période électorale ne soit considérée comme de la propagande électorale au profit du parti Shas.

D’après ce rapport, l’argument avancé est que, même si aucune phrase à caractère politique n’était prononcée au cours de l’événement, le simple fait de tenir la cérémonie à la mémoire du rav pourrait être perçu comme de la propagande pour le Shas, en raison de l’identification historique et publique très étroite entre le rav et le parti.

Cet argument juridique n’est pas sans précédent : par le passé, la commission centrale des élections a déjà examiné des événements organisés en période électorale et étudié la possibilité qu’un événement présenté comme une commémoration ou un hommage ne se transforme dans les faits en tribune politique. Une décision datant de l’année 5783 avait notamment fixé des critères concernant le moment de l’événement, son caractère récurrent ou non, son ampleur, l’identité des participants et le contenu des interventions.

Cependant, la décision actuelle suscite de vives critiques de la part du ministère des Services religieux.

Le directeur général du ministère a soutenu que l’annulation de l’événement était contraire à la loi et a soulevé une question de principe : si la seule identification d’une figure publique à un parti politique transforme une cérémonie commémorative en propagande électorale, pourquoi ne pas appliquer ce même principe aux commémorations d’autres dirigeants politiques ?

Dans ce contexte, il a pointé du doigt la commémoration nationale de Yits’hak Rabin, historiquement identifié au Parti travailliste et au camp de la gauche, affirmant que si l’on annule la commémoration du rav Ovadia pour des motifs de propagande, il faut évaluer celle de Rabin selon les mêmes critères.

Au sein du groupe parlementaire Shas, on a également réagi vivement à ces informations en attaquant la conseillère juridique du gouvernement : « La demande insolente et révoltante de la conseillère juridique destituée d’annuler le rassemblement de prière et de mémoire pour notre maître le rav Ovadia Yossef est une atteinte grave à sa mémoire et à un immense public en Israël qui marche à la lumière de son héritage », a déclaré le parti.

Le Shas a ajouté qu’il s’agissait d’un « foulage aux pieds flagrant de la loi », puisque la Knesset a voté une loi rendant obligatoire la tenue de ce rassemblement (une loi visant à perpétuer la mémoire du rav Ovadia Yossef a en effet été promulguée à la Knesset).

Le groupe a annoncé qu’il n’accepterait pas cette décision sans combattre : « Nous ne laisserons pas la conseillère juridique, qui sert la gauche, porter atteinte à la mémoire de notre maître, et nous agirons par tous les moyens juridiques pour faire annuler cette décision. »

Le débat devrait désormais se déplacer sur le terrain judiciaire, avec au centre la question de savoir si un événement commémoratif prévu par la loi peut être empêché uniquement en raison de la crainte qu’il ne procure un avantage politique au parti identifié à la figure commémorée.

À l’inverse, la jurisprudence montre qu’en période électorale, les événements publics sont également évalués en fonction de leur contexte, de leur date, de l’identité des participants et de la possibilité qu’ils servent dans les faits de tribune politique.

Il reste maintenant à voir si la décision sera maintenue ou annulée à la suite de la bataille juridique annoncée par le Shas. L’affaire est déjà devenue un point de friction majeur entre le système judiciaire et le parti orthodoxe sefarade, et pourrait déclencher un débat plus large sur les limites de la commémoration nationale en période électorale.

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