Un peu avant l’invention des Kiboutsim…

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Autour de la table de Chabbatי n°554 Ki-Tavo

Un peu avant l’invention des Kiboutsim…

Notre paracha traite dans ses débuts de la Mitsva des Bikourim/les prémices. Lorsque le Clall Israël est arrivé en Erets Israël sous la conduite de Yehochoua/Josué (nous sommes bien avant la venue des pionniers des Kibboutsim de l’Hachomer et du Bound/gauchiste du début du 20ème siècle, n’est-ce pas Maître Capelot ?) le peuple a été ordonné sur de nombreuses Mistvoth liés à la sainteté de la terre par exemple les Maasseroth/Troumoth/’Hala, etc. De plus, lorsqu’un homme possédait un champ et faisait pousser une des sept espèces (blé/orge/raisins, etc.) il devait amener dans l’année les prémices de sa récolte au Temple de Jérusalem et l’offrir aux Cohanim. La Guemara enseigne que la venue des prémices suscitait de grandes festivités dans toutes les villes qui étaient traversées. Arrivés au Michkan, le pèlerin faisait un balancement de la corbeille de fruit et disait des versets de remerciements qui sont indiqués dans notre paracha. Cela commençait : « Au départ notre Patriarche c’était Ya’akov, puis nous avons été asservi en Egypte. Hachem nous a délivré de leur joug pour nous amener vers cette bonne terre, etc. » C’est-à-dire que les prémices sont l’occasion de grandes louanges à D’. Seulement le Rambam (dans Sefer Hamitsvoth’ Assé 132) rajoute : « Et après avoir fini son discours le pèlerin demandait à Hachem qu’Il continue que perdure sa bénédiction« . Le Rambam enseigne donc qu’il fallait rajouter une prière spéciale afin que la Berakha continue pour l’agriculteur.

Les commentateurs demandent quelle est la source (du Rambam) pour rajouter cette prière supplémentaire alors que ce n’est pas mentionné dans le verset ? Certains répondent que lorsque le texte de la Tora dit « Et tu te prosterneras/Hichtah’avita ». C’est une allusion au fait qu’il fallait faire une prière.  D’autres répondent que le Rambam l’apprend de la juxtaposition des Bikourim avec le Vidouï Ma’asser dans la suite et dans ce deuxième passage il est mentionné explicitement une Tefila (Hachquifa mimaon Kodechékha).

Cependant le rav Harrar chlita (dont je vous rapporte fréquemment les ‘hidouchim/nouveautés) rapporte qu’à plusieurs occasions que l’on remercie D’, les Sages instituent de faire une prière. Plusieurs exemples sont apportés.

La Michna dans Berakhoth enseigne que lorsque les voyageurs arrivaient dans une ville fortifiée à l’époque les voyages n’étaient pas du tout une partie de plaisir. Ils y avaient des brigands, des bêtes féroces… un peu comme la traversée du détroit d’Ormuz… Alors il fallait faire une prière de remerciement pour être arrivé sain et sauf dans la ville-halte et faire une prière au futur : que le dirigeant de l’endroit soit clément : remercier puis prier).

Autre cas, dans le Nichmath kol ‘haï, la prière que l’on dit le Chabbath matin à la fin des Psouké dezimra où l’on loue Hachem pour toutes les bontés qu’Il nous prodigue, nous concluons : « Jusqu’à présent Ta Miséricorde nous a aidé et Ton ‘Hessed ne nous a pas abandonné et Tu ne nous abandonneras pas pour toujours » (c’est donc une Tefila pour que cela continue). Dernier exemple très édifiant au sujet de notre sainte Matriarche Léa au sujet duquel le verset dit : « (Après avoir mis au monde cinq fils) : « Cette fois je remercie Hachem… et elle cessa de donner naissances à des enfants » (Vayétsé ch. 29,35). Le commentaire/Tour enseigne sur ce Passouk : « Notre Matriarche cessa de donner naissance (un certain temps) car elle avait remercié Hachem sans demander (prier) que cela continue » !

Le rav Harrar explique ce phénomène (reconnaitre puis prier à l’avenir) que notre Tefila vienne renforcer le sentiment que tout provient de Hachem, notre prière fait partie de notre Odaha/reconnaissance.

Une autre manière d’approche est que lorsque nous louons Hachem, nous établissons un lien/Kécher avec le Ribono chel ‘olam. A partir du moment où nous avons établi ce lien Il est à notre écoute et nous pouvons/ou devons faire nos demandes. A ce moment notre prière est plus facilement acceptée dans le Ciel.

Un tant soit peu comme si nous avions composé pour la unième fois le numéro de téléphone du super manager de notre banque dans laquelle nous avons une grosse ardoise et par miracle ce lundi matin il décroche le combiné. N’est-ce pas que c’est le moment (ou jamais) de lui demander une ristourne sur le prêt foncier qui ne nous laisse pas dormir tranquille, n’est-ce pas ? Pareillement lorsque nous faisons des louanges à Hachem -Lehavdil élef havdaloth – Il est à notre écoute, c’est le moment de lui demander une faveur : une bonne santé, de la réussite dans l’éducation de nos chères petites têtes blondes, une bonne rentrée de septembre et pour finir en beauté du Chalom Baït. De plus nos Sages enseignent que Hachem est à notre écoute et attend la Tefila des Tsadiquim.

Et c’est peut-être ce même schéma que l’on retrouve dans les fêtes de fin d’année. En premier c’est Roch Hachana : les jours de royauté de Hachem. Nous Le louons et glorifions comme le Roi des rois et le maitre du monde. Puis viennent les jours de pénitences (Asséré Yemé Techouva) et Yom Kippour qui sont des jours de prières pour effacer la faute. Donc il y a d’abord reconnaissance puis tefila.

Les choses cette semaine sont fines et font partie du vaste domaine du cœur. Mais je retiendrais le passage du Nichmath « Jusqu’à présent Tu ne nous as pas abandonnés… Tu ne nous délaisseras pas pour l’éternité !« .

L’homme peut se sentir seul, sans soutien ni oreille à son écoute, mais il faut savoir que Hachem est à nos côtés : Il ne nous a pas délaissé et ne nous abandonnera pas ‘AD OLAM /POUR TOUJOURS !!

LE SIPPOUR

La main tendue du Ciel !

Cette semaine on a parlé des épreuves et punitions, notre histoire véridique nous montrera que même derrière ces grands événements, il reste que la Main miséricordieuse de Hachem est bien là prête à être tendue à chacun qui a confiance en Lui.

Il s’agit d’un chauffeur de taxi du saint pays. Une fois notre homme prend un vieux touriste américain dans son véhicule. L’homme demande dans un accent américain/yiddish qu’il l’amène dans le centre du pays. Durant le trajet notre conducteur étant curieux demande à son passager le but de sa visite. Sa réponse sera que cela faisait des lustres qu’il ne s’était pas rendu en Terre sainte, mais cette fois c’était des raisons familiales qui l’avaient poussé à venir. Il raconte : « Je suis natif d’Europe Centrale d’avant-guerre. Or durant la dernière guerre j’ai été envoyé avec toute ma famille dans les camps de concentrations situés en Pologne. J’ai survécu à tous les affres inimaginables et à la libération des camps je suis parti refaire ma vie en Amérique. Cependant, de toute ma famille je suis resté le seul survivant, sans père ni mère, ni frère et sœur ! Je me retrouvais tout seul dans un monde inconnu ! Durant ces années d’après-guerre, j’ai effectué des recherches pour savoir s’il restait des survivants de ma famille : en vain ! Or, il y a quelques temps j’ai reçu des informations comme quoi mon frère est encore vivant quelque part en Erets. C’est pourquoi j’ai fait ce déplacement. Notre taximan était très pensif mais n’avait pas la moindre idée comment aider ce vieil homme. Au moment où il l’amenait à destination, le conducteur lui demanda le paiement du trajet. L’américain sortit son portefeuille et tendit les billets. Or comme c’était dans la chaleur des mois d’été, notre touriste avait retroussé ses manches. En tendant l’argent il dévoila son avant-bras qui était tatoué par les marques indélébiles marquées par les nazis lors de son passage à Auschwitz. Ces chiffres infâmes étaient la preuve irréfutable de la cruauté d’un peuple des plus cultivés d’Europe contre le Clall Israël. Notre taximan prit les billets et en un clin d’œil remarqua le chiffre tatoué sur l’avant-bras du touriste. Le conducteur réfléchit une fraction de seconde et d’un seul coup redémarra son véhicule, braqua son volant et pris la direction des autoroutes : direction le nord ! Notre touriste était bouche bée : il ne savait pas quoi penser. Est-ce que son conducteur était un fou furieux, un terroriste du Hamas ou de l’OLP (ou peut-être un iranien… et j’en passe de vertes et des pas mûres…). Seulement notre taximan ne disait rien. Il fonçait à toute vitesse. Le touriste s’impatientait grandement tandis que le conducteur essayait d’amadouer son client en disant : « Please Wait, please wait ». Notre américain garda son calme sachant que finalement le taximan n’avait pas l’air d’un dangereux terroriste car il portait la Kippa et les Tsitsith. Le voyage était long mais le conducteur gardait le silence en demandant simplement de patienter. Cependant dans la tête du conducteur les choses allèrent très vite. Les souvenirs de son passé remontèrent dans son esprit. Un épisode remontait à une période très ancienne, celle où il vivait dans un des Kibboutz du nord du pays. A l’époque il était loin de toute pratique juive, ni Chabbath, ni Tefilines et encore moins le port de la Kippa. Il était jeune membre d’un Kibboutz qui prônait les idéaux socialistes en terre d’Israël (tel que l’avait rêvé Ben-Gourion et toute sa clique…). Quand il avait la vingtaine, il travaillait alors dans une des entreprises de l’agglomération et avait pour fonction d’alimenter une énorme machine qui préparait des soupes instantanées. Son travail était de prendre des sacs de pommes de terre et légumes et de les verser dans l’énorme machine qui devait les couper très fins… Un jour, alors que ses baskets étaient trempés, il se dirigea comme à son habitude avec son sac de légumes sur le dos, prêt à le jeter dans l’orifice de la machine. Alors qu’il se trouvait à côté, voilà qu’il perdit l’équilibre glissa sur le sol, et tomba dans les entrailles de la terrible machine ! Voici notre jeune homme happé en direction du bas : vers les lames et hachoirs qui devaient le déchiqueter en quelques temps ! Notre homme s’accrocha aux parois afin de ne pas progresser plus bas : en vain ! Il sentait sa dernière heure arrivée. Alors il cria un dernier grand cri : « Hachem sauve moi ! » (Pour mes lecteurs, la chose est des plus évidentes : lorsque tout va mal la dernière chose à dire c’est de prier vers D’ ! Or,  pour les gens élevés dans les Kibboutz made in Israël la chose est bien moins évidente ! Car les pionniers des Kibboutz et de l’Hachomer ont tout fait pour éradiquer tout souvenir de la galout (de l’exil) comme ils aiment tant à s’en prévaloir… Pourtant un Juif reste juif (malgré les gauchistes et communistes..) et au final sa prière monta jusqu’à Hachem ! D’ envoya un de Ses émissaires pour sauver notre jeune, en la personne d’un vieil homme qui travaillait dans la fabrique du Kibboutz depuis des lustres. C’était un homme différent de toute la société du Kibboutz. Cet homme était un rescapé religieux de la Shoa mais qui gardait le silence. Toute sa vie il ne parlait pas, à cause des séquelles de la guerre, n’avait ni femme ni enfant. Autre particularité c’était le seul religieux du Kibboutz ! Il vivait replié sur lui-même sans communiquer avec l’extérieur. Seulement lorsque notre jeune cria du fond de la terrible machine, le vieil homme l’entendit et tendit son bras. Notre jeune vit la main du vieil homme sorti de nulle part et s’accrocha de toutes ses forces à cette main tombée du ciel ! Par miracle il remonta les pentes de la machine et sortit sain et sauf ! Or sur l’avant-bras de l’homme était gravé le chiffre de son passage dans les camps de concentration d’Europe Centrale. Et ce chiffre restera pour toujours gravé dans les souvenirs du jeune homme qui deviendra taximan. Or, après ce sauvetage inespéré notre homme réfléchit sur le sens de la vie, pourquoi était-il venu sur terre, pourquoi n’était-il pas né dans une des nombreuses familles en Chine ou en Inde… Des questions qu’à un certain moment de l’existence, on se pose et finalement il trouva les réponses dans la sainte Tora et la pratique des lois juives plusieurs fois millénaires (n’est-ce pas mes chers lecteurs de Gironde et de Normandie ?). Or, en voyant l’avant-bras de notre touriste américain il se souvenait que c’était à peu de choses près le même numéro de celui du vieil homme du Kibboutz ! En un clin d’œil il fit la liaison et se dit que c’était peut-être son frère ! Seulement beaucoup d’eau avait coulé sous les ponts depuis sa jeunesse, et il n’était pas sûr que le vieux Juif soit encore vivant… Notre taximan prit donc le risque de revenir bredouille de son parcours, mais que ne fait-on pas pour aider son prochain ? En trombe il rentra dans le Kibboutz de sa jeunesse et fonça jusqu’à une vieille bicoque : la maison du vieil homme. Il descendit prestement de la voiture et frappa délicatement à la porte… Il entendit un bruit de pas et la porte s’ouvrit : c’était bien notre homme. Du taxi sorti alors le touriste américain qui s’avança et les deux vieillards se dévisagèrent : il n’y avait pas de doute c’était bien nos deux frères qui ne s’étaient pas vus depuis des dizaines d’années ! Les deux tombèrent dans les bras l’un de l’autre, et ils s’embrassèrent avec des larmes de joies qui inondèrent leurs visages flétris par ces années… La boucle était bouclée. Le tatouage infâme avait été le vecteur de cette formidable réunion entre ces deux frères.

Chabbat Chalom et à la semaine prochaine, si D’ le veut.      

David Gold

Tél : 00 972 55 677 87 47

Email : dbg36@gmail.com

Et toujours ceux/celles qui veulent passer des moments inoubliables pas loin du lac de Tibériade, un seul numéro : 0527672463

Une bénédiction à mon Roch Collel émérite le rav Ulman chlita pour tous ses efforts qu’il fait pour développer la Tora à Elad. 

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