Le « Feu Tricolore » des solutions contre les drones explosifs : succès des essais et kits de détection pour les combattants

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Exclusif : Le système de défense a déjà examiné plus de 100 dispositifs différents. Certains arriveront bientôt au front, après une longue période de défaillance et d’ignorance face à la menace observée lors de la guerre Russie-Ukraine. Les « kits de détection » qui seront déployés sur le champ de bataille visent à offrir aux soldats un temps précieux pour se mettre à l’abri. L’approche de Kiev a également été étudiée : un « écran » de fil de fer barbelé.

Ynet – Elisha Ben Kimon

La triste nouvelle autorisée à la publication hier (lundi), annonçant la chute de l’adjudant-chef de réserve Alexander Globniov (47 ans) suite à l’impact d’un drone, a gravé une fois de plus une certitude : la menace des drones explosifs est devenue l’un des défis les plus meurtriers et complexes auxquels l’armée israélienne (Tsahal) est confrontée dans les combats au Sud-Liban. Le système de défense, conscient de l’urgence, a examiné plus de 100 propositions. Voici les solutions sur la table :

La méthode du « Feu Tricolore »

Le système de défense et le MAFAT (Direction de la recherche et du développement de l’armement) du ministère de la Défense travaillent 24h/24 pour apporter au front des solutions capables de réduire le niveau de menace dans un délai de quelques jours à quelques semaines. Les propositions ont été évaluées selon une méthode de « feu tricolore » : celles marquées en rouge ont été disqualifiées, les jaunes font l’objet de tests approfondis, et les vertes sont déjà en route vers le terrain.

Priorité à la détection

L’un des défis majeurs est la détection. Les soldats sur le terrain rapportent souvent ne remarquer le drone que quelques secondes avant l’impact. Selon les informations de Ynet et Yediot A’haronot, de nouveaux « kits de détection » seront distribués aux unités de combat au Sud-Liban. Des sources sécuritaires admettent honnêtement qu’il ne s’agit pas d’un succès à 100% — peut-être même pas à 90% — mais ce système offrira aux combattants les secondes cruciales nécessaires pour se mettre à l’abri.

L’approche ukrainienne et les solutions physiques

Le système de défense a également examiné l’approche ukrainienne de protection via un fil de fer barbelé rotatif électrique. Actionné par un moteur, ce système crée un « écran » de fil destiné à sectionner physiquement la fibre optique du drone et à le faire chuter avant qu’il n’atteigne sa cible.

En parallèle, des solutions plus « brutes » sont à l’étude. En plus des systèmes de visée « Dagger » déjà distribués, des fusils à pompe (shotguns) tirant des filets pour capturer les drones en plein vol ont été testés. Des munitions à fragmentation — des balles qui s’ouvrent après le tir pour augmenter la zone d’impact sur une petite cible — sont également examinées et pourraient arriver sur le front dans les prochaines semaines.

« Fer contre Fer » : les drones intercepteurs

Les solutions les plus sophistiquées concernent des drones conçus pour affronter les drones explosifs du Hezbollah. Six modèles différents sont en phase de tests avancés, avec des méthodes variées :

  • Le drone porteur d’une charge explosive qui explose à proximité de l’ennemi.

  • Le drone lanceur de filets.

  • La méthode « Fer contre Fer », où un drone percute violemment le drone ennemi pour le neutraliser.

Bien qu’aucune interception opérationnelle n’ait encore été enregistrée sur le terrain, plusieurs succès ont eu lieu sur les sites d’essais. On estime que d’ici la fin de l’année, les kits de « drones intercepteurs » feront partie intégrante de l’équipement des forces au front. Il est important de noter que Tsahal s’est retrouvé en infériorité face à une menace « stupide » et bon marché, mais extrêmement létale.

Improvisation sur le terrain

En attendant les solutions technologiques officielles, les soldats improvisent. La détresse est telle que des commandants contactent directement des ingénieurs pour obtenir des schémas de protection, tandis que d’autres sollicitent des agriculteurs pour obtenir des filets d’ombrage. Le ministère de la Défense tente désormais de combler ce fossé dans une véritable course contre la montre.

L’avis des experts : Brouillage et Lasers

Le Dr Yehoshua Kalisky, chercheur au sein de l’INSS et expert en lasers, explique : « Les drones sont petits et furtifs. La méthode pour les combattre repose sur la guerre électronique (brouillage du GPS ou des communications). Cependant, comme des drones filoguidés (via fibre optique) sans GPS sont désormais utilisés, le laser est ce qu’il nous faut. Ou encore les micro-ondes, qui ont l’avantage de se propager dans un volume plutôt que de devoir frapper une cible précise. Les Américains possèdent déjà cela. »

Il conclut en soulignant que les filets sont une solution intermédiaire et que l’armée réagit actuellement dans les limites de ce qui est « autorisé », compte tenu de la sensibilité politique et des chances de négociations avec le Liban.

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