Le Président silencieux : des réactions contre les rabbanim en quelques minutes, un long silence sur les violences contre les ‘Harédim

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Israeli President Isaac Herzog and his wife Michal Herzog meet with residents of the northern moshav of Netu’a, northern Israel, June 10, 2026. Photo by Ayal Margolin/Flash90 *** Local Caption *** אזור הצפון ביקור הגליל הצפון יצחק הרצוג ישראל מושב נטועה מיכל הרצוג נשיא המדינה נטועה תושבים צפון ישראל

L’organisation « Emet LeYa’akov en Israël » attaque vivement le président, qui est pourtant financé par l’argent public, y compris celui de la communauté orthodoxe, suite à son ignorance et son silence persistant face aux violences qui touchent ce public : « Le président condamne un rav de Bené Brak en quelques minutes, mais reste silencieux lorsqu’un public entier est frappé. »

JDN

L’organisation « Emet LeYa’akov en Israël » a envoyé une demande urgente et réitérée à la résidence du président, tendant un miroir cinglant face à ce qu’elle qualifie de « schéma récurrent de deux poids, deux mesures » et de double discours de la part de l’institution présidentielle. Cette démarche intervient après qu’une demande détaillée et documentée, soumise le 17 juin 2026 concernant des violences policières et une large vague d’incitation à la haine, soit restée jusqu’à présent sans aucune réponse ni considération officielle.

Au sein de la communauté orthodoxe (‘Harédi), une grande colère s’est exprimée ces derniers jours face à la facilité avec laquelle une institution censée représenter le rassemblement républicain utilise l’outil de la condamnation publique de manière sélective. L’organisation trace une ligne claire entre deux situations :

  • La réaction rapide contre les rabbanim : Lorsqu’un rav de Bené Brak a tenu des propos contre le chef d’état-major, le président n’a pas hésité à agir à une vitesse record, publiant en quelques minutes une réaction ferme d’une seule phrase condamnant les propos.

  • Cette même rapidité et fermeté ont totalement disparu lorsqu’il s’agit d’une vague d’incitation sauvage dans les médias appelant ouvertement à « frapper les orthodoxes ». Le silence persiste également face aux violences policières sévères lors des interventions sur la route 4, qui se sont terminées par des blessures réelles et un danger pour des vies humaines.

« La vitesse à laquelle le président se mobilise pour condamner des rabbanim, face à l’indifférence et à l’ignorance totale des demandes officielles des organisations sectorielles, transmet un message blessant et discriminatoire », accuse l’organisation.

Le décalage dans l’attitude de la présidence devient encore plus flagrant et révoltant, selon les membres de l’organisation, à la lumière des données économiques officielles révélées dans la lettre. Le budget de l’institution de la présidence de l’État pour l’année 2026 s’élève à plus de 85 millions de shekels, entièrement financé par le contribuable israélien.

Le public orthodoxe, qui représente environ 15 % de l’ensemble des citoyens du pays, participe pleinement au financement de la somptueuse résidence (qui s’étend sur 10 dounams et comprend environ 2 500 m2 construits). Cela signifie que le secteur orthodoxe injecte à lui seul chaque année des dizaines de millions de shekels directement pour l’entretien de la présidence.

« Il n’est pas concevable que le public orthodoxe participe pleinement au financement de la résidence à hauteur de dizaines de millions de shekels, mais que lorsqu’il a besoin d’une protection citoyenne contre l’incitation à la haine et la violence institutionnelle, il se heurte à un mur de silence », est-il écrit dans la lettre.

En conclusion de sa demande, l’organisation « Emet LeYa’akov en Israël » présente une exigence claire et immédiate à la présidence : l’arrêt immédiat de l’utilisation sectorielle et sélective de l’institution présidentielle à des fins de condamnations unilatérales, et demande au président de faire preuve des mêmes standards moraux et de la même rapidité de réaction face aux cas d’incitation et d’application sélective de la loi contre le public orthodoxe.

L’organisation souligne et conclut que cette démarche n’est en aucun cas politique, mais découle d’une exigence d’équité citoyenne de base : une institution censée unifier l’ensemble des citoyens du pays ne peut se permettre de réagir uniquement quand cela l’arrange, tout en ignorant le public qui la finance.

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