Le rabbi de Kalov, par. Behalothekha : le choix crucial du lieu de villégiature

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« Or, lorsque l’arche partait, Moché disait : « Lève-toi, Éternel ! Afin que Tes ennemis soient dissipés et que Tes adversaires fuient de devant Ta face ! » » (Bamidbar 10,35).

On raconte que le célèbre Maguid, rabbi Moché Its’hak Darchan zatsal, eut l’occasion de séjourner en été dans la localité touristique de Roblin, où se rassemblaient de nombreux habitants de toute la Russie, et surtout de la ville adjacente de Riga.

Le Chabbath, le Maguid alla prier à la synagogue, où il aperçut plusieurs résidents de Riga qui priaient sans Talith, car ils n’avaient pas apporté de Talith sur leur lieu de villégiature.

À l’issue de la prière, le Maguid monta sur l’estrade et déclara : « Mes amis, je vais vous raconter une histoire vraie. Un jour, pendant l’été, je me trouvais à Riga. J’entrai dans une maison pour y rencontrer ses propriétaires, mais on me répondit que le maître de maison n’était pas chez lui. Je demandai où il était, et on me répondit qu’il était parti à Roblin.

J’entendis soudain des pleurs provenant de la pièce adjacente. J’entrai dans la pièce et je vis que celle-ci était entièrement vide. On y trouvait seulement un Talith qui sanglotait. Je lui demandai : « Talith, talith, pourquoi pleurs-tu ? » Et il me répondit : « Comment pourrais-je me retenir de pleurer ! Le maître de maison a emporté avec lui tout son argent et son or, ainsi que toutes ses possessions, et je suis le seul à avoir été abandonné ici. »

Je l’ai consolé et lui ai dit : « Cesse de pleurer ! Le jour viendra où le maître de maison partira pour un long voyage, et il laissera tout son argent et son or et ses autres biens, et il n’emportera que toi. »

Les propos du Maguid, sortis de son cœur, pénétrèrent dans le cœur de ses auditeurs et le message fut bien intégré : lorsqu’on enterre un homme après sa mort, il n’emporte avec lui que son Talith de Mitsva, avec lequel on enterre le mort. C’est le signe qu’il emporte avec lui, dans le Monde à venir, uniquement le mérite des Mitsvoth qu’il a effectuées dans ce monde.

Ainsi, il faut se sensibiliser à ce sujet : si on déploie de grands efforts pour les plaisirs éphémères de ce monde dans les lieux de vacances, combien faut-il déployer d’efforts pour accomplir chaque Mitsva, même lorsque ce n’est pas facile. C’est en effet le seul investissement qui perdure pour toute éternité dans le Monde futur, et pas uniquement dans les années restreintes de vie dans ce monde transitoire.

Il faut toujours avoir à l’esprit ce principe à la période remplie d’épreuves de l’été ; en effet, souvent, les hommes se relâchent dans leur pratique en partant en vacances, sous prétexte qu’ils ne sont pas à la maison.

Un exemple est celui de la cacherouth : il existe une épreuve où l’on est tenté de consommer des aliments que l’on évite de manger chez soi, car privés d’une bonne surveillance de cacherouth. On se justifie en prétendant que, dans ces lieux, on ne trouve pas ces aliments avec une bonne cacherouth. Certains sont plus souples pour les enfants, en prétendant que seuls les adultes doivent faire preuve de rigueur, mais que les enfants n’y sont pas tenus, et souvent, ils en viennent à consommer des aliments interdits.

De la même façon, le Yetser Hara’ s’efforce intensément de tenter les hommes sur leur lieu de villégiature, en insinuant qu’ils doivent se relâcher sur les cours de Tora et sur la prière en Miniyan, et d’autres Mitsvoth difficiles à effectuer. Ils sont en effet partis en vacances pour retrouver des forces par le repos, et souvent, il semble difficile de continuer d’écouter des cours réguliers de Tora, car l’homme n’a pas sur place son professeur de Tora ou son Beth Hamidrach habituel, ou il manque de temps en raison des excursions et visites, etc.

De ce fait, chacun doit prendre la ferme résolution, lorsqu’il part en vacances, dans toutes les circonstances, de continuer à suivre la voie de la Tora, comme pendant toute l’année, et de poursuivre ses cours réguliers de Torah. Encore mieux, il décidera d’exploiter son temps libre pour accroître le temps qu’il consacre à l’étude de la Tora et à la prière, l’esprit clair, et ainsi, il se renforce pour s’élever de plus en plus.

Il convient de réfléchir à l’idée que sur le lieu de vacances, le rôle du service du Créateur est essentiel. Les ouvrages sacrés rapportent en effet que des étincelles de sainteté ont été dispersées dans les quatre coins de l’univers ; et le rôle des Bené Israël en exil consiste à se consacrer, au lieu où ils se trouvent, au domaine de la sainteté. De cette façon, les étincelles de sainteté s’élèvent et retournent à leur source, le trône céleste. Chaque Juif est chargé d’une mission spéciale d’élever des étincelles particulières qui appartiennent à la racine de son âme, selon des calculs divins, et Hachem orchestre les choses de sorte que chacun se retrouve, tout au long de sa vie, dans des lieux où se trouvent ces étincelles qu’il est chargé de réparer.

C’est pourquoi, si un Juif a le choix de se rendre dans un lieu de villégiature où le niveau de spiritualité est bon ou dans un lieu où le niveau spirituel est moins bon, mais l’aspect matériel est de plus haut niveau, il faut accorder la préférence à l’aspect spirituel, qui est le but essentiel du voyage, et l’essentiel de la vie éternelle.

Et si un Juif a un doute si le lieu de vacances qu’on lui propose est adéquat selon la Halakha et la perspective de la Tora, il ne prendra pas de décision tout seul, car il a un intérêt et il peut se laisser tenter par les avantages matériels du lieu. Il posera la question à son rav ; il l’interrogera sur un lieu adéquat de vacances, et, par ce mérite, il méritera la réussite et la protection sur le plan matériel et spirituel.

Comme nous lisons cette paracha avant le départ en vacances d’été, la sainte Tora nous le glisse en allusion dans le verset : « Or, lorsque l’arche partait » : lorsque vous avez l’intention de partir avec vos affaires, « Moché disait » : il faut vous adresser à votre rav pour qu’il vous indique : « Lève-toi, Éternel » : si ce lieu convient pour mener votre mission à bien, à savoir élever et restituer les étincelles de sainteté vers Hachem.

Par ce mérite : « afin que Tes ennemis soient dissipés et que Tes adversaires fuient de devant Ta face ! » : tous vos ennemis, dans le domaine spirituel et matériel, ne pourront vous nuire et vous bénéficierez d’un véritable repos.

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