Le système divin du soutien aux étudiants en Tora

0
29

« Pour la tribu de Zevouloun, Gadiel. » (Bamidbar 13,10).

Après la Première Guerre mondiale, alors que le peuple juif souffrait beaucoup dans le domaine matériel et spirituel, les grands Maîtres juifs se rassemblèrent pour prendre des mesures destinées à aider le peuple.

Lorsque ce fut le tour du ‘Hafets ‘Haïm zatsal de prendre la parole, il s’exprima en ces termes : « Nous sommes réunis ici pour suggérer des idées, dans le but de guérir la blessure de notre peuple et de proposer un remède au corps malade du peuple juif. J’aimerais à ce titre vous raconter une histoire : un jour, de nombreux médecins avaient été convoqués au chevet d’un malade agonisant qui souffrait de maux dans tout le corps. Les médecins proposaient divers remèdes, tandis que tous pleuraient. Soudain, le médecin en chef remarqua que le pouls du malade s’était remis à battre. Il donna alors l’ordre de cesser pour l’heure les recherches destinées à guérir les autres organes pour se concentrer exclusivement sur la remise en forme du pouls pour le faire battre à nouveau. »

Et le ‘Hafets ‘Haïm zatsal poursuivit : « Le pouls du peuple juif est la sainte Tora, et à l’heure où notre sainte Tora se trouve en danger, il nous appartient de nous focaliser uniquement sur les moyens et les voies pour promouvoir la Tora, de consolider la base des Yechivoth Guedoloth et Ketanoth, de créer des Talmudé Tora dans chaque ville et chaque village, afin de conférer de la gloire à la Tora, et par ce mérite, nous serons sauvés dans tous les domaines, aussi bien spirituels que matériels. »

Les propos du ‘Hafets ‘Haïm qui sortaient de son cœur firent grande impression sur l’assistance, et furent suivis, sur-le-champ, de la création du Kéren HaTora, le fonds de la Tora, destiné à renforcer les Yechivoth et les institutions de Tora.

On raconte à ce sujet qu’un jour, un homme aisé s’était plaint auprès de rabbi Ya’akov de Razmin zatsal, en ces termes : « Je suis las de donner de la Tsedaka à ceux qui étudient la Tora, je donne sans cesse, encore et encore, et c’est sans fin. »

Le rabbi lui répondit : « Mais de manger, tu n’es pas las ? Tu manges sans cesse, encore et encore, et cela ne finit jamais ? »

L’interlocuteur s’étonna : « Comment peut-on vivre sans manger ? »

Et le Rabbi de rétorquer : « Et comment l’homme peut-il vivre sans cette Tsedaka ? »

Certains considèrent ceux qui étudient dans les Yechivoth et les Collélim comme des hommes qui reçoivent constamment des autres, qui doivent subvenir à leurs besoins. Mais en vérité, les hommes de Tora donnent plus que ce qu’ils reçoivent, car toutes les bénédictions dont bénéficient les commerçants proviennent de leur mérite. En effet, les fonds sont donnés du Ciel aux riches comme dépôt, afin qu’ils puissent les distribuer aux autres.

Les ouvrages sacrés rapportent que celui qui étudie la Tora est comparable à l’Aron Habrit du Beth Hamikdach, dans lequel on déposait les Tables de l’Alliance. Au sujet de cette arche, nos Maîtres affirment (Sota 35a) que l’arche portait ceux qui la portaient. En d’autres termes, extérieurement, on avait l’impression que les Cohanim, qui tenaient les barres de l’arche, soulevaient l’arche qui était très lourde. Mais en réalité, l’arche se portait toute seule, de manière miraculeuse, et portait ceux qui la soulevaient. De la même manière, les érudits en Tora portent ceux qui les soutiennent ; en effet, par le mérite de ce soutien, l’argent arrive chez les bienfaiteurs.

Ainsi, chacun doit faire attention de ne pas ressentir d’orgueil de l’argent qu’il possède, en estimant que c’est la force de son poignet qui lui a permis de l’acquérir, mais il aura toujours conscience qu’il l’a reçu de Hachem et qu’il doit en faire usage conformément à la volonté divine.

Nous constatons que la richesse ne dépend ni de l’intelligence, ni de l’assiduité ou encore de la vivacité. Il existe de nombreux riches qui sont idiots et paresseux, tandis qu’il existe de nombreux démunis intelligents et assidus, comme nous l’a déjà enseigné l’homme le plus intelligent, le roi Chelomo (Kohélet 9,11) : « Le pain n’est pas assuré aux intelligents, ni la richesse aux sages. »

Même s’il paraît qu’un homme a réussi grâce à son intelligence, même cette dernière lui a été conférée en cadeau du Ciel.

On raconte au sujet de rabbi Baroukh de Mézibouz zatsal qu’un jour, lorsqu’il récita le Birkat Hamazon, il arriva aux mots « Ve’al tatsrikhénou lidé matnat bassar vadam », il répéta ce passage plusieurs fois avec une grande concentration.

À l’issue du Birkat Hamazon, sa fille l’interrogea : « Papa, pourquoi as-tu prié si intensément de ne pas devoir avoir recours aux dons des êtres humains ? Est-ce que tu as d’autres affaires qui te rapportent de l’argent ? »

Son saint père lui répondit : « Sache qu’il existe trois dimensions dans le don financier au Tsadik : certains affirment : « Je vais donner un cadeau à l’érudit en Tora », et à ce sujet nous disons : « Ve’al tatsrikhénou lidé matnat bassar vadam ».

D’autres affirment : « Je vais lui donner une pièce en argent afin que, par ce geste, on me donne largement du Ciel par le mérite de mon soutien au Talmid ‘Hakham. » Malheur à celui qui prête son argent avec intérêts, et c’est à ce sujet que nous disons : « Vélo al yédé halvaatam ».

D’autres encore affirment : « Cet argent appartient au Talmid ‘Hakham et provient de Hachem, loué soit-Il, et je suis simplement le messager chargé de le distribuer. » C’est à ce sujet que nous disons : « Ki im leyadékha haméléa » : mets à ma disposition des fonds par des hommes qui affirment les recevoir de Ta part. »

C’est le test qui prouve si l’homme donne la Tsedaka, mû par la croyance d’être un simple messager du Créateur. Il se propose lui-même, avec constance, d’offrir des dons substantiels à ceux qui étudient la Tora. Cette attitude est le privilège de ceux qui ont une foi solide et se souviennent que toute la richesse appartient à Hachem, loué soit-Il, Qui détient l’or, l’argent et toutes les forces. L’argent que l’homme possède n’est qu’un dépôt entre ses mains, afin qu’il l’utilise en le distribuant aux autres en Tsedaka et en actes de ‘Hessed, en particulier pour renforcer les élèves de Yechiva et les membres des Collélim. Dans cette perspective, ils donnent toujours avec joie et sans limites.

C’est pourquoi, dans notre paracha, le chef de la tribu de Zevouloun se nomme Gadiel. En effet, chaque membre de la tribu de Zevouloun a déclaré : « Gadi-El » : ma destinée dans le commerce dépend uniquement de Hachem, loué soit-Il. Cela les poussa à soutenir de manière légendaire les membres de la tribu de Yissakhar, qui se consacraient toute la journée à l’étude de la Tora.

Aucun commentaire

Laisser un commentaire