« Merci à D’ pour Trump » : Quoi qu’il en soit, il a fait preuve d’un courage stratégique / Analyse
Contre ceux qui affirment que le président Trump est sur le point de faire des compromis prématurés avec l’Iran, David M. Weinberg soutient que ses réalisations à ce jour sont colossales — et qu’un accord partiel n’effacera pas son héritage stratégique.
JDN – David M. Weinberg
Les analystes professionnels, les anti-Trumpistes et les prophètes de l’apocalypse sortent en force pour avertir que le président américain s’apprête à faire « une Obama » et à fuir la scène prématurément. Ils préviennent que, dans les prochains jours, il signera un accord « mou » avec l’Iran, bien avant que les objectifs déclarés de la guerre actuelle ne soient pleinement atteints.
Selon eux, ce serait la troisième fois en un an que le président Trump met fin préocément à l’effort militaire. Il se raccrocherait à de petits gestes de l’Iran — comme une offre de paiement pour le passage sécurisé des navires japonais et européens dans le détroit d’Ormuz — comme signe d’une capitulation iranienne.
Il proclamerait que le « changement de régime » en Iran est un fait accompli, annoncerait avec fracas une « victoire totale » et rentrerait chez lui — laissant Israël et les États arabes du Golfe face à un régime islamique radical résilient à Téhéran, avec une menace balistique intacte et un programme nucléaire résiduel.
Une lecture erronée motivée par le biais politique
À mon avis, il s’agit d’une lecture fausse de Trump, motivée par un biais politique, qui ignore ses réalisations significatives dans l’effort de neutralisation de l’Iran. En réalité, on tente ici de minimiser la détermination inébranlable des États-Unis sous Trump face à l’Iran, et de lui nier sa place dans l’histoire en tant que leader doté d’un courage stratégique exceptionnel.
À l’heure actuelle, nous ne savons pas exactement ce qui se cache derrière l’annonce par Trump d’une suspension de cinq jours de sa menace de détruire les centrales électriques et les infrastructures énergétiques clés de l’Iran, si celui-ci ne rouvre pas le détroit d’Ormuz.
Nous ignorons quelles « discussions très bonnes et productives concernant une solution complète et définitive du conflit au Moyen-Orient » ont eu lieu, avec qui en Iran, et quelle est l’autorité ou la validité (sans parler de la crédibilité) de ces interlocuteurs iraniens. Nous ne savons même pas s’il y a eu de réels contacts.
S’agit-il d’une pause tactique ou du début de la fin de la guerre ? D’une réconciliation stratégique avec un Iran affaibli, ou d’une tromperie stratégique — une diversion avant une nouvelle action militaire américaine ?
Il est possible que Trump utilise une ruse pour bercer l’Iran dans un faux sentiment de sécurité avant une opération possible contre l’île de Kharg, une attaque pour prendre le contrôle du détroit d’Ormuz, ou un raid pour saisir l’uranium enrichi de l’Iran. Après tout, Trump a déjà utilisé par deux fois la négociation sous l’ombre d’un ultimatum comme manœuvre de diversion avant une attaque.
Un héritage déjà gravé dans l’histoire
Mais même si ce n’est pas le cas, même si Trump se précipite pour baisser les flammes de la guerre plus tôt que ne le pensent les états-majors américain ou israélien, je saluerais tout de même son courage stratégique. Ses accomplissements actuels sont déjà immenses, bien au-delà de ce que tout expert jugeait possible :
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L’ampleur de l’engagement : Qui aurait imaginé une campagne militaire incluant 9.000 sorties de l’US Air Force et plus de 10 000 bombes pour éroder les capacités iraniennes et décapiter les dirigeants islamistes radicaux ?
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Le coût et la durée : Qui aurait cru que Trump déploierait la pleine puissance militaire des États-Unis sur une période aussi longue, pour un coût dépassant les 30 milliards de dollars ?
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La clarté morale : Trump a réintroduit dans le discours politique le langage de la clarté morale, définissant l’Iran comme un « empire du mal » et une « bande de voyous assoiffés de sang », affirmant que le but est de « balayer le mal ».
L’alternative : Le scénario Harris
Peut-on seulement imaginer ce qui se serait passé si Trump n’avait pas été élu en 2024 ? L’Iran rirait tout au long de son chemin vers une capacité nucléaire déclarée et l’accumulation de 10 000 missiles balistiques intercontinentaux capables de détruire Israël.
Sous Kamala Harris, les États-Unis auraient imposé des sanctions à Israël (pour des violations réelles ou imaginaires envers les Palestiniens) et lui auraient refusé des armes ; ils n’auraient pas frappé l’Iran ni renforcé Israël par des missions de frappe conjointes.
Malgré tous ses défauts et son caractère imprévisible, il faut dire merci au Créateur pour la présidence de Donald Trump.
L’auteur est co-directeur et chercheur principal à l’Institut Misgav pour la sécurité nationale et la stratégie sioniste à Jérusalem.



























