Le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahou a prononcé ce jeudi soir, son discours annuel devant l’Assemblée générale des Nations unies à New York.
À son arrivée dans la salle, des cris de « ‘Am Israël ‘Haï » se sont élevés des tribunes accompagnés d’applaudissements. Dans le même temps, des dizaines de représentants de délégations étrangères ont quitté la salle dès le début de son intervention.
Netanyahou a réagi à ces départs dès l’ouverture de son discours : « S’il reste encore des lâches qui n’ont pas quitté la salle, faites-le maintenant, je vous en prie ! »
Netanyahou a évoqué son frère Yonathan (Yoni) Netanyahou, tombé lors de l’opération Entebbe en 1976, rappelant les mots que celui-ci lui a adressés lors d’une rencontre pendant la guerre de Kippour : « Nous allons vaincre, nous n’avons pas d’autre choix », une phrase que le Premier ministre a reprise comme fil conducteur de son discours.
L’iran
Sur la campagne militaire contre l’Iran, Netanyahou a réaffirmé sa position, malgré les informations selon lesquelles les installations nucléaires iraniennes n’auraient pas été entièrement détruites et les indices d’une reconstruction en cours à Téhéran : « Détruire les installations nucléaires iraniennes a été difficile. Mais pour moi, ce fut l’une des décisions les plus faciles que j’ai jamais prises en tant que Premier ministre. Parce que si nous ne l’avions pas fait, nous serions tous morts aujourd’hui. »
Il a également raillé les délégations ayant quitté la salle à son entrée : « Savez-vous quelle est la plus grande ironie ? En se défendant elle-même, Israël défend aussi nombre des pays dont les représentants viennent de quitter cette salle. En fait, je veux que vous sachiez que beaucoup de leurs dirigeants nous ont même remerciés en privé d’avoir éliminé l’arsenal nucléaire iranien. Il est difficile d’imaginer une hypocrisie plus vertigineuse. »
Netanyahou a présenté à la tribune un appareil de la société de télécommunications Starlink, propriété du milliardaire Elon Musk, qu’il a dit vouloir laisser « en cadeau » à la délégation iranienne : « Le régime iranien a particulièrement peur quand son peuple détient un tel objet. C’est un moyen de communication, Starlink, qui permet aux gens d’accéder à la vérité, d’exercer leur libre arbitre, d’exercer leur liberté de pensée et d’expression. C’est pourquoi le régime iranien dépense des millions, des milliards de dollars pour censurer Internet. Monsieur le Président, je vais laisser cet appareil ici, afin que vous puissiez le remettre à la délégation iranienne. Ainsi, lorsqu’ils finiront inévitablement par faire défection, eux aussi pourront raconter librement leur histoire sur les réseaux sociaux. »
Photo by Arie Leib Abrams/Flash90
Netanyahou a également eu un mot pour les manifestants rassemblés à l’extérieur du siège de l’ONU et les délégués ayant quitté la salle : « Aux manifestants dehors, aux délégués hypocrites qui ont quitté cette salle, je pose la question : où étiez-vous quand les tyrans iraniens massacraient et blessaient des dizaines de milliers de civils iraniens non armés ? Quand ils massacraient et blessaient des milliers de membres de leur propre peuple ? Où étiez-vous ? Avez-vous organisé des rassemblements de masse ? Des grèves de la faim ? Avez-vous manifesté devant la représentation iranienne à l’ONU ? Avez-vous, ne serait-ce qu’une fois, élevé la voix pour les chrétiens persécutés en Iran et à travers le Moyen-Orient ? Non. Vous ne l’avez pas fait, car vous êtes de faux défenseurs des droits humains. Ce régime meurtrier tombera à cause de ses mensonges, à cause de sa corruption, à cause de sa cruauté. Ce régime malfaisant tombera, et nous célébrerons tous ce jour. »
Remerciements au Président Trump
Netanyahou a longuement remercié le président américain Donald Trump, un « partenaire dans la lutte contre les barbares », en référence à l’Iran : « Il a affronté avec courage un danger immense pour l’Amérique, pour Israël et pour le monde. Il a compris, il y a déjà plusieurs décennies, que si on ne les arrêtait pas, les ayatollahs fanatiques qui scandent « mort à l’Amérique, mort à Israël » finiraient par réaliser leurs fantasmes délirants. Israël et l’Amérique ont agi ensemble, non seulement pour nous défendre nous-mêmes, mais pour sauver la civilisation. De courageux pilotes américains, aux côtés de courageux pilotes israéliens, ont mené des missions conjointes dans le ciel iranien. »
Le lien historique du peuple juif avec sa terre
Netanyahou est également revenu sur les liens historiques qui unissent le peuple juif à sa terre et en particulier à la Judée-Samarie, précisant que le mot »Judée » et le mot »Juif » viennent de la même racine, et au Golan. S’adressant directement au président syrien Ahmad al-Charaa, il a lancé : « Les Juifs ont toujours été sur le Golan, vous pouvez le lire dans la Bible ».
Le chef du gouvernement israélien s’en est ensuite pris aux critiques formulées à l’encontre d’Israël sur la scène internationale : « On accuse le minuscule Israël de colonialisme. La France et le Royaume-Uni nous accusent entre eux. Mais pour l’amour du ciel, ce sont eux qui ont inventé ce concept! Quelle absurdité », a-t-il lancé. Il a ajouté « ce conflit ne porte pas sur des territoires, mais sur l’existence même de l’État juif ».
Le 7 octobre et la guerre sur 7 fronts
Il a ensuite consacré un long passage au massacre du 7 octobre 2023 : « Ce jour terrible, des milliers de terroristes palestiniens ont déferlé de Gaza vers Israël. Je veux que vous le sachiez : il n’y avait pas un seul Israélien à Gaza ce jour-là. Pas un civil, pas un soldat, pas un seul. Mais cela n’a rien changé. Les terroristes du Hamas ont commis le massacre le plus grave contre des Juifs depuis la Shoah. Ils sont allés de maison en maison et ont tiré sur des civils israéliens à bout portant. Ils l’ont fait avec une joie diabolique, une allégresse sadique. »
Détaillant l’ampleur du bilan, il a ajouté : « Au total, ils ont massacré ce jour-là 1 200 Israéliens. Je veux vous donner une idée de ce que cela représente pour un pays de 10 millions d’habitants. Proportionnellement, cela équivaut au massacre de 40 000 civils américains innocents en moins de 24 heures. C’est seize fois l’ampleur du 11-Septembre. Seize attentats du 11-Septembre, survenus non loin d’ici. En ce jour le plus sombre, nos ennemis s’attendaient à ce que nous nous effondrions. Eh bien, nous ne nous sommes pas effondrés. Nous nous sommes au contraire relevés et avons combattu comme des lions. »
« Ces trois dernières années, nos héroïques soldats combattent jour après jour dans une guerre sur sept fronts. Connaissez-vous un autre pays, de la taille du New Jersey, capable de mener une guerre sur sept fronts ? Et ce, pendant trois ans ? Sept fronts : le Hamas, le Hezbollah, les Houthis, l’Iran, des milices en Irak, des milices en Syrie, et des terroristes palestiniens en Judée-Samarie. »
Il a poursuivi : « Ils se sont tous unis pour nous effacer de la surface de la terre. Ils ont échoué. Car au lieu de nous effondrer, nous leur avons infligé à tous des coups paralysants. Avec nos grands amis des États-Unis, nous avons anéanti l’armée iranienne, sa marine, son armée de l’air et ses installations nucléaires. Israël a frappé le Hamas. Nous avons écrasé le Hezbollah. Vous vous souvenez des bipeurs ? Vous vous souvenez de ces objets ? Eh bien, je peux vous dire une chose : le Hezbollah, lui, s’en souvient parfaitement. »
Le Premier ministre a également rendu hommage aux soldats de Tsahal: « Je salue le courage de nos soldats courageux, juifs, chrétiens, druzes et musulmans. Tsahal, l’armée la plus morale du monde. Depuis trois ans, nos courageux soldats combattent avec bravoure dans une guerre sur sept fronts. Mais cette guerre comporte un huitième front. C’est la guerre de la vérité. Elle se déroule dans les médias du monde entier, et de la manière la plus nuisible qui soit, sur les réseaux sociaux. Certains pays étrangers ont dépensé des milliards, difficiles à évaluer, pour répandre des mensonges sur mon pays. »
L’accusation de »génocide »
Répondant aux accusations de « génocide » formulées contre Israël, Netanyahou a affirmé : « Il faudra du temps pour vaincre les mensonges. Alors que le Hamas a fait tout son possible pour maintenir des civils palestiniens dans des zones dangereuses, souvent sous la menace des armes, Israël a fait tout son possible pour les en éloigner. Nous avons envoyé des millions de SMS avertissant les civils de quitter les zones de combat. Nous avons passé des millions d’appels téléphoniques. Nous avons largué des millions de tracts. Je veux vous poser quelques questions. Quel régime qui commet un génocide donne un million de vaccins contre la polio à la population ennemie ? Quel régime qui commet un génocide permet la distribution de deux millions de tonnes de nourriture à Gaza ? Cela représente une tonne par personne. »

Photo by Arie Leib Abrams/Flash90
Le message à Zohran Mamdani
Le Premier ministre s’en est pris directement au maire de New York, Zohran Mamdani : « Depuis votre élection à la tête de cette ville, de nombreux Juifs ne se sentent plus en sécurité à New York. Ils me le disent. Ils m’en parlent. Ce n’est plus la ville dont nous nous souvenons. Elle a changé si vite. Et ce n’est pas surprenant. Vous faites l’éloge de criminels condamnés pour soutien au Hamas. Vous comptez parmi vos proches des gens comme Hasan Piker, qui a déclaré que l’Amérique avait mérité le 11-Septembre. L’Amérique a mérité le 11-Septembre. Quels amis vous avez. »
Netanyahou a poursuivi : « Vous avez invité chez vous un journaliste palestinien qui a filmé des terroristes du Hamas battre et torturer des otages israéliens, et qui a ensuite admis avoir refusé de publier les vidéos pour protéger — vous l’aurez deviné — les terroristes. Votre épouse a « liké » une publication qui saluait le massacre du 7 octobre. Elle a « liké » une autre publication affirmant que Tel-Aviv ne devrait pas exister. Vous avez refusé de condamner quoi que ce soit de tout cela. Vous accusez Israël, encore et encore, faussement, de génocide. »
S’adressant directement à l’élu new-yorkais, il a ajouté : « Monsieur Mamdani, vous avez essayé de m’empêcher de venir ici. Vous avez essayé de me faire taire. Eh bien, vous ne pouvez pas me faire taire. Vous ne pouvez pas faire taire la vérité. Mais voici la vérité toute simple. La voici : Israël n’a pas commis de génocide. Israël a empêché un génocide. Et c’est exactement ce que les amis de M. Mamdani au Hamas nous auraient fait si nous ne les avions pas arrêtés. Ils nous auraient tués tous, jusqu’au dernier. »
L’antisémitisme dans le monde et la démission d’une partie du monde occidental
Netanyahou a ensuite dressé un triste bilan de la situation des communautés juives à travers le monde : « À New York, des Juifs sont menacés sur le chemin de la synagogue. Des Juifs ont été poignardés dans la rue. Des Juifs sont diabolisés, deviennent des cibles, ils deviennent des cibles simplement parce qu’ils sont juifs. Des Juifs ont été assassinés à Sydney, à Manchester, à Montréal et à Boulder, dans le Colorado. Ils ont été attaqués à Los Angeles, à Londres, à Paris, à Berlin et à Washington. Les antisémites du monde entier veulent semer la terreur au sein de notre peuple. J’ai une nouvelle pour eux : l’époque où les Juifs étaient des victimes sans défense menées à l’abattoir, cette époque est révolue. Nous avons un pays, nous avons une armée. »
Le chef du gouvernement a également visé certains dirigeants occidentaux : « Contrairement à Israël, il y en a, et notamment récemment en Europe de l’Ouest, qui ont choisi de céder face aux foules antisémites. Ils ont choisi la faiblesse. Ils ont choisi l’apaisement. On ne peut échapper à la triste vérité qui se dresse devant nous : beaucoup, dans le monde libre, ont peur de défendre la liberté. Quel avenir pour vous? La fraternité démocratique ou les Frères musulmans? »
Le traitement des médias internationaux sur la Judée-Samarie
Le Premier ministre a également critiqué la manière dont les médias internationaux traitent la violence de quelques israéliens en Judée-Samarie : « Une poignée de jeunes délinquants, environ 150 au total, qui jettent des pierres, coupent des oliviers. De temps en temps, ils mettent le feu, provoquent quelques incendies. Je ne peux pas tolérer cela. Je ne tolérerai pas que l’on se fasse justice soi-même. Nous sommes un État de droit. C’est pourquoi nous avons mobilisé le Shin Bet contre eux. Mais on appelle cela « violence de colons », et le nombre de morts par an est peut-être de deux ou trois. De l’autre côté ce sont des milliers de vicitmes » du terrorisme palestinien.
Il a par ailleurs répondu au président français Emmanuel Macron, qui avait affirmé que « le Hamas n’a jamais sévi en Cisjordanie », en évoquant l’assassinat de Netanel Choukroun, citoyen franco-israélien, assassiné par un terroriste du Hamas près d’une source d’eau dans le Binyamin, la veille de Yom Kippour, ainsi que l’attentat lors duquel Nerya Leiter, fils de l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, a été grièvement blessé, la veille de cette intervention à l’ONU.
L’unité du peuple d’Israël
Sur les profondes divisions politiques et sociales qui traversent la société israélienne, Netanyahou a tenu à afficher un message d’unité : « Israël est une seule nation qui se bat pour un seul avenir, gauche et droite, jeunes et vieux, religieux et laïcs. Avons-nous des désaccords entre nous ? Bien sûr que oui. Qui n’en a pas ? Mais dans les moments décisifs, ceux qui façonnent notre destin, nous nous tenons ensemble. Car ce qui nous unit est bien plus fort : notre histoire, nos valeurs, notre courage. Le courage de notre peuple courageux, qui a fait face à un millier de missiles balistiques lourds que l’Iran a lancés sur nos villes, sur nos civils. »
La dénonciation des actes du Qatar et de la Turquie
Le chef du gouvernement israélien s’en est pris également avec virulence au Qatar : « Il y a déjà plusieurs décennies, il a commencé à injecter des sommes colossales dans les universités américaines et dans des médias toxiques comme Al Jazeera. D’ailleurs, ils ont fait la même chose en Europe. Et leur objectif était clair : laver le cerveau des jeunes pour qu’ils haïssent Israël, haïssent l’Amérique et haïssent l’Occident. C’est ce même Qatar qui a hébergé les bouchers du Hamas du 7 octobre. »
Il a ensuite visé le président turc Recep Tayyip Erdoğan : « Maintenant, le dernier pays devenu un super-diffuseur de mensonges antisémites, c’est la Turquie. Erdoğan. Erdoğan est un tyran. Lui aussi héberge des dirigeants terroristes du Hamas. Il a tué des milliers de civils kurdes. Il nie le génocide arménien. Il emprisonne des journalistes et des dirigeants de l’opposition. En fait, je pense qu’il détient le record mondial en la matière, et ce n’est pas facile à départager. Mais je pense qu’il arrive en première place. »
« Erdoğan occupe illégalement le nord de Chypre, un État membre de l’Union européenne, et viole sans cesse la souveraineté de la Grèce, membre de l’OTAN », a ajouté Netanyahou. « Maintenant, il veut prendre le contrôle de la Syrie. Eh bien, ce n’est pas surprenant, car il appelle à la destruction d’Israël presque tous les jours. Il dit qu’il deviendra le maître de Jérusalem. Non, monsieur, vous ne le deviendrez pas. C’est notre pays, notre ville, notre capitale éternelle. »
Le Premier ministre a conclu son discours par une citation en hébreu: « L’éternité d’Israël ne sera jamais démentie », ajoutant, « parce que nous n’avons pas d’autre choix ».
Ses derniers mots ont été pour souhaiter une bonne fête de Souccot au peuple d’Israël.
























