Otages : une convention oubliée

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La Convention internationale contre la prise d’otages votée le 17 décembre 1979 à l’ONU est entrée en vigueur le 3 juin 1983. 178 pays l’ont adoptée dont l’Afrique du Sud, l’Algérie, l’Iran, le Liban, le Qatar et bien sûr, Israël et la France, laquelle a déclaré lors de sa ratification :

La France considère que l’acte de prise d’otages est interdit en toutes circonstances ».

Cette Convention affirme dans son préambule :

« Considérant que la prise d’otages est un délit qui préoccupe gravement la communauté internationale et que, conformément aux dispositions de la présente Convention, quiconque commet un acte de prise d’otages doit être poursuivi ou extradé, convaincus de la nécessité urgente de développer une coopération internationale entre les États en ce qui concerne l’élaboration et l’adoption de mesures efficaces destinées à prévenir, réprimer et punir tous les actes de prise d’otages en tant que manifestations du terrorisme international… ».

La prise et l’assassinat des otages israéliens aux jeux olympiques de Munich, en septembre 1972 incita l’Assemblée Générale de l’ONU à se pencher sur la question de la prise d’otage.

Mais si le monde a ressenti un choc pour l’évènement qui eut lieu en Allemagne 30 ans après la Shoah, c’est l’indifférence qui domine en 2024 malgré les atrocités qui ont accompagné les prises d’otages du 7 octobre en Israël.

L’ONU a totalement oublié la
Convention contre les prises d’otages.

Lorsque des Français étaient otages au Liban ou en Afrique (Marcel Carton, Marcel Fontaine et Jean-Paul Kauffman, Sophie Pétronin, etc.) la télévision affichait quotidiennement leur portrait et le décompte de leurs jours de captivité. Aujourd’hui, mis à part Cnews, le mutisme des médias nationaux fait écho au silence assourdissant du Quai d’Orsay. Le sort des otages juifs, fussent-ils français semble devenu un banal fait divers.

De l’antiquité à nos jours. Qu’est-ce qu’un otage1?

  • 1. Personne prise ou livrée comme garantie de l’exécution de certaines conventions militaires ou politiques : Laisser des otages à l’ennemi.
  • 2. Personne dont on s’empare et qu’on utilise comme moyen de pression contre quelqu’un, un État, pour l’amener à céder à des exigences. (La loi punit la prise d’otage de la réclusion criminelle à temps ou à perpétuité.)

Les prises d’otages ont toujours été pratiquées dans l’Histoire. L’otage pouvait servir de garantie ou de caution pour l’exécution d’un engagement ou d’une clause d’un traité. La prise d’otage pouvait être à but lucratif, versement d’une rançon. Négocier était généralement le moyen de s’en sortir, de récupérer les otages.

Les organisations terroristes islamistes utilisent aujourd’hui la prise d’otages, non pas pour en obtenir un quelconque avantage, mais pour frapper l’opinion, l’influencer, la terroriser, la plupart du temps grâce à la médiatisation des réseaux sociaux. Plus l’action est spectaculaire et sanglante, mieux elle porte.

On peut citer en exemple les islamistes de Tchétchénie qui firent 128 morts en octobre 2002 dans un théâtre de Moscou et 334 enfants tués dans une école de Beslan en septembre 2004. Il y eut les enlèvements d’occidentaux et de Yesidis par Daesh, de lycéennes au Nigeria par Boko Haram. En France, la prise d’otages du Bataclan en novembre 2015 qui fit 130 victimes.

De nos jours, si des négociations ont lieu, les terroristes exercent un chantage, demandent la lune ou des conditions irréalistes, pour mieux échouer et démontrer ainsi qu’ils ne sont pas responsables de la mort des otages.

Le 7 octobre

Le Hamas est la branche palestinienne des Frères Musulmans, organisation islamiste internationale. Ses objectifs ne sont pas secrets, sa charte est publique. Il veut le rétablissement du Califat et la domination de l’Islam sur le monde. Éliminer Israël et les Juifs n’est qu’une étape. Il a fêté les incursions en Israël, les tortures, les viols, les mutilations, les meurtres, les prises d’otage du 7 octobre comme une grande victoire. Il s’est vanté de répéter cet « exploit » jusqu’à la destruction complète d’Israël.

Les références du Hamas sont connues. Parmi elles le mufti de Jérusalem, Amin el Husseini, glorifié à Gaza. Ce nazi, représentant d’Hitler en Islam, avait un projet de réplique d’Auschwitz à Naplouse, dans le but d’exterminer les Juifs du Moyen-Orient2. Ou Sayyid Qubt3 qui fut l’idéologue des Frères Musulmans. Ses œuvres appelant au djihad par la violence sont qualifiées de Mein Kampf arabe. L’armée israélienne a trouvé de nombreux exemplaires du Mein Kampf d’Adolf Hitler en version arabe dans les habitations de Gaza.

Négociations pour les otages ?

Israël est en guerre contre le Hamas. Cette guerre est abominable, mais sans la neutralisation du Hamas, la survie de l’État d’Israël n’est pas assurée. La question des otages et le chantage exercé sur les familles et la population israélienne est atroce, autant que les morts civils gazaouis dont on parle tous les jours.

L’ONU et de nombreux pays réclament un cessez-le-feu à Gaza et des négociations pour les otages. Mais qu’y a-t-il à négocier avec celui a qui pour but l’éradication d’Israël, l’extermination des Juifs, l’instauration de la Charia sur le monde et a pour devise

« D’ est son but, l’Apôtre son modèle, le Coran sa constitution, le djihad son chemin et la mort sur le chemin d’Allah la plus éminente de ses espérances ».

L’ONU prétend sauver la population gazaouie, mais ignore les otages

La pression militaire sur le Hamas est probablement la seule solution possible pour les otages. La Convention internationale contre la prise d’otages est oubliée. Au lieu de la respecter, l’ONU prend la défense des preneurs d’otages et ce faisant, condamne les otages.

Résilience d’Israël

Attaqué sur son sol, dans sa chair, Israël n’a d’autres choix que se défendre. Plus que jamais cette déclaration de Golda Meir nous hante :

« Nous pourrons sans doute un jour vous pardonner d’avoir tué nos enfants. Mais il nous sera beaucoup plus difficile de vous pardonner de nous avoir contraint à tuer les vôtres. La Paix viendra quand les Arabes aimeront leurs enfants plus qu’ils nous haïssent ».

Il n’y a quasiment plus de Juifs dans les pays musulmans alors qu’ils étaient près d’un million dans les années 1950. Ils ont été chassés ou assassinés. On se souvient de la célèbre formule « la valise ou le cercueil ». En Israël, les membres des communautés arabo-musulmanes : druze, tcherkesse, bédouine, musulmane ou chrétienne représentent 21 % de la population. Ils sont citoyens à part entière. Les Druzes et les Tcherkesses sont appelés comme les Juifs à l’armée, les Bédouins et les Arabes musulmans et chrétiens y sont souvent volontaires. Ils combattent le Hamas comme citoyens israéliens.

Selon un sondage paru dans le Times of Israël5, 65 % des Arabes israéliens s’identifient à l’État d’Israël, 86,5 % participent à l’effort de guerre et aux actions de bénévolat.

Le Hamas lors de ses incursions, a assassiné et torturé indistinctement Juifs et Arabo-Musulmans.

Le comportement de l’ONU pose sérieusement question. Non seulement elle n’applique pas ses propres résolutions contre les prises d’otages, mais encore elle laisse proférer dans son assemblée un flot d’insultes, d’injures et de mensonges, comme l’emploi quotidien d’apartheid ou de génocide, à l’encontre d’Israël.

Que cherche l’ONU ? KF

Klod Frydman, MABATIM.INFO

1 Commentaire

  1. Donc même pour cette question des otages, il y a double standard.
    Merci pour ce rappel.
    Faire respecter cette convention, tel aurait du être le combat des familles d’otages du gouvernement israélien et de toutes les nations qui se pretendent democratiques.

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