Parachath ‘Ekev : s’attacher à Hachem

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Autour de la table de Chabbath, n° 396 Ekev

Cette semaine notre paracha nous apprendra une grande chose dans la vie : s’attacher à Hachem. On le sait, D’ est grand, infini, avec des possibilités innombrables pour agir sur terre (par exemple provoquer une montée en température sur une bonne partie du globe, ou provoquer des Tsunamis, des ouragans, etc..) afin que l’homme s’amende (même en période de vacances…) et devienne plus spirituel et moins matérialiste. Or en descendant sur terre on oublie le sens de sa venue. On aura même une tendance à s’éparpiller dans la multitude des cheminements que la vie nous propose (n’est-ce pas ?) ; depuis les hauteurs de Katmandou jusqu’aux monastères en Ardèche (que D’ nous en préserve). Et c’est justement pour parer à cela (ces fausses routes) que notre sainte Tora écrit : « Tu craindras ton D’, tu Le serviras et tu t’attacheras (OuBo tidbak) à Lui … » (Ch. 11.20). Moché Rabbénou vient nous donner les grandes lignes de notre vie : craindre Hachem et s’approcher (lehidabeq) de Lui.

La crainte est à l’image de notre service quotidien : je me lève de bon matin, je fais les ablutions des mains (trois fois, grâce à l’ustensile posé au pied du lit), la prière, le Birkath Hamazon (la prière de remerciement à la fin d’un repas), l’étude de la Tora, etc. En cela la vie d’un croyant est remplie de Mitsvoth. Cela marque notre service divin jusqu’à 120 ans. Toutes ces actions sont l’expression de la crainte référentielle qu’on a vis-à-vis de notre D’. Et c’est en soit un grand ‘Hidouch (nouveauté) du judaïsme à savoir qu’un être formé de la poussière de la terre, de chair et de sang, a la capacité de se rapprocher du Roi des rois (grâce à la pratique des Mitsvoth).

Seulement la Guemara dans Ketouvoth (111 🙂 demande de quelle manière peut-on se rapprocher (Lehidabek – s’attacher) à D’ alors qu’émane de Lui un feu dévorant (car Sa sainteté est si grande qu’aucune créature ne peut s’en approcher). La réponse est que c’est grâce à l’étude de la Tora que l’on pourra mériter à 120 ans de s’approcher du Créateur. Cette réponse est suffisante, même rayonnante, pour les Avrékhim et tous ceux qui fixent un temps d’étude à la Tora dans la journée. Mais que reste-t-il pour tous les autres ? La réponse fulgurante de la Guemara est que ceux qui prennent une part (pécuniaire ou d’aide) à l’étude des Avrékhim et Ba’houré Yechivoth auront droit à s’attacher à la vie éternelle. En effet, l’étude de la Tora n’est pas uniquement l’apanage des Talmidé ‘Hakhamim qui s’y adonnent à longueur de journée mais c’est aussi pour ceux qui les soutiennent. Et ne croyez pas que je profite de mon bulletin pour prêcher pour ma paroisse (excusez-moi pour l’expression) mais c’est une donnée rapportée dans le Talmud à plusieurs reprises / Ketouvoth ou Berakhoth 17 (ndlr et je connais d’ailleurs un très bon Collel du rav Asher Bera’ha Chlita qui est situé au 15 re’hov Palma’h à Raanana, et en plus délivre un Cerfa…).

Pour finir, je rapporterai le commentaire du Mechekh ‘Hokhma (connu sous le nom de son œuvre le Or Saméa’h, rav de la ville de Dvinsk en Russie il y a plus d’un siècle) sur ce même verset. Il explique qu’un homme pourra s’attacher à Hachem grâce à la Mitsva du Bita’hon (confiance) en Hachem. Dans la vie de tous les jours les hommes développent une confiance les uns vis-à-vis des autres. Par exemple un sujet (dans un royaume) aura confiance en son roi afin qu’il veille sur sa défense. L’épouse aura foi en son mari afin qu’il subvienne à ses besoins. Un fils aura une croyance encore bien plus grande vis-à-vis de son père car il sait qu’il veille à ses intérêts comme il le fait pour lui-même. Conclut le rav : tous ces niveaux de foi se trouvent auprès de Hachem. Car c’est notre Roi et notre Délivreur. Hachem S’attache à nous, Il est proche de nous. Il connaît nos manques, nos besoins, nous nourrit et nous protège des maladies. Il ressent nos manques encore plus que l’homme ne les perçoit. C’est Lui qui connaît tous les événements de notre vie (depuis notre premier souffle jusqu’au dernier). Il veut notre bien encore plus que nous-même le voulons. Lorsqu’un homme développe sa foi en D’, alors, il s’attachera à Hachem et accédera à la tranquillité d’esprit car il prendra conscience qu’il se trouve dans Ses mains bienveillantes. Un homme pourra donc garder sa sérénité en toute circonstance car il sait qu’il est protégé.

Le Birkat qui a sauvé la vie !

Cette semaine je vous propose un véritable sipour lié avec notre paracha puisqu’il y est mentionné la Mitsva de faire la prière en fin de repas (Birkat Hamazon).

Il s’agit d’un homme âgé de Jérusalem (quartier de Gueoula) qui faisait depuis toujours un Birkat tonitruant ! Lors des fêtes de Souccoth, tous les petits immeubles du quartier étaient habitués à écouter sa prière lue d’une forte voix et beaucoup de coffre ! Fréquemment il ne mangeait pas de pain car il savait qu’il n’avait pas le temps de faire son Birkat. Une fois, il raconta son histoire véridique très époustouflante. Il était alors un jeune garçon quelque part en Europe Centrale juste avant la guerre. Le rav Méir Chapira (notre illustration), le Roch Yechiva de ‘Hakmé Lublin (l‘instigateur du Daf Hayomi), est venu visiter son école religieuse. Il prit tous les enfants et leur dit : « Est-ce que vous connaissez une lettre de l’aleph-bet qui n’apparaît pas dans tout le Birkat? ». Les enfants écoutèrent avec beaucoup d’attention. C’est la lettre « Fé final » « car, continua le rav, celui qui dit avec beaucoup d’attention son Birkat se verra protégé de la colère (Chétsef), du dommage (Kétsef et ‘Haron af)! (C’est le Ba’h qui rapporte cet enseignement). De plus sachez mes chers enfants que celui qui fait bien le Birkat est assuré d’une subsistance TOUS LES JOURS DE SA VIE ! (Séfer HaHinou’h) ». Le rav finira : « Voyez ce que l’on peut gagner à faire cette bénédiction!». Ces paroles ont touché notre jeune garçon et depuis il devint très attentif à faire correctement la Mitsva.

Les années passèrent, la guerre se déclencha et la catastrophe s’abattit sur tout le monde juif. Notre jeune s’est retrouvé dans un des camps de la mort : Auschwitz. A l’entrée du camp il y avait une longue queue de captifs (dû à la nation la plus éduquée et la plus cultivée du monde européen du siècle, n’est-ce pas ?) qui devait passer devant l’ange de la mort. Le gradé nazi Jossef Mengele (maudit soit son nom) indiquait de son doigt soit la droite, ce qui indiquait les camps de travail ou la gauche, vers les chambres à gaz et les crématoires… A ce moment terrible notre jeune s’est rappelé des paroles du rav Chapira : celui qui dit le Birkat avec ATTENTION sera sauvé de la colère divine ! Il fera alors une prière silencieuse : « Ribono chel ‘Olam j’ai l’assurance des grands de notre peuple qu’il n’existe pas de colère pour moi grâce à mon Birkat». Sa courte prière fut acceptée et le nazi tournera sa main vers la droite. Seulement la peur continuera, il y avait une deuxième sélection, cette fois pour connaître vers quels métiers les nazis destinaient les captifs. Qui parmi la foule sera forgeron, mécano etc…, afin de fournir la main d’œuvre gratuite aux grandes usines allemandes installées non loin du camp de la mort. Seulement notre jeune ne savait RIEN faire de particulier ! Il avait très peur mais comme il existe un Ribono chel olam (même à Auschwitz) son voisin de derrière lui tapota le dos en lui disant : « Tu diras que tu es mon aide-cuistot !» Or il ne connaissait pas la tâche. Son voisin le rassurera en lui disant qu’il l’aiderait. C’est ainsi qu’il dira au nazi qu’il est cuisinier de métier. L’allemand acquiesça et l’envoya dans les cuisines d’Auschwitz… C’est ainsi qu’il passa toutes les années de captivité dans la cuisine du camp le plus terrible qui ait pu exister sur la surface la planète. Alors que tous ses frères étaient en sous-nutrition, notre garçon sera nourri tous les jours ! L’histoire ne finit pas là. Vers les derniers jours du camp, juste avant que les alliés ne les délivrent, notre jeune s’est fait prendre par deux nazis qui s’étonnèrent de voir un Juif bien portant déambuler dans le campement. Leur jalousie et haine étaient sans borne. Ils lui dirent : « On te donne deux heures pour creuser une fosse de 2 mètres sur un mètre, profonde d’un mètre avec comme ustensile, cette petite cuillère (le but était de préparer un abri pour les allemands en vue de l’arrivée des alliés) ! Si tu ne réussis pas, tu rejoindras tes frères au Ciel !» La peur s’empara de lui et il commença à creuser avec sa cuillère dans la caillasse ! La situation était incongrue : un prisonnier juif creuse sans aucun motif ! Cependant, un camion amenant des ouvriers/captifs polonais gentils, assistèrent au spectacle, semble-t-il amusant, de voir un Juif en train de creuser le sol avec une cuillère ! Ils lui lancèrent toutes sortes de vieilles carottes, pomme de terre et laitues en signe de moquerie. Notre Juif était dans l’expectative devant le camion qui s’éloignait. Rapidement revint, des usines, un groupe d’esclaves juifs qui finissaient leur journée de travail exténuant. C’est alors qu’ils virent l’amoncellement de carottes et autres victuailles et demandèrent à notre jeune (qui faisait comme s’il était tenu responsable par les nazis allemands de la distribution de ces légumes) s’ils pouvaient les prendre en contrepartie d’un travail quelconque. Le jeune répondit « Oui! Mais aidez-moi à faire ce trou !» De suite le groupe se mis à l’œuvre et rapidement la fosse fut terminée ! Le groupe repartit avec les légumes tandis que les nazis sont arrivés avec leurs revolvers prêts à en finir avec notre Juif. C’est alors qu’ils s’approchèrent et virent l’incroyable : le trou était fini ! Les nazis dirent : « Tu es un vrai ange pour avoir fait ce travail ! On te laisse en vie !» Fin de l’histoire véritable.

Coin Halakha: on reprendra notre série de cours sur l’interdit de construire à Chabbat. Dans le cas où un pied d’une table se déboîte entièrement, on ne pourra pas le remettre (c’est assimilé à une construction). Et même si je le replace d’une manière très superficielle, juste de quoi tenir la table, ce sera interdit (car facilement je pourrais arriver à faire une véritable réparation : avec marteau et clous). Mieux encore, après que le pied soit tombé (même la veille du Chabbat), la table devient Mouksé (interdit à déplacer) ainsi que le pied.

Il reste une possibilité de mettre (à la place du pied) une chaise afin de soutenir la table (Or Ha’haim 308.16 dans Michna Beroura).

Chabbat Chalom. On souhaitera de bonnes vacances à tous nos lecteurs.

On se retrouvera, certainement, Im yirtsé Hachem (si D’ le veut) pour le début du mois d’Eloul.

David Gold -Soffer

Tous ceux qui sont intéressés à la publication de la 2ème saison du livre de « Au cours de la Paracha » peuvent prendre contact au tél : 06 60 13 90 95 ou en Erets 055 677 87 47

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