Parachath Kora’h – rav Gold

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Autour de la table du Chabbath, par le rav David Gold

Comment faire pour passer du Iphone au « Samsung »/avrékhim ?

Cette semaine notre paracha sera surprenante. Il s’agit de Kora’h et de ses acolytes qui se révoltent au sein de la communauté contre Moché Rabbénou. Les causes de la dispute sont claires – en apparence. C’est la nomination du neveu de Kora’h en tant que chef de la tribu des Lévy (auquel appartient Kora’h) qui entraina tout ce chamboulement. En effet, d’après l’ordre généalogique, cela aurait dû être Kora’h et non son plus jeune cousin qui devait être nommé ; ceci est vrai à un premier niveau. Mais plus profondément, Kora’h remettait en cause la prophétie de Moché Rabbénou, comme de nos jours le font les âmes égarées qui soutiennent – à tort – que la Tora n’est pas du Ciel ! La suite sera terrible puisque le lendemain la terre s’ouvrit et engloutit Kora’h tandis que les 250 compagnons d’infortunes seront tués par un feu sacré qui sortit du Sanctuaire. En final il y aura même une épidémie qui décimera près de 14 700 personnes de la communauté.

La Guemara Sanédrin (‘Héleq) – connue – rapporte qu’au début de la dispute se trouvait parmi les supporters de Kora’h : Ohn fils de Péleth. Or, au moment du décompte des morts lorsque la terre a englouti les révoltés, Ohn ne faisait plus parti de la liste noire. Où avait-il disparu ? Le Talmud rapporte le fin mot de l’histoire. Au petit matin, lorsque Kora’h avec sa bande sont venus chercher Ohn dans sa tente, la femme d’Ohn s’est postée à son entrée (tandis que le mari dormait). Puis, avec beaucoup de désinvolture, elle défit ses cheveux devant Kora’h (et ce n’était pas la dernière collection de perruques made in Inde…) ! Or, si mes lecteurs ne le savent peut-être pas encore,  il existe un interdit pour une femme mariée de dévoiler sa chevelure. Voyant ce spectacle -qui n’était pas à voir- Kora’h rebrousse chemin avec tous ses acolytes… Donc Ohn sera sain et sauf et ne finira pas avec tous ses autres copains dans les abymes sous terre. Le rav Sim’ha Zissel zatsal tire d’ici un enseignement intéressant, à savoir que les protagonistes d’une dispute n’ont pas l’esprit clair ! En effet, la bande de Kora’h n’a pas voulu voir les cheveux de Mme Ohn –soit– (cela montrait une certaine grandeur),  mais par ailleurs ils se sont emportés d’une manière éhontée contre le juste et saint de la génération, Moché Rabbénou ! L’homme qui les avait fait sortir d’Egypte, nourris dans le désert, etc… Donc on pourra apprendre d’ici que dans  le feu de la colère, l’homme perd sa jugeote et peut arriver à de grandes contradictions. Cependant le Sefer ‘Hassidim (135) apprend un tout autre enseignement. C’est qu’un homme est façonné par sa femme. En effet, Ohn au départ voulait se joindre à la cause de Kora’h. C’est son épouse qui réussit à lui remettre les pendules à l’heure en lui disant : « Tu sais, tu n’as rien à gagner à cette dispute, car si Kora’h gagne, tu esteras son élève ! Mais si c’est Moché alors ton sort sera terrible ! »  C’est à dire que cette valeureuse épouse a montré une parfaite analyse de la situation (sans avoir besoin de faire Polytechnique, ni science Po…). De plus, le Séfer hassidim rapporte un tout aussi intéressant Midrach au sujet d’un homme pieux qui s’est marié avec une femme elle aussi, vertueuse. Les choses n’allèrent pas de la meilleure manière dans leur couple puisqu’il ira jusqu’à donner le guet à son épouse (comme quoi, la vie de couple envisagée par la Tora ne doit pas être vécu comme une compétition, (pardonnez-moi l’expression) mais comme une recherche du bien-être. Mais bien sûr, comme toute bonne chose, il faut travailler pour y accéder (ou se travailler)). Donc l’ancien mari ira chercher une nouvelle compagne tandis que la femme cherchera un nouveau parti… La femme trouva un nouveau compagnon qui était par ailleurs mécréant (je n’irais pas jusqu’à dire qu’il était un invétéré du Iphone et de ses magnifiques films et reportages … Mais certainement qu’il refusait la lecture de  la feuille du Chabbath, ni ne voulait lire/aider un nouveau livre qui demande à être imprimé…). L’ancien mari par contre (le Tsadik), passera sous le dais nuptial (pour la deuxième fois) avec une femme qui n’était pas du tout intéressée entre autres par les cours du lundi ou du mercredi–pour les femmes de la communauté de Sarcelles ou de la rue Louis Murger/Paris- mais bien plus pour la nouvelle mode, les tailleurs dernier cris St Laurent, en un mot se faire star (alors qu’elle avait bien passée la cinquantaine…). Les résultats des courses seront très intéressants:  le mécréant laissera ses vices de côté et deviendra un homme droit et intègre (il jettera son IPhone et achètera un Samsung « Avrékhim », ce qui est du domaine du très grand miracle…) tandis que l’ancien Tsadik sera remodelé par son ancienne « star » (des années 80/90…) et deviendra un vrai mécréant (plus de cours de Tora, de prières, etc…). Conclu le Séfer ‘Hassidim : c’est la femme qui fait son homme (donc ndlr: c’est à lui qu’il incombe de se transformer !). Est-ce pour autant que l’on apprend que l’on doit être tout Béni-Oui-Oui devant les désirât de son épouse (dans le cas où les deux ont le même niveau d’exigence dans la Tora et les Mitsvoth) ? Les choses ne sont pas aussi tranchées puisque la Guemara (Baba Metsia 57) opère une distinction entre le domaine séculier et celui des Mitsvoth. Pour ce qui est le choix des meubles, les vacances, des sorties -tout ce qui concerne les choses de ce bas-monde- l’homme pourra écouter sa femme. Comme dit la Guemara : « Penches-toi, tends ton oreille vers ta femme et écoutes ses conseils ». Mais, dans le domaine spirituel, c’est le mari qui devra prendre les gouvernes du navire. Par exemple l’éducation des enfants, la pratique des Mitsvoth, ce sont des tâches qui incomberont à l’homme car c’est lui qui a le commandement d’enseigner la Tora. (A écrire ces lignes, je me demande bien qu’elle est la place de l’homme dans le couple éloigné de toute pratique… Peut-être que sa vocation –en dehors du travail- sera d’être l’aide cuisto  ou le conducteur attitré de madame dans toutes ses petites emplettes à Zara ou « Au Printemps »… (Ou les deux à la fois…) A cogiter en tête à tête après le dessert…)

Et si on a parlé querelles, on dira un mot sur le phénomène inverse : la paix ! Les Sages de mémoire bénis enseignent qu’il existe un réceptacle formidable pour toutes les bénédictions ; c’est la paix entre les hommes et surtout dans son ménage ! Pour preuve, le ‘Hafets ‘Haim rapporte qu’à une époque reculée dans l’histoire juive, il existait un roi pécheur, A’hav, qui promulguait le culte idolâtre (d’ailleurs il écoutait sa femme qui le poussait dans ce sens…) mais, nous enseignent les Sages, à son époque les guerres du royaume d’Israël se terminaient par la victoire ! Tandis qu’à l’époque du roi Chaoul (qui était un tsadik), il y avait des pertes dans les rangs de l’armée de l’époque. Les Sages expliquent, que, sous A’hav, il n’existait pas de délateur et de médisance parmi le peuple juif (les Juifs orthodoxes de l’époque n’était pas décriés par le reste de la population même si par ailleurs le pouvoir en place préconisait l’idolâtrie…) tandis qu’à l’époque de Chaoul, il existait des grosses dissensions dans le royaume, puisque le jeune David était pourchassé par Chaoul (donc il y avait beaucoup de délations)… Conclu le saint ‘Hafets ‘Haim : celui qui veut la Be-ra-kha/BENEDICTION (je vous l’ai marqué en gros caractère pour qu’on ne s’y méprenne pas) dans son foyer devra mettre les bouchées double pour faire régner le Chalom sa maison !

Fin du dernier round d’une histoire qui vaut son pesant d’or…

La semaine dernière, je vous ai rapporté le début d’une très intéressante anecdote vraie retraçant l’histoire d’un petit garçon juif de Baltimore (USA) qui fera sa scolarité dans une super High Scholl des surdoués de la ville. Seulement le directeur, qui est aussi curé, émettra une condition à son acceptation : que tous les soirs ils étudient ensemble des passages de la Tora ! A la fin du cursus scolaire, le directeur remettra à son élève le diplôme sanctionnant toutes ces années d’études. Lors de cette dernière rencontre, le jeune devenu ado demandera lui demandera pourquoi comment il avait tant de connaissances  dans le judaïsme. Le directeur raconta alors son histoire : » Après avoir fini mes études au séminaire catho de la ville, j’avais droit à une année sabbatique… Or il y avait une chose qui m’attirée beaucoup : l’histoire du peuple juif. J’étais très impressionné par ce peuple. Voici qu’il avait vécu plein d’atrocités dans l’histoire, la Shoa (on voit donc que le curé qui n’était pas ashkenaze, était, lui aussi marqué par la dernière guerre…) et pourtant le peuple est bien vivant d’ailleurs, à chaque fois il est à la une des journaux… Je tenais vraiment à voir de près ce phénomène que je décidais de prendre un billet en direction de la Terre sainte (à l’époque il n’y avait pas corona, on pouvait arriver en Israël sans faire 15 jours en confinement…). Je n’avais pas le moindre sous en poche mais je pris quand même l’avion et me rendit dans différentes villes du pays, en particulier à Jérusalem… Là-bas, je me souviens que j’ai acheté des roguellers (petits pains au chocolat) et je me suis rendu au Mur des Lamentations (sic). Là-bas je me suis assis en dévisageant la foule toute étrangère qui m’entourait. Puis comme tout le monde j’ai pris un livre de prière et j’ai prié… A un moment j’ai ressenti une tape amicale à mon  épaule, je me suis retourné : il s’agissait d’un  homme sympathique qui m’accostait avec un parfait accent américain en me demandant si j’avais où dormir ce même soir. C’était Chabbath, je lui répondit : non, il me proposa son gîte, que j’acceptais volontiers. Chabbath se passa on ne peut mieux, les chants, la convivialité m’impressionnèrent. A la sortie du Chabbath mon hôte me demanda si j’étais d’accord de faire une expérience irremplaçable que de me rendre dans une Yechiva d’Américains. (Ndlr : il semble bien que notre invité de marque, avait bien caché son identité car mes lecteurs le savent : la Tora ne cherche pas à faire de nouveaux adeptes…). Notre curé se rendit donc à la Yechiva d’Aish Hathora qui se tient à côté du mur occidental. Il continua son récit : « J’ai passé un moment très intense et instructif. Je voyais toute cette jeunesses américaine sur les bancs de l’étude de la Tora.  Cette période fantastique dura une année entière ! Au bout d’un an je me suis rendu dans le bureau du Roch Yechiva, le rav Weinberg zatsal (il est décédé il y a tout juste quelques années…) pour prendre congé de ce grand éducateur. Le Roch Yechiva me reçut dans son bureau et me demanda la raison de ma visite. Je lui dis que je devais rentrer en Amérique pour reprendre les activités. Le rav s’inquiéta et me demanda qu’est-ce que je faisais en Amérique. C’est alors que je lui dévoilais toute mon identité : je devais revenir au bercail car j’étais curé de profession ! Le rav sauta littéralement de son siège ! Il était rouge de colère en me disant : « Comment, tu es curé et tu ne me l’as pas dit ? J’ai passé mon temps précieux à t’enseigner un message qui n’était pas destiné à toi ? » J’étais particulièrement penaud et rouge de honte d’avoir fait du mal à un homme tellement intègre et bon pour ses élèves… Le rav Weinberg se reprit et il réfléchit quelques instants. Il me dit : « Il existe une chose qui pourra peut-être réparer la faute faite… C’est que si au grand jamais tu trouves dans ton cursus une âme égaré juive, je t’en prie, enseigne lui tous les enseignements que tu as reçus à la Yechiva toute cette année… Si tu fais cela, alors tu auras réparé un tant soit peu le mal fait ! » Sur ce, je prenais congé du rav Weinberg et de la Yechiva et je repris le chemin des USA. Longtemps j’avais en tête les paroles de ce saint homme que je m’en voulais de l’avoir trompé. Donc quand je t’ai vu entrer dans mon établissement, je me suis dit que c’était le meilleur moyen de réparer le mal fait, et ainsi je t’ai enseigné toute ma connaissance des textes bibliques (que j’avais reçu à la Ychiva). La suite sera que notre élève-surdoué continuera de progresser dans son ascension spirituelle et en fin de compte partira pour la Terre sainte afin de recevoir l’enseignement dans les Yechivoth (c’est possible qu’il se soit même rendu à Aish Hathora… qui sait…) et il continuera sa progression. Aujourd’hui c’est un  Avrekh qui étude la Tora avec femme et enfants… Fin de l’histoire vécue qui nous montre les étranges chemins de la Providence divine… Ce curé s’est retrouvé sur les bancs de la Yechiva à Jérusalem pour qu’en final il sauve ce jeune enfant à Baltimore d’une assimilation totale (certainement que la famille a suivi le cheminement du jeune fils…).  Donc c’est de voir combien Hachem est intéressé par le progrès de gens même les plus éloigné… De plus, on voit la sincérité et l’intelligence du Roch Yechiva qui entrainera que des années plus tard un fils d’Israël se rapproche de la Tora et des Mitsvoth…

Chabath Chalom et à la semaine prochaine si D’ le veut  

David Gold    Tel : 00972 52 767 24 63     email  9094412g@gmail.com

Soffer : écriture askhenaze et sefarade Mezouzoth Tefilines Birka habait, Meguila

Et toujours, pour les connaisseurs, je vous propose une belle Mitsva de participer à l’impression d’un bon livre sur la Paracha de la semaine. !

 

On remerciera vivement notre ancien ami de longue date, Daniel Zana (Paris/Londres) pour son aide à l’impression du livre qui devrait bientôt paraitre SDV (dans un premier temps 200 ouvrages/475 p) ! On lui souhaitera beaucoup de réussite dans la Parnassa, l’éducation juive des enfants, la santé et le CHALOM ! Hatsla’ha!

Une bénédiction aux familles Siksik (Villeurbanne) et Saadoun (Paris) à l’occasion du mariage du très bon Ba’hour Yechiva Hillel Siksik. On souhaitera aux jeunes mariés du bonheur, de la santé et une belle descendance dans la Tora. Mazel Tov !

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