« Pharaon » ne suffit plus…

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Nous sommes opposés à la violence sous toutes ses formes, et peu importe la raison. Les débordements violents qui ont eu lieu au domicile du juge Solberg sont condamnables sans réserve, tout comme le juge Solberg lui-même – porteur d’une kippa tricotée – qui a exigé fermement de l’armée d’arrêter le plus grand nombre possible d’étudiants de la Tora pour remplir les prisons.

Yated Nééman, rav Yits’hak Roth

Mais cela étant dit, examinons les réactions. L’homme responsable plus que tout autre de la terrible polarisation du peuple, de la guerre contre les étudiants de la Tora, et de l’antisémitisme croissant dans le pays envers la communauté orthodoxe, s’appelle Aharon Barak. C’est lui qui, au cours de son mandat au tribunal, a annulé l’accord de longue date qui constituait le fondement du statu quo dans le pays, selon lequel l’autorité du ministre de la Défense permettait aux étudiants de la Tora de reporter leur service militaire. S’il y a quelqu’un de responsable de la persécution obsessionnelle contre ceux qui peinent sur la Tora, c’est bien cet homme et nul autre.

Les médias israéliens aiment l’interviewer car il leur fournit leur dose habituelle d’incitation contre Netanyahou. Cette fois encore, suite aux débordements au domicile de Solberg – commis par une minorité qui s’oppose concrètement à l’État, ne participe pas aux élections et ne bénéficie d’aucune de ses prestations – Barak a été interrogé sur son opinion et a répondu : « Tout n’est pas la faute de Netanyahou, mais en fin de compte, tout mène aussi à lui ». C’est ainsi que l’on incite à la haine avec un langage raffiné. C’est Netanyahou qui est coupable, du moins indirectement, de ces débordements.

Mais il ne s’est pas arrêté là et a ajouté : « Comme disait ma mère : si nous avons surmonté Hitler, nous surmonterons cela aussi ». Avez-vous remarqué l’analogie ? Autrefois, on parlait de « Pharaon », mais pour Barak, le Pharaon d’Égypte est déjà dépassé et n’incite pas assez à la haine ; il faut donc mobiliser pour cela le terrible bourreau de l’Allemagne nazie.

Le journaliste de longue date Amnon Lord, ancien homme de gauche ayant changé de camp pour rejoindre la droite modérée, rappelle à ses lecteurs l’anarchie qui émane des tribunaux pour finir par descendre dans la rue. En son temps – écrit Lord – aux premiers jours de l’État, lorsque des juristes proposaient de rédiger une constitution, le premier Premier ministre s’y était opposé, refusant de donner un pouvoir excessif aux juges en déclarant : « Imaginez que le peuple veuille quelque chose, et que viennent sept personnes couronnées du titre de juges – et tout le respect est dû aux juges – et qu’elles annulent une loi que le peuple veut ! », disait le premier Premier ministre en 5709 (1949). « Chez nous, ce sera la révolution… Je pense que donner une telle autorité aux juges est une chose réactionnaire… Le public ne l’acceptera pas ». Ben Gourion avait également ajouté alors : « Il vaut mieux qu’ils fassent une mauvaise loi plutôt qu’une minorité ne prenne le pouvoir. Car ils ne le supporteront pas ».

On peut formuler de nombreuses critiques à l’égard des actions de cet homme, mais il n’était pas stupide, et le fait est qu’il avait compris que donner un pouvoir illimité à un groupe de juges finirait par provoquer l’anarchie dans les rues. Comme l’écrit Lord : « Il serait bon que les juges, et en particulier la conseillère juridique Miara, intègrent le fait que la démocratie libérale vit et respire à travers les processus politiques, par voie d’essais et d’erreurs, par voie de compromis. Le fait est que la politique « égalitaire » des instances juridiques prend finalement la forme d’une persécution de masse au sein d’une population très spécifique. Lorsque la présidente à la retraite Hayut a annulé la législation de la Knesset visant à réduire la clause de raisonnabilité, elle a purement et simplement agi de manière illégale, se plaçant en tant qu’autorité gouvernante au-dessus de l’organe législatif souverain. Elle et ses collègues ont profité du fait que le public consacrait toutes ses ressources mentales et autres à la guerre, et que le verdict ne l’intéressait pas. Et celui qui a dit que le verdict contre la Knesset sur la question de la raisonnabilité a créé un nouveau régime dans l’État d’Israël a tout à fait raison ! ».

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