Président Trump ! Méfiez-vous des intentions de certains « amis »

Président Trump ! Méfiez-vous des intentions de certains « amis »

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Plus récemment, après que Trump a averti que l’Iran subirait ce qu’il a décrit comme la plus importante frappe militaire depuis la Seconde Guerre mondiale, des responsables de capitales régionales l’ont de nouveau exhorté à suspendre les opérations et à privilégier les négociations et les accords. Ce schéma se répète : au moment même où les capacités militaires de l’Iran sont anéanties, des voix extérieures interviennent pour faire capoter le processus.

Le régime iranien, qui scande « Mort à l’Amérique » et « Mort à Israël », a tué des centaines d’Américains et de Juifs. Il ne scande pas « Mort au Qatar », « Mort à la Turquie » ou « Mort au Pakistan », et ne cible pas systématiquement leurs citoyens comme il le fait pour les Américains et les Juifs. La République islamique d’Iran et ses alliés s’en prennent cependant aux infrastructures civiles de leurs voisins. Peut-être que pour ces pays, un « accord », même mauvais, semble pouvoir les libérer des menaces iraniennes sans contrepartie. Leurs calculs en matière de sécurité sont sans doute bien différents des nôtres : pourquoi ne pas simplement laisser les États-Unis et Israël se charger de tout ?

Le problème, bien sûr, comme les États-Unis l’ont constaté à maintes reprises, à l’image du ballon de football de Charlie Brown, est que tout accord signé avec le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien (CGRI) ne ferait que repousser ses menaces contre les infrastructures pétrolières et gazières des pays voisins.

Une seconde préoccupation, plus stratégique, est de savoir si la Turquie, le Qatar et le Pakistan ont intérêt à user de leur ruse pour amadouer Trump et attendre la fin de son mandat. Une fois ce dernier hors du pouvoir, ils pourront reprendre leur expansion de l’islam, inspirée par les Frères musulmans, depuis des positions plus avantageuses, comme par exemple à la frontière israélienne avec la bande de Gaza.

Plusieurs gouvernements de la région soutiennent depuis longtemps les réseaux islamistes. Des promesses financières généreuses, des déclarations publiques d’amitié et des engagements privés de participation future à des cadres de paix plus larges, tels que les accords d’Abraham, pourraient servir de garanties temporaires en attendant que le temps presse.

Étrangement, l’Iran a attaqué ou menacé des États du Golfe. Pourtant, ces mêmes États sourient, maintiennent des contacts amicaux et diplomatiques, accueillent des responsables iraniens et facilitent les négociations. Pourquoi des pays directement attaqués entretiendraient-ils un dialogue informel et inviteraient-ils les dirigeants de l’agresseur ? La réaction rationnelle serait de rompre les liens, d’exiger des comptes ou de s’associer aux efforts visant à neutraliser la menace. Il serait peut-être important, à tout le moins, de se demander s’il existe des accords tacites en coulisses – des assurances d’une prise en compte future si la pression américaine actuelle peut être atténuée ou retardée.

De prime abord, les pays qui refusent de prendre une position claire contre un régime qui projette sans relâche sa puissance à l’étranger et exécute son propre peuple à une échelle industrielle n’agissent pas comme de purs partenaires des intérêts américains, ni même comme leurs propres partenaires.

Trump a clairement indiqué qu’il recherchait une paix véritable au Moyen-Orient et une participation plus large aux mécanismes de normalisation des relations avec Israël. Les promesses d’adhérer à ces mécanismes sont les bienvenues, à condition qu’elles soient sincères. Or, le flot de conditions abusives qu’il impose laisse penser le contraire. Elles semblent surtout servir à retarder une résolution décisive de la menace iranienne. Dans certains de ces pays, les médias et la vie politique restent fortement imprégnés de sentiments anti-américains et anti-israéliens.

Les États de la région pratiquent depuis des siècles une diplomatie sophistiquée, des alliances complexes et une ambiguïté stratégique. Les sourires de façade et les engagements publics ont souvent coexisté avec des calculs plus subtils menés en coulisses. Les États-Unis exigent à juste titre que leur politique repose exclusivement sur leurs intérêts, et non sur les préférences de médiateurs dont la perception des menaces et les objectifs à long terme pourraient fort bien diverger de ceux de Washington.

L’idéologie fondamentale du régime iranien – à l’instar de celle des Frères musulmans et d’autres mouvements de la région – prône la destruction des États-Unis et d’Israël. Aucune version de cette idéologie n’est compatible avec la sécurité américaine.

L’intérêt national américain est clairement établi : le régime iranien doit renoncer totalement à sa capacité de menacer qui que ce soit : ses voisins, Israël, les États-Unis et son propre peuple. Tout pays qui s’oppose à cette issue privilégie, par définition, d’autres intérêts. Il peut s’agir de manœuvres pour asseoir son influence régionale, d’orientations islamistes ou anti-israéliennes, ou encore du désir de préserver une forme affaiblie du régime iranien en attendant une évolution de la situation politique à Washington. Les États-Unis ne devraient pas plus souhaiter que les Gardiens de la révolution iraniens continuent de gouverner l’Iran qu’ils n’auraient souhaité que le parti nazi continue de diriger l’Allemagne.

L’Amérique doit avant tout refuser de se laisser entraîner dans les interminables manœuvres dilatoires de la région. La première et primordiale mission demeure celle initiée par Trump : la capitulation sans condition, comme ce fut le cas pour le Japon et l’Allemagne lors de la Seconde Guerre mondiale. Ce n’est qu’alors que l’on pourra envisager la reconstruction, pas avant. « L’Amérique d’abord » signifie précisément cela.

Les Américains veulent un gagnant, pas un faux accord qui sera de nouveau rompu avant le petit-déjeuner.

Majid Rafizadeh est politologue, analyste diplômé de Harvard et membre du comité de rédaction de la Harvard International Review. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la politique étrangère américaine.

JForum.fr avec gatestoneinstitute.org

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