Malgré un calme relatif, Jérusalem estime que Téhéran profite de l’accalmie avec Israël et du repli du front libanais pour intensifier ses efforts en vue de fomenter des attentats dans cette région
Aujourd’hui, les services de sécurité israéliens estiment toutefois que Téhéran s’efforce de reconstruire ses infrastructures terroristes.
L’inquiétude en Israël est renforcée par le fait que, depuis le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran et avec la probable fin des combats au Liban, la Judée-Samarie est désormais considérée par Téhéran comme le principal théâtre d’action pour promouvoir des attaques terroristes. Une partie importante de ces activités serait coordonnée depuis la Turquie.
Au début de la semaine, le Shin Bet a révélé avoir déjoué des dizaines d’attentats au cours de l’année écoulée, tous téléguidés par des cadres du Hamas installés en Turquie. Selon le service de sécurité intérieure, ces derniers profitent de leur présence sur le territoire turc pour recruter des terroristes, rencontrer des activistes de Judée-Samarie et transférer fonds et armes vers le terrain.
Les méthodes iraniennes reposent sur trois axes principaux : le financement numérique via les cryptomonnaies afin de contourner les systèmes de contrôle traditionnels ; la contrebande d’armes à travers la frontière orientale d’Israël, parfois avec l’aide de passeurs ; et la formation à distance de terroristes grâce à des transferts de savoir-faire technologique.
Pour contrer ces efforts, le Commandement central de Tsahal et la division de Judée-Samarie mènent une campagne ciblée contre les financements terroristes et les « matériaux à double usage », des produits civils susceptibles d’être détournés à des fins militaires. Lors de récentes opérations, d’importantes quantités d’engrais agricoles ont ainsi été saisies.
Autre source de préoccupation : l’apparition éventuelle de drones explosifs en Judée-Samarie, sur le modèle de ceux employés par le Hezbollah au Liban. Les responsables sécuritaires indiquent qu’aucun drone de ce type n’est actuellement opérationnel dans la région, mais l’armée confisque systématiquement tous les appareils repérés.
Les anciens terroristes emprisonnés sont aussi dans le viseur des services de sécurité. Après les derniers accords de libération d’otages, des centaines de détenus condamnés pour terrorisme sont revenus en Judée-Samarie, certains après près de trente ans de prison. Le Shin Bet et Tsahal suivent de près leurs activités afin d’empêcher la création de nouvelles cellules, notamment à Naplouse, Tulkarem, Hébron et Ramallah.
L’armée et le Shin Bet ont également recours à la confiscation d’avoirs : lorsqu’un ancien membre du Hamas sous surveillance acquiert soudainement un bien de grande valeur, comme un véhicule de luxe, les autorités enquêtent immédiatement sur l’origine des fonds et procèdent à sa saisie.
Même si le scénario d’une flambée de violence généralisée ne s’est pas concrétisé, la Judée-Samarie est considérée comme une zone à fort potentiel explosif. La principale crainte de l’état-major est une infiltration ciblée de terroristes en Israël à travers la ligne de séparation afin de commettre un attentat spectaculaire, susceptible d’entraîner un effet d’imitation et une nouvelle vague d’escalade.
En conséquence, l’essentiel de l’effort opérationnel de Tsahal est actuellement concentré sur la sécurisation de la ligne de séparation. Deux bataillons supplémentaires devraient être déployés dans le nord de la Samarie au cours du mois à venir. « L’état-major est très préoccupé par ce qui se passe en Judée-Samarie et accorde une attention particulière à ce front, car tout incident localisé pourrait déclencher une explosion de violence de grande ampleur », résume un haut responsable de la sécurité.

























