Si une guerre avec l’Iran venait à éclater, « tous les désaccords seraient temporairement mis de côté » jusqu’à la fin du conflit, a dit Yair Lapid lors du débat des « 40 signatures »
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé lundi devant le Parlement qu’Israël vivait « des jours complexes et difficiles », en pleine escalade des tensions entre Washington et Téhéran après les menaces de Donald Trump d’une frappe limitée contre l’Iran.
« Israël n’a jamais été aussi fort qu’aujourd’hui », a affirmé le Premier ministre devant la Knesset. « Nous traversons des jours très complexes et difficiles (…). Nul ne sait ce que demain nous réserve, nous restons vigilants, nous nous préparons à tout scénario », a déclaré Netanyahu.
Il a réitéré ses menaces adressées à l’Iran, affirmant que si « les ayatollahs commettent peut-être la plus grave erreur de leur histoire et attaquent l’Etat d’Israël, nous répondrons avec une puissance qu’ils ne peuvent même pas imaginer ».
Le président américain, qui tente d’arracher à l’Iran un accord portant notamment sur le nucléaire, a ordonné un déploiement naval et aérien massif au Moyen-Orient.
Dans son intervention, Netanyahu a insisté sur l’alliance de son pays avec les Etats-Unis, qui selon lui « n’a jamais été aussi étroite ».
« Entre l’armée israélienne et l’armée américaine, entre nos services de sécurité et les leurs, il n’y a jamais rien eu de comparable », a précisé Netanyahu.
En juin 2025, Israël et l’Iran se sont livré une guerre de 12 jours, déclenchée par une attaque sans précédent d’Israël ayant visé en premier lieu le commandement militaire iranien ainsi que les lanceurs de missiles et les installations du programme nucléaire.
Les Etats-Unis s’étaient joints à l’offensive de leur allié en frappant trois sites nucléaires iraniens.
Netanyahu s’exprimait devant la Knesset dans le cadre d’un débat dit « des 40 signatures », une opportunité mensuelle offerte aux députés de contraindre le Premier ministre à s’exprimer et à répondre à ses opposants sous réserve d’avoir recueilli le nombre requis de signatures sur une pétition. Le débat de lundi visait à critiquer les politiques de sécurité de Netanyahu.
Cette photo diffusée par le site officiel du corps des Gardiens de la révolution islamique iranienne, Sepanews, le 17 février 2026, montre une roquette tirée lors d’un exercice militaire mené par des membres du CGRI et de la marine dans le détroit d’Ormuz. (Crédit : SEPAH NEWS / AFP)
Trump a néanmoins brandi à plusieurs reprises la menace d’une intervention militaire contre l’Iran, dans un premier temps suite à la répression meurtrière des manifestations anti-régime le mois dernier qui a fait des milliers de morts, puis plus récemment au sujet de son programme nucléaire. Il s’est néanmoins abstenu de définir une date butoir pour agir, tout en semblant fixer un délai de 10 à 15 jours avant que les États-Unis ne passent à l’action.
Le New York Times a rapporté dimanche que le président américain envisageait de lancer une frappe limitée contre l’Iran dans un avenir proche, afin de faire pression sur Téhéran pour qu’il se plie à ses exigences en matière nucléaire. Si la république islamique continue de résister, cette frappe pourrait être suivie d’une campagne beaucoup plus importante dans le courant de l’année, avec pour objectif un changement de régime, selon le journal.
Ce bras de fer a mis toute la région sous tension, faisant craindre que le conflit entre les États-Unis et l’Iran ne s’étende rapidement. L’Iran a averti que même une frappe américaine limitée entraînerait une réponse militaire forte, avec des représailles contre les intérêts militaires américains dans la région et contre Israël.
Netanyahu a prononcé un discours inhabituellement concis devant la Knesset, renonçant à attaquer ses rivaux politiques et choisissant plutôt de consacrer la quasi-totalité de son intervention à l’Iran.
Des observateurs – parmi lesquels les négociateurs en chef américains Steve Witkoff et Jared Kushner – regardent les opérations de vol sur le pont d’envol du porte-avions de classe Nimitz USS Abraham Lincoln (CVN 72) dans la mer d’Oman, le 7 février 2026. (Crédit : Hannah Tross / US NAVY / AFP)
« À la veille de la fête de Pourim, nous resterons unis et, avec l’aide de D’, nous assurerons l’éternité d’Israël », a-t-il affirmé.
Ouvrant le débat de lundi soir, le président du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a pour sa part vivement critiqué Netanyahu, qu’il a qualifié de « principal responsable » du 7-Octobre, « le plus grand et le plus terrible massacre de l’histoire du peuple juif après la Shoah ».
Liberman a ensuite accusé Netanyahu de tenter de dissimuler ses échecs en tant que Premier ministre, l’interpellant : « Où est la ‘victoire totale’ ? Vous nous aviez promis une victoire totale. Vous ne nous avez apporté qu’une honte totale. »
Quant au chef de l’opposition, Yair Lapid, après avoir sévèrement critiqué le Premier ministre, a néanmoins affirmé qu’Israël ferait front commun face à toute escalade avec l’Iran.
Avant cette déclaration, Lapid s’en était pris à Netanyahu, affirmant que sa place dans l’histoire sera « uniquement » définie par les événements du 7-Octobre.
« J’ai bien compris que vous tentiez de réécrire l’Histoire. Mais vous connaissez la vérité, et c’est cela qui vous fait peur. L’Histoire ne se souviendra de vous que pour le 7-Octobre », a clamé Lapid, évoquant les efforts déployés par Netanyahu pour se dédouaner de la responsabilité de la terrible attaque du Hamas. « Comment avez-vous pu ignorer à quoi servaient ces valises remplies d’argent provenant du Qatar ? Comment avez-vous pu ignorer les conséquences désastreuses de votre politique destructrice qui visait à renforcer le Hamas ? »
Lapid a également critiqué les efforts du cabinet du Premier ministre pour faire remplacer le mot « massacre » du titre d’un projet de loi commémorant le 7-Octobre par « événement », martelant que « lorsque des bébés sont brûlés, lorsque des familles entières sont assassinées dans un crime de masse, ce n’est pas un ‘événement’, c’est un massacre. Il n’y aura pas d’association plus forte ou plus significative, rien d’autre qui définira votre mandat de Premier ministre, à part le massacre du 7-Octobre. »

























