Depuis le début du mois de juin, au moins une quinzaine de terroristes directement impliquées dans les attaques ou dans la captivité d’otages ont été tuées
Parmi les opérations les plus récentes figure l’élimination, à Khan Younès, de Mohammed Abou Tuima, commandant de l’unité d’élite Nuhba du Hamas qui a dirigé le groupe ayant attaqué le kibboutz Nir Oz
Depuis le début du mois de juin, au moins une quinzaine de terroristes directement impliquées dans les attaques ou dans la captivité d’otages ont été tuées.
Les opérations ont notamment visé Mohammed Jundia, responsable de la sécurité militaire du bataillon de Shuja’iyya, accusé d’avoir participé au raid contre Nahal Oz, à l’enlèvement du capitaine Daniel Peretz et à la détention de plusieurs otages israéliens.
Parmi les autres personnes ciblées figurent Sabaei Abou Hasna, impliqué dans la captivité d’Omer Shem Tov, Zaki Abou Mustafa, identifié dans des images diffusées lors de l’enlèvement du jeune Yagil Yaakov à Nir Oz, ainsi que Taltal Abd al-Aal, membre du Jihad islamique palestinien, qui a détenu et torturé l’otage Rom Braslavski.
Selon l’armée israélienne, ces opérations s’inscrivent dans une politique consistant à intervenir dès que des renseignements permettent de localiser des personnes ayant participé aux crimes commis le 7 octobre.
Une unité spécialement créée pour cette mission
Pour conduire cette traque, le Shin Bet a constitué une cellule dédiée baptisée Nili, composée de spécialistes du renseignement issus des services de sécurité et de l’armée.
Sa mission est d’identifier les terroristes ayant pénétré en Israël lors de l’attaque puis regagné Gaza, de reconstituer leur parcours grâce aux renseignements recueillis et d’organiser leur neutralisation lorsque les conditions opérationnelles le permettent.
Les autorités israéliennes indiquent que cette unité exploite notamment des vidéos filmées pendant les attaques, des images publiées sur les réseaux sociaux ainsi que des outils de reconnaissance faciale afin d’établir l’identité des participants.
Selon plusieurs responsables israéliens, une base de données répertorie l’ensemble des personnes identifiées comme ayant pris part à l’offensive, y compris des responsables militaires et politiques du Hamas impliqués dans sa préparation.
Plus de 2 700 terroristes du 7 octobre déjà éliminés
Environ 5 000 terroristes ont participé directement à l’attaque ou aux enlèvements du 7 octobre.
Parmi eux, plus de 1 200 auraient été tués durant les combats du 7 octobre dans le sud d’Israël. Les autorités estiment qu’environ 1 500 autres ont ensuite été éliminés lors des opérations militaires conduites dans la bande de Gaza depuis le début du conflit.
En parallèle, près de 300 ont été arrêtés. Israël prévoit leur comparution devant des juridictions militaires dont la mise en place est toujours attendue.
Les responsables israéliens considèrent toutefois que plus de 2 000 participants aux attaques seraient encore en vie dans la bande de Gaza.
Une intensification des frappes depuis le printemps 2026
L’évolution des opérations montre un changement de priorité. Durant les premiers mois du cessez-le-feu instauré en octobre 2025, les frappes israéliennes ciblaient principalement des individus considérés comme une menace immédiate à proximité des positions de Tsahal.
Depuis le printemps 2026, l’accent est porté sur les terroristes ayant participé aux massacres du 7 octobre, sur les anciens geôliers d’otages ainsi que sur les commandants du Hamas et du Jihad islamique.
Selon les bilans communiqués par l’armée israélienne :
- en avril, six participants au 7 octobre ont été éliminés, ainsi que deux commandants de groupes armés ;
- en mai, six autres suspects et cinq commandants ont été éliminés ;
- en juin, l’armée a neutralisé treize participants aux attaques, quinze commandants et plusieurs dizaines d’autres membres de groupes armés ;
- depuis le début de juillet, cinq nouveaux participants au 7 octobre figureraient parmi les personnes visées, en plus de plusieurs responsables militaires.
Ces opérations se sont également accompagnées de frappes contre des tunnels, des dépôts d’armes, des lance-roquettes et diverses infrastructures du Hamas.
Le précédent de Munich
Les autorités israéliennes présentent cette campagne comme le prolongement de précédentes opérations de longue durée menées contre les auteurs d’attentats visant des Israéliens.
Le parallèle est établi avec la traque engagée après la prise d’otages des Jeux olympiques de Munich en 1972, au cours de laquelle les services israéliens avaient poursuivi pendant des années les membres du groupe Septembre noir impliqués dans la mort de onze athlètes israéliens.
À la suite de l’élimination, fin mai, de Mohammed Odeh, considéré comme le quatrième chef de la branche militaire du Hamas tué depuis le début de la guerre, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a réaffirmé que les opérations se poursuivraient jusqu’à ce que tous les responsables des massacres soient retrouvés.



























