Actes antisémites: l’histoire oubliée remonte à la surface

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Des faits dont le caractère antisémite semble plus qu’apparent: visible.

De la poussette du rabbin arrosée de white spirit après que son véhicule ait déjà eu des pneus crevés, à l’attaque par quatre jeunes d’un garçon de quatorze ans portant kippa et sortant de la synagogue, les agressions se succèdent.Des enquêtes sont diligentées mais le caractère antisémite n’est pas retenu. Malgré et parfois contre l’avis du Parquet.

Rappel : il fallut onze mois et finalement, l’appel interjeté par le Parquet pour que Mme la juge convienne de retenir le caractère antisémite de l’assassinat barbare de Sarah Halimi (Z’l). N’y avait-il pas eu précédemment des mains courantes pour insultes antisémites, n’y avait-il pas eu, pendant les longues minutes de fureur inhumaine, les cris et vociférations à la “Sheitan – Satan”, n’y avait-il pas eu aussi ce cri qui accompagne tant d’attaques, comme si ce dieu était assoiffé de sang.

Malgré tous ces événements, malgré l’historique d’insultes et de peur dont Sarah Halimi (z’l) ne parlait qu’occasionnellement par crainte de déranger, le caractère antisémite n’a pas été retenu durant onze longs mois.

Puis, lorsqu’enfin l’évidence est acceptée, il faudrait se féliciter, féliciter la justice de sa lenteur mais aussi de sa nonchalance à laisser le meurtrier – qui n’avait pas agi sous l’emprise de stupéfiants, comme cela fut annoncé au début de l’affaire – mortellement antisémite – dans un hôpital psychiatrique.

Oui il faut être déséquilibré pour torturer, tuer et défenestrer, mais cela ne suffit pas. Il faut de surcroît une bonne vieille haine qui se cultive, s’entretient d’images mensongères, de fake news, de rumeurs pestilentielles, bref toutes choses qui peuvent se trouvent à l’envi place de la République ou sur des sites malsains, mais qui sont, de surcroît, relayées par les grandes organisations internationales telles l’Onu et l’Unesco, qui n’ont pas honte de nier tout lien entre le peuple juif et Jérusalem ou ‘Hévron !

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Lorsque le caractère antisémite perd son sens

Antisémitisme et racisme sont réprimés et condamnés par la loi française, néanmoins la revendication du caractère antisémite relève peut-être également d’unautre registre.

A l’heure où la question de la publication des brûlots antisémites de Céline refait surface, les Juifs ressentent un malaise profond. Ce n’est ni dû aux cinquante années mises par la France à reconnaître son rôle actif de collaboration  durant la Seconde Guerre mondiale, ce n’est pas non plus dû aux récents meurtres de Juifs et d’enfants juifs à Toulouse ou de la tuerie d’Hypercacher, ce n’est pas plus dû à l’absence d’intervention des vingt huit représentants des forces de l’ordre au milieu des hurlements de Sarah Halimi (z’l) pendant sa longue et ignoble mise à mort par un barbare, ce ne sont pas les récentes agressions d’enfants ou d’adolescents identifiables comme juifs et pour lesquelles le caractère antisémite n’a pas été retenu, c’est plutôt le sentiment diffus que la pesanteur de l’Histoire n’est plus prise en compte.

Comme si vingt trois ans seulement après la reconnaissance par le Président Chirac au Vel d’Hiv, de la responsabilité de l’Etat français dans la déportation des 76 000 juifs de France, il y avait une amnistie.

La société française s’est amnistiée de cette responsabilité notamment au nom du soi-disant génocide palestinien, le seul génocide qui permet à la population concernée de continuer à grossir de façon quasi exponentielle. Cet éclairage permet de mieux comprendre le laisser-faire à l’égard de tous ceux qui hurlent au boycott d’Israël, qui diffusent des images tronquées et ignobles d’enfants tenus en joue par des soldats de Tsahal, présentés comme des monstres, pour jouer l’antisémitisme dans sa version relookée : l’antisionisme. A cela s’ajoute la récente déclaration du président de la Fédération anglaise de football comparant l’Etoile de David à la croix gammée. Comme un point final.

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L’incompréhension

Ceux pour qui la haine des Juifs est quasi naturelle se voient confortés dans leur haine maladive, par tous ces signes extérieurs de complaisance. Le « plus jamais ça » sorte de mantra qui clôturait nombre de prises de parole, n’est plus que très rarement prononcé. Dramatiquement inopérant et dépassé.

C’est dans ce contexte d’abandon et d’oubli de l’Histoire que se lit l’incompréhension de la communauté qui pensait encore bénéficier de la protection conférée par une histoire si violente envers ceux qui, alors, avec confiance et loyauté, écrivaient au Maréchal Pétain en faisant état de leurs décorations, ou celles de leur père, obtenues sur les champs de bataille de la guerre 14-18. Mais non, tout cela déjà ne comptait plus, n’avait plus aucune importance. L’histoire ne se répète pas, elle bégaie salement.

Evelyne Gougenheim
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