Alain Soral jugé dans l’affaire d’un clip de rap «gilet jaune» qualifié d’antisémite

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Le délibéré d’une nouvelle affaire Alain Soral doit être rendu ce jeudi 19 septembre. L’essayiste d’extrême droite est de retour devant les tribunaux pour provocation, injure et diffamation raciale.

De retour devant les tribunaux pour provocation, injure et diffamation raciale. Le délibéré dans l’affaire Alain Soral doit être prononcé ce jeudi 19 septembre. L’idéologue d’extrême droite est jugé pour avoir diffusé sur son site «Égalité et réconciliation» un clip de rap estampillé «gilets jaunes» dénoncé par plusieurs associations comme antisémite. Le parquet de Bobigny avait requis jeudi 20 juin deux ans de prison ferme.

«Élite décadente déconnectée» et «classe dirigeante coupée des réalités»… Dans ce clip de 4:32 minutes un rappeur énumère en voix off plusieurs revendications du mouvement des «gilets jaunes», sur fond d’archives de manifestations et d’extraits médiatiques. En cause dans cette affaire, certains passages qualifiés d’antisémites tel que cet extrait: «Ce n’est qu’en virant les Rothschild que l’on pourra sauver la France. Il faudra virer Attali et BHL aussi». Ces paroles sont illustrées par les portraits des concernés jetés aux flammes. Celui de Patrick Drahi le sera lui aussi.

Alain Soral, multirécidiviste

«C’est très violent. C’est une utilisation du rap pour distiller des messages de propagande, faisant référence à un ‘’complot juif’’. On trouve dans ce clip tous les poncifs antisémites», dénonce Ilana Soskin, avocate de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), partie civile aux côtés de l’Union des étudiants juifs de France, J’accuse, le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples, la Ligue des droits de l’homme et Sos racisme. Les références aux «Rothschild» et aux «parasites» sont récurrentes et parfois simultanées. Emmanuel Macron apparaît lui aussi à plusieurs reprises, notamment lors de son discours au 33e dîner du CRIF, le 7 mars 2018. «Une référence antisémite de plus», selon Ilana Soskin. L’avocat d’Alain Soral, Damien Viguier n’a pas souhaité répondre aux questions du Figaro.

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La production de la vidéo est obscure. «L’auteur est un certain ‘’Rude Goy’’», précise Ilana Soskin qui rappelle que «Goy» signifie «peuple non juif». Ce mystérieux rappeur est également l’auteur d’un autre clip baptisé «Talmudophobe». La Licra ne s’est pas penchée sur ce dernier pour des questions de «délais», explique Ilana Soskin. Pour l’avocate la priorité se trouve au niveau de la diffusion. «Ce clip des ‘‘gilets jaunes’’ aurait pu rester clandestin. Alain Soral, en tant que directeur de publication lui a donné une énorme visibilité en le publiant sur son site», indique la juriste.

L’essayiste, de son vrai nom Alain Bonnet, est en effet président de l’association politique «Égalité et Réconciliation». Fondée en 2007, elle se définit comme réconciliant la «gauche du travail et la droite des valeurs» et est placée à l’extrême droite selon les observateurs politiques. À 60 ans, Alain Soral a déjà fait l’objet de plus d’une vingtaine de condamnations, notamment pour provocation à la haine raciale. La dernière en date remonte au 15 avril. L’essayiste avait été condamné à un an ferme pour négationnisme.

Source www.lefigaro.fr

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