Be’houkotaï – l’étude de la Tora

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« Si vous vous conduisez selon Mes lois, si vous gardez Mes préceptes et les exécutez, Je vous donnerai les pluies en leur saison… » (Wayiqra/Lévitique 26,3).

Rachi s’intéresse à la redondance des expressions employées par ce verset, et conclut que ce respect des préceptes divins consiste en une étude effectuée avec « ‘amal« , avec investissement.

Car le fait de s’adonner à l’étude ne suffit pas : ce n’est pas une matière que l’on va aborder sans plus d’intérêt qu’une autre, mais un domaine dans lequel il sera attendu de notre part un total investissement.

Pour qui connaît les deux domaines, c’est toute la différence entre une étude à l’université, et celle à la Yechiva, quand dans ce dernier cas, les jeunes sont amenés à s’engager d’une manière totale dans ce qu’ils font, de jour comme de nuit, sans quitter les bancs de l’étude – si ce n’est pour se reposer et reprendre des forces, bien entendu.

Nos Sages (Torath Kohanim ad loc) parlent de l’envie de l’Eternel de nous voir nous investir d’une telle manière dans la Tora.

Le Zohar (rapporté dans le Néfech ha’Hayim IV,12) décrit l’importance suprême des innovations en matière de Tora (‘hidouchim) auxquelles peut arriver toute personne qui s’y investit de tout son cœur.

Le ‘Hafets ‘Hayim écrit que cet ‘amal est différent de tous les autres : quand une personne s’investit dans l’étude d’une matière profane, dans le fond, c’est le but qui lui importe, celui d’arriver à dominer le sujet étudié, mais cet investissement n’a pas de valeur en soi. Une personne douée, qui comprend instinctivement les données, n’a aucune raison de déployer de tels efforts. En Tora, ce n’est pas le cas : cet ‘amal a une valeur par lui-même, et s’inscrit dans le programme tracé par l’Eternel pour le peuple juif. Du reste, les plus grands Sages de notre peuple, quand bien même connaissaient-ils toute la Tora, continuaient à étudier, car tel est notre devoir.

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C’est sans doute la raison pour laquelle la Tora emploie ici le mot « ‘hoq« , une loi dont le sens n’est pas à notre portée (à l’inverse de « michpat« , une loi que nous pouvons comprendre), parce que l’étendue de l’effort que nous devons déployer n’est pas fonction du but à atteindre, quand à partir du moment où il est atteint, nous pouvons aller nous reposer, mais nous avons l’obligation de sans cesse continuer à nous investir dans la Tora.

 

D’après le livre Ohel Moché, du rav Moché Yossef Scheinerman

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