Contre attaque du rav Chemouel Eliahou : les filles à l’armée

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Il se passe actuellement des choses intéressantes autour de la question de l’enrôlement des jeunes filles à l’armée dans le pays ! La discussion prend un ton très surprenant, et c’est sans doute la première fois que les rabbanim du monde sioniste-religieux prennent position d’une telle manière – en faveur de la conception orthodoxe…

 

Là, c’est donc le rav Chemouel Eliahou, le rav de Tsfat, qui riposte au ministre de la Défense, Avigdor Libermann, connu pour ses positions très laïques (sur lesquelles repose tout son électorat d’origine russe, donc pas ou peu juif) – il vient de se rendre ouvertement le Chabbath à Ashdod pour « renforcer la pratique laïque dans cette ville », contre les limitations du travail le Chabbath… Le ministre de la Défense s’est opposé avec virulence à divers rabbanim qui ont déjà pris position dans le présent débat concernant l’enrôlement des jeunes filles, débat lancé récemment par le rav Aviner, mais dans lequel d’autres rabbanim se sont engagés également, dont le Grand rabbin sefarade du pays, le rav Yits’hak Yossef.

Dans une intervention dans le cadre d’un colloque concernant la juridiction hébraïque, le rav Chemouel Eliahou s’est exprimé dans le sujet en question, en disant : « Il s’agit là d’une guerre », pas moins. « Le général en chef Gady Eisenkott tire trop sur la corde, or quand on fait cela on risque de la faire craquer… »

Voici quelques semaines, le ministre Libermann a interdit au rav Eliahou de participer à toute rencontre dans le cadre de l’armée, à la suite de quoi le rav Eliahou s’en est pris au porte-parole de l’armée, qui, à son avis, a déformé la réalité pour la faire correspondre à ses positions : « Nous avons affaire à une guerre. Dans cette guerre, il est possible de vaincre, et il faut que nous y parvenions. Il faut comprendre que les jeunes filles sont entre nos mains, et pas entre les leurs… »

Autre phrase du rav : « Il y a dans le monde deux pays qui forcent les jeunes filles à faire la guerre : Israël et la Corée du Nord. Sommes-nous obligés d’imiter cet autre pays ? »

Le rav a invité le public présent à téléphoner à tous les politiciens connus pour les convaincre du bienfondé de l’exigence des religieux de respecter la non-mixité dans l’armée, sous peine de voir tout le public pratiquant éviter dorénavant de faire son service !

 

 

 

8 Commentaires

  1. Je ne partage pas cet avis. Aujourd’hui les jeunes filles ont la possibilité de faire un service civil, le chérouth leumi. L’Etat ne force aucune jeune fille à faire l’armée. C est un faux débat comme celui du statu-quo avec l’ouverture des commerces le Chabbath. Les rabbanim ne doivent pas à mon sens s’impliquer de trop dans la vie civile et politique du pays. Avec tout le respect que je leur dois, ils ont déjà assez à faire. La limite ne doit pas être dépassée même si c’est tentant.

    • En voici un avis surprenant ! D’abord, les rabbanim sont tout autant opposés au chérouth leumi, qui n’est pas moins désastreux pour la spiritualité des jeunes filles.
      Puis que signifie cette demande de limitation de leurs inquiétudes ? Ne doivent-ils pas s’intéresser au niveau spirituel des jeunes, et de l’ensemble des membres du peuple juif ? Du respect de la Tora sur la place publique ? Juste le rite et la synagogue ? On n’est plus à l’étranger…

      • Je suis la personne vous ayant répondu. Je vais juste accentuer mon propos. Je me méfie de toute tendance qui vise à enfermer les jeunes hommes ou femmes. A mon sens la force de l’étude et de la pratique juive est le meilleur rempart. Se séparer du reste du peuple en pensant se protéger manifestement ce n’est pas une garantie (vu les cas de dérives que l’on a dans le monde haredi), et surtout cela représente un danger pour le ‘am coulo. Le Judaisme se définit en klal et pas en caste religieux pas religieux, homme, femme, chapeau noir ou kippa tricotée etc…. Les rabanim devraient consacrer plus de temps à proposer des cours sur du texte et non pas prendre des positions de type « clanique » voire politiques, peut-être même dans les bases militaires si c’est faisable, en tout cas éviter de prendre des postures qui séparent les Juifs entre eux et d’autant plus en Erets Israël. Il faut se méfier de la tendance fondamentaliste ou radicale qui se manifeste de plus en plus dans le monde juif pratiquant. Kol touv…

  2. On nous écrit :
    Si ces rabbins veulent réellement préserver les femmes juives, ils devraient plutôt traiter du problème du chantage au get et des agounoth… En dehors de cela, les filles juives ne sont – pour reprendre l’expression – ni dans leurs mains ni dans celles de l’armée, ce sont des grandes filles douées d’intelligence, qui peuvent étudier le kodesh comme les hommes, et rendre à l’Etat un service soit militaire soit leumi… il n’y a pas besoin de les infantiliser puis ensuite leur demander de tout assumer la parnassa, les enfants et souvent l’infertilité lorsque bébé tarde à se manifester… et les jeunes pratiquants peuvent faire l’armée tranquillement et étudier dés qu’ils le peuvent, ça ne tient qu’à eux…
    le Am Israel doit éduquer des jeunes forts, avec un vrai bagage juif d’étude mais aussi de derekh érets qui ne les oblige pas à se cloisonner mais leur permettre de vivre au milieu de tous et de donner l’exemple dans le meilleur des cas.
    Et mieux vaut se garder des comparaisons avec la Corée… le monde orthodoxe juif n’a pas plus réussi à se prémunir que le clergé catho -pour ne citer qu’eux- des incestes, viols et autres attouchements dont quelques rabanim ont fait la une ces dernières années et la séparation hommes/femmes ou la simple morale n’a manifestement pas été un rempart contre cela…

    • Mais qui a-t-il dit à cette personne que ces rabbanim ne se soucient pas de protéger les femmes, de leur faire obtenir un guet et de les libérer des liens du mariage ? Ce n’est pas toujours facile. Du reste, la difficulté ne provient pas de leur côté, mais plus du côté des maris…
      Quelle est la meilleure éducation à donner aux jeunes gens ? C’est une grande question ! L’expérience prouve toutefois qu’une très grande partie des jeunes qui font l’armée en ressortent non religieux. Peut-on accepter cela ? Cela n’est pas évident.
      Le Rambam, le grand aigle de la synagogue, écrit déjà que l’homme est une bête sociale, qui se laissera influencer par les autres… Ce n’est donc pas nouveau, et cette réalité pose un grand problème, en particulier quand il s’agit d’envoyer un jeune pour 3 ans à l’armée, ou une jeune fille dans une telle enceinte.
      Là, ces rabbanim demandent dans le fond une chose assez élémentaire : eux sont d’accord à ce que leurs jeunes se rendent à l’armée, mais au moins que l’on respecte leur identité ! Qu’y a-t-il de difficile pour accepter cela et organiser les choses différemment, au moins là où des jeunes religieux effectuent leur service ? La réponse est : rien, c’est parfaitement possible, mais nous ne le voulons pas !
      Il s’agit donc d’une question de principe, et il est intéressant de constater qu’elle est posée ces temps-ci. Peut-être qu’en effet, il en sortira un meilleur respect mutuel ?

      • Bonjour,
        je suis la personne vous ayant répondu. Je vais juste accentuer mon propos. Je me méfie de toute tendance qui vise à enfermer les jeunes hommes ou femmes. A mon sens la force de l’étude et de la pratique juive est le meilleur rempart. Se séparer du reste du peuple en pensant se protéger manifestement ce n’est pas une garantie (vu les cas de dérives que l’on a dans le monde haredi), et surtout cela représente un danger pour le am coulo. Le judaisme se définit en klal et pas en caste religieux pas religieux, homme, femme, chapeau noir ou kippa tricotée etc…. Les rabanims devraient consacrer plus de temps à proposer des cours sur du texte et non pas prendre des positions de type « clanique » voire politiques, peut etre même dans les bases militaires si c’est faisable, en tout cas éviter de prendre des postures qui séparent les juifs entre eux et d’autant plus en Erets Israel. Il faut se méfier de la tendance fondamentaliste ou radicale qui se manifeste de plus en plus dans le monde juif pratiquant. Kol touv…

  3. Pour la « personne nous ayant répondu », elle ne semble pas connaitre l’extraordinaire travail effectué par les « rabbanim » dans le cadre des innombrables séminaires de ‘Arakhin et autres, ceux dans les villes du pays, dans les Yechivoth pour jeunes et les midrachioth pour jeunes filles, etc, etc. et c’est dommage.
    Il ne fait aucun doute qu’il est au contraire important de fixer les limites et les définitions des groupes, afin que chacun puisse comprendre sa place et les conceptions de son groupe. Le peuple juif a commencé avec 12 tribus, ce qui ne semble pas l’avoir perturbé outre mesure….

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