Le décès du jeune Biniamin Ya’akov Guetta zal de Sarcelles

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Le Chabbath hagadol de cette année, une semaine avant Pessa’h, est décédé à l’hôpital St Louis à Paris le jeune Biniamin Ya’akov Guerra zal de Sarcelles, fils de rav Mordekhaï Guetta (lui-même étudiant la Tora au Collel de la rue Saulnier), petit-fils de rav Enkaoua d’Aix-les-Bains.

Biniamin Ya’akov avait 18 ans à son décès. Il étudiait à la Yechiva ketana du Raincy, chez le rav Tolédano.

Au mois de juillet dernier, des boutons l’ont amené à consulter un dermatologue qui l’a envoyé à l’hôpital St Louis de Paris. Là, les médecins ont diagnostiqué un cancer du sang rare, dont on n’a pas encore trouvé de protocole. La réaction de Biniamin Ya’akov, une fois qu’il a su qu’il allait devoir être hospitalisé : « Mais comment vais-je passer le mois de Eloul sans les seli’hoth ? »…

En fait, la maladie l’a épargné pour encore huit mois. Les divers traitements qui lui ont été attribué n’ont pas eu d’effet, et, malgré un moment où ils semblaient réussir, il a rechuté, puis il est décédé le Chabbath hagadol après avoir grandement souffert. Il a été enterré le lundi suivant, avant Pessa’h, à Yerouchalayim, au cimetière de Guivath Chaoul, à Har haMenou’hoth.

Biniamin Ya’akov était un garçon très discret. Ses parents n’apprirent que par la suite qu’il se réveillait très tôt le matin pour étudier à la lumière de sa lampe de poche sous la couverture… Il ne voulait pas déranger ses camarades de la Yechiva.

Quand son père le laissa une fois à l’hôpital, il fixa avec lui qu’il l’appellerait afin de savoir où il en serait avec le traitement. « Où en es-tu ? » lui demanda-t-il alors. Et son fils de répondre : « Dans Guittin, telle et telle page » d’une manière tout à fait naturelle. C’est LA qu’il était effectivement, et non point à l’hôpital, en pleine chimiothérapie.

A droite, avec ses camarades et son rav

Avant la tefila, où il veillait à arriver le premier, il disait le Pérek Chira, qu’il savait par cœur.

Il y a quelques années, il partit avec un groupe d’élèves au Syoum haMichna à Nice. Le voyage fut long et ils durent prier sans minian, la plupart des enfants n’étant pas encore arrivés à l’âge de la bar-mitsva. Cela le dérangea : « C’est la première fois que cela m’arrive de ne pas prier avec un minian, depuis ma bar-mitsva ! Si j’avais su, je ne serais pas venu ! »

Le Chabbath d’avant son décès, il dût se réveiller tard, mais tint tout de même à se rendre à la synagogue pour min’ha, malgré ses douleurs aux pieds, et malgré la neige qui était tombée. Cela lui prit une demi-heure, au lieu des dix minutes normalement – mais il renait absolument à prier en minian…

Quelques semaines avant son décès, il dit à son père : « Comment est-ce possible de prier correctement en courant, avec kavana ? » Son père fut surpris, c’était une remarque qu’il n’avait jamais faite jusqu’alors. Est-ce comme cela est dit sur Moché rabbénou, qu’un mois avant le décès l’âme sent déjà de quoi est fait l’avenir ?

Il est plus que difficile d’apporter à son grand frère et à ses cinq sœurs, ainsi qu’à ses parents, une consolation pour une telle perte, d’autant plus que les quelques détails que ses parents ont bien voulu nous transmettre semblent bien laisser entrevoir un enfant ayant une grande âme, mais comme nous le disons, c’est du Ciel, et uniquement de là, que la consolation peut venir !

מן השמים תנוחמו !

 

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