Gaza: « L’UNRWA m’a condamné à mort », lance un ancien salarié

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Nidal Wishah, 37 ans, s’est insurgé la semaine dernière à Gaza après avoir été démis de ses fonctions à l’UNRWA, l’agence des Nations Unies dédiée aux réfugiés palestiniens.

« L’UNRWA m’a condamné à mort avec sa décision, mais c’est une mort lente, qui éteint l’espoir et anéantit neuf ans de travail », a déclaré M. Wishah dans un éditorial publié dans le Middle East Eye.

L’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a annoncé mercredi sa décision de licencier plus de 250 employés dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, après les coupes budgétaires drastiques des Etats-Unis à l’organisation internationale.

« Plus tard dans la journée, j’ai essayé de m’immoler. Je sentais que je n’avais pas d’avenir. Autour de moi, des centaines de personnes ont protesté contre les suppressions d’emplois. On m’a dit que certains de mes camarades protestataires se sont évanouis devant le bureau de l’UNRWA », a-t-il confié.

M. Wishah est père de jumeaux de quatre ans avec sa femme qui est tombée enceinte via une fécondation in vitro, et affirme qu’il est endetté par la procédure coûteuse.

« L’UNRWA m’a jeté ainsi que ma famille dans la rue. La rue ne pourra pas nous soutenir », a-t-il déploré.

« Ce qui me choque, c’est que de nombreuses solutions ont été présentées à la direction pour résoudre la crise, comme une suspension de salaire d’un jour pour tout le personnel de l’agence, mais elles n’ont accepté aucune des solutions proposées », a raconté l’ex-salarié.

À la fin de l’article, il fustige le gouvernement gazaouï pour sa participation au « massacre quotidien » des Palestiniens et le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, pour l’augmentation des sanctions imposées à Gaza.

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« Nous n’avons peut-être pas le droit de blâmer les autres », a-t-il conclu.

Le porte-parole de l’UNRWA, Chris Gunness, a affirmé dans un communiqué que 154 employés palestiniens en Cisjordanie et 113 dans la bande de Gaza seraient licenciés, à la suite des réductions américaines qualifiées de « menace existentielle » pour l’agence.

L’organisation fournira des contrats à temps partiel à plus de 500 autres employés à plein temps, a-t-il ajouté.

Amal al-Batsh, vice-présidente du syndicat des employés de l’UNRWA à Gaza, a déclaré que « cette décision allait affecter gravement les employés et leurs familles ».

Il s’agit de la première vague de licenciements depuis l’annonce en janvier par les Etats-Unis de leur décision de n’octroyer que 60 millions de dollars cette année à l’agence, contre 360 millions l’année dernière. Les Etats-Unis contribuaient à eux seuls à 30% des fonds de l’UNRWA.

Etablie en 1949, l’UNRWA apporte son aide à des millions de Palestiniens enregistrés comme réfugiés. Plus de 500.000 enfants étudient dans les écoles de l’UNRWA (54% de son budget va à l’éducation) qui fournit aussi des soins et une aide sociale. Selon l’agence onusienne, quelque 80% de ses quelque deux millions d’habitants sont tributaires d’une aide.

(AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)Palestinian schoolgirls pose for a group picture outside their classrooms at a school belonging to the United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees (UNRWA) in Gaza City on January 22, 2018, during a visit by the UNRWA Commissioner General
(AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)

Les politiques israéliens ont longtemps critiqué l’existence de l’agence, soutenant qu’elle perpétue le conflit israélo-palestinien en offrant le statut de réfugié aux descendants des quatrième et cinquième générations de réfugiés palestiniens.

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Depuis plus de dix ans, la bande de Gaza est contrôlée par le mouvement terroriste islamiste du Hamas.

Depuis la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme la capitale d’Israël début décembre, les responsables de l’Autorité palestinienne ont rompu toute relation avec leurs partenaires américains.

En réponse, le président américain Donald Trump a annoncé fin janvier qu’il allait conditionner le versement aux Palestiniens de « centaines de millions de dollars » d’aide à leur retour à la table des négociations.

Source www.i24news.tv (avec agence)

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