« L’accomplissement authentique du sionisme »

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En souvenir du rav Ya’akov Poultorak zatsal, décédé il y a 9 ans, le roch ’hodech mena’hem-av 5767, extraits d’un de ses enseignements.

« L’Eternel s’adressa à Moché dans les plaines de Moav, près du Yarden, vers Yeri’ho, en disant : « Parle aux enfants d’Israël et dis leur : Quand vous aurez passé le Yarden pour atteindre la terre de Cana’an, vous chasserez devant vous tous les habitants de ce pays, vous anéantirez tous leurs symboles, toutes leurs idoles en métal vous les annihilerez et vous ruinerez tous leurs hauts-lieux. Vous conquérrez le pays et vous vous y établirez, car c’est à vous que Je donne le pays pour en prendre possession » (Bamidbar 33, 50-53).

Vous êtes des voleurs !

Le premier Rachi sur la Tora enseigne au nom du Midrach (Yalkout Chemoth 12, 2) :

« Le texte aurait dû commencer par le verset : « Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois », un ordre qui fut la première mitsva qu’Israël recevait en tant que peuple. Pour quelle raison alors la Tora commence-t-elle par le récit de l’œuvre de la Création (Beréchith) ? C’est parce qu’il est dit : « Hachem a dévoilé la puissance de Ses œuvres à Son peuple afin de vous donner l’héritage des nations  » (Tehilim 111, 6) car lorsque les nations du monde diront à Israël : « Vous êtes des voleurs, car vous avez conquis par la violence les terres des sept nations de Cana’an », le peuple juif répondra : « Toute la terre appartient au Saint béni soit-Il ; Il l’a créée et l’a donnée à qui est droit à ses yeux. Par sa volonté Il la leur a donnée et par Sa volonté Il leur a reprise et nous l’a donnée » » (Beréchit 1,1).

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Rapprochant l’expression lakhem dans le verset « Voici le pays qui vous tombera en héritage – Zot haerets acher tipol lakhem bena’hala » (Bamidbar 34, 2), de celle utilisée dans Tehilim (111, 6), un second Midrach en retire un autre enseignement. Il apporte le psaume « Hachem a dévoilé la puissance de Ses œuvres à Son peuple afin de vous donner l’héritage des nations – Koa’h maassav higuid le’amo lateth lakhem na’halat goyim » puis le commente :

« Le Saint béni soit-Il a déclaré à Israël : « Aurais-je pu créer une autre terre de convoitise (érets ’hemda) que celle-là ? [Sous-entendu : que celle qu’il vous faut conquérir par l’expulsion de ses habitants]. Car voilà, [Je ne l’ai fait que] pour vous (lakhem) montrer Ma puissance (ko’hi) ; Je vous fais hériter de vos ennemis devant vous, et vous donne leur terre, afin d’accomplir ce qui a été dit : « Hachem a dévoilé la puissance de Ses œuvres à Son peuple afin de vous donner l’héritage des nations » » (Tan’houma).

Conclusion : la possession du pays d’Israël est nécessairement liée au dévoilement de la puissance divine, et la conquête militaire d’Erets Israël doit donc forcément passer par le registre surnaturel des miracles…

« Lorsque Yehochou’a combat pour la possession de la terre, il accomplit la volonté de Hachem, Créateur du monde, Qui décide souverainement qui doit en être le propriétaire. Il ne cherche pas une terre pour y instaurer une royauté dans le seul but de fonder l’unité nationale d’un peuple. Il réalise le royaume divin. Ainsi, la conquête de Yehochou’a est, avant tout, un acte religieux. L’idée de sa force et de sa puissance est totalement absente de son esprit et de l’esprit de tous ses soldats, puisque c’est Hachem qui conduit la guerre, Son arche en tête des troupes ! » (« L’accomplissement authentique du sionisme », extraits d’un enseignement de rav Poultorak zatsal)

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L’expression de « terre sainte » est une valeur ajoutée que seule la émouna a la force de conférer à Erets Israël

C’est même de cette manière, par la force de la émouna, et seulement ainsi, que la terre d’Israël obtient sa kedoucha, cette valeur ajoutée que représente l’idée d’une « terre sainte ».

Aux yeux des nations pourtant, il est légitime de nous désigner comme des « voleurs », dès lors que notre prétention à une propriété d’ordre divin sur la terre d’Israël ne se vit pas concrètement dans la émouna,  qui est seule capable de faire apparaître sa dimension métaphysique. Puisque c’est en quelque sorte usurper un droit…

« L’objection des peuples à la présence d’Israël sur sa terre, n’est donc pas un refus des règles du jeu de la conquête, qui somme toute appartiennent aux « lois de la nature ». Elle répond plutôt à la prétention que l’appropriation de la terre d’Israël par le peuple juif puisse avoir un caractère définitif et irréversible. Ce qui dérange, ce n’est pas que les Juifs occupent Erets Israël, mais bien qu’ils prétendent la détenir par la raison d’un droit divin, et qu’à ce titre la terre désormais « sainte » leur soit devenue inaliénable. Car, une fois que cette dimension métaphysique s’ajoute au principe du droit de la terre, ce sont les règles de la conquête elles-mêmes qui sont remises en cause (…) » (Idem).

Y.I.RUCK

 

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