Le rabbi de Kalov : Le double pouvoir du langage

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« Et tous les enfants d’Israël qui étaient autour d’eux s’enfuirent à leurs cris » (Bamidbar 16,34).

Il y a des centaines d’années, avant l’acceptation généralisée de la théorie des microbes, les scientifiques laïcs débattaient des causes des infections contagieuses, incapables d’expliquer comment les infections se transmettaient d’une personne à une autre.

Or, nos Sages connaissaient déjà la réponse à ce dilemme, sachant que nos traditions reposent sur la fondation solide de la Révélation divine. Il est écrit dans le Talmud (Berakhoth 6a) et le Midrach (Tan’houma, Michpatim 19), que de petites créatures, invisibles à l’œil nu, existent dans l’atmosphère. On les nomme rou’hoth ra’oth (des mauvais esprits ou des mauvais vents) et des mazikim (« endommageurs»), qui peuvent nuire aux êtres humains et à d’autres créatures vivantes. Le roi David les évoque dans un Psaume (91,7) : « Qu’à tes côtés il en tombe mille » : Hachem met en échec le pouvoir des mazikim qui entourent l’homme, et Il les empêche de leur causer du tort.

Dans cette même veine, rabbénou ‘Haïm Vital a écrit dans son volume Cha’ar Hakavanoth, au nom de son maître, l’illustre Ari zal, que si quelqu’un est touché par une maladie contagieuse au moment d’une épidémie, des mazikim dangereux l’entourent sur plusieurs coudées tout autour, et toute personne qui entre dans cette zone risque d’être contaminée par ces mazikim. De ce fait, il convient de respecter les règles de distanciation sociale, en nous écartant de plusieurs coudées d’une personne infectée.

Au fil des générations, de nombreux scientifiques laïcs se sont moqués de ces enseignements de nos maîtres, au point qu’ils ont renié la possibilité de créatures si petites au point d’être invisibles à l’œil nu, et même lorsqu’on commença à découvrir leur existence, de nombreuses personnes mirent en doute la possibilité qu’elles soient la cause de maladies.

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L’illustre ‘Hafets ‘Haïm zatsal a fait remarquer qu’à son époque où le téléphone a été inventé, cette invention a été accordée par D’ en raison de l’état spirituel affaibli de sa génération, du fait que chaque génération baisse de niveau spirituel par rapport à la précédente. À son époque, le peuple cessa de croire au pouvoir de la prière qui peut atteindre les Cieux. De ce fait, on leur montra du Ciel la possibilité pour une voix de se faire entendre de loin. Il explique que toutes les nouvelles technologies inventées au fil du temps renferment une leçon divine pour renforcer notre foi dans la Providence divine et les enseignements de nos Sages.

De la même manière, ces deux cents dernières années, grâce à l’avancée du microscope qui nous permet de voir de très petits objets, les scientifiques ont commencé à voir clairement des millions de bactéries et de virus présents dans l’air, qui peuvent provoquer maladies et épidémies.

Le Malbim, disciple en Kabbale de mon vénéré ancêtre, rabbi Tsvi Hirsch de Ziditchov, explique dans ses remarques sur le Talmud (Chabbath 109a) que les microbes que les scientifiques commençaient à découvrir à son époque avec des microscopes, étaient des corps dans lesquels se drapaient les âmes des démons mentionnés par nos Sages.

De même, rabbi Chemouël de Sokotchov, dans son célèbre Chem Michemouël (parachath Vayéra), écrit que les maladies se propagent par les ko’hoth hatouma (forces de l’impureté) qui se drapent dans des créatures visibles désormais à l’aide de microscopes. Dans la même veine, rabbi ‘Hanokh de Sassov écrit (Responsa Mefanéa’h Né’élamim 9) que la découverte des médecins de ces dernières générations qui a révélé que des mazikim microscopiques deviennent contagieux lors d’une épidémie, est un fait connu depuis les temps anciens dans notre sainte Tora.

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À la lumière de ces éléments, il nous incombe de chercher une méthode pour vaincre ces forces démoniaques afin de les empêcher de causer du tort autour d’eux. Nous devons explorer les enseignements des Écritures et les propos de nos Sages afin de trouver une véritable méthode de prévention provenant directement du Créateur.

Nous en trouvons une allusion dans les Psaumes (149,6) : « Des hymnes louangeurs de D’ sur les lèvres, une épée à deux tranchants dans leur main.» Nos Sages (Berakhoth 5a et Midrach Michlé 2,12) expliquent que lorsque les Juifs énoncent des propos de Tora, de prière et lisent le Chema’, l’immense énergie sacrée qui émane de ces propos se répand dans l’atmosphère et tue les êtres malfaisants tout autour. Des Juifs engagés en prière sont comparables à des soldats en bataille, qui tiennent une épée à double-tranchant, avec des lames des deux côtés, une arme plus rapide pour tuer l’ennemi des deux côtés.

D’un autre côté, le Zohar répète souvent que l’énergie d’impureté des mauvais esprits répandue dans le monde par des propos interdits pollue l’atmosphère. Le Séfer Chévet Moussar (fin du chapitre 11) explique ceci en détail : les mots ont le pouvoir de tuer ou de guérir, car le souffle de termes immoraux ou de termes vides de contenu entraîne la mort, tandis que le souffle de propos de Tora et d’éthique juive purifie l’air et est porteur de vie.

Nous vivons une époque d’affaiblissement dans la croyance du pouvoir immense de la parole, compte tenu du fait que les hommes ne croient pas à ce qui est invisible à l’œil, et se rangent à l’avis de la pensée laïque estimant que les paroles n’entrent pas en ligne de compte, du fait qu’elles n’ont pas de nature matérielle (bien que les scientifiques reconnaissent la nature matérielle du langage !). Ce manque de foi conduit également les hommes à être souples sur l’usage de termes interdits, comme nous le constatons ces dernières années où il n’est plus honteux d’avoir recours à des mensonges ou à du langage vulgaire, même en public.

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À cette époque de l’histoire où nous voyons clairement l’immense destruction advenue par des forces invisibles, nous devons combattre ce phénomène en accroissant les propos de Tora et de prière, ainsi que le souffle des enfants étudiant la Tora. En effet, chaque mot sacré purifie immensément l’atmosphère, à l’instar d’un peu de lumière qui chasse beaucoup d’obscurité. Nous pourrons ainsi détruire et déraciner totalement les mazikim de l’épidémie autour de nous et dans le monde entier.

Nous pouvons dans cette perspective expliquer notre Paracha de Kora’h. Hachem prescrivit au peuple : « Séparez-vous de la communauté » : Rabbénou Be’hayé explique que cet ordre était destiné à éviter que l’atmosphère perverse de ce fléau ne les affecte ; en effet, lorsqu’on se trouve parmi des personnes infectées qui meurent d’un fléau, il est possible de se faire contaminer par ces forces démoniaques porteuses de mort.

De ce fait, dès que les enfants d’Israël perçurent le danger, il est immédiatement écrit : « Et tous les Israélites qui étaient autour d’eux s’enfuirent à leurs cris » : ils accoururent pour amplifier la voix de la Tora et de la prière, qui est « la voix, la voix de Ya’akov » afin d’échapper à l’épidémie par des propos sacrés, et devenir dignes de vivre une longue vie de bienfaits.

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