Le rabbi de Kalov, par. Vayichla’h : accroître l’union en temps de guerre

0
48
Tug war, two businessman pulling a rope in opposite directions isolated on gray background

«Les messagers revinrent près de Yaakov, en disant : « Nous sommes allés trouver ton frère ‘Essav ; lui-même vient à ta rencontre et quatre cents hommes l’accompagnent. » Yaakov fut fort effrayé. » (Beréchith 32,7-8).

En cas de controverse au sein du peuple juif, la sanction est mesure pour mesure : on donne l’autorisation du Ciel, aux ennemis des Juifs, de se battre contre le peuple d’Israël, comme nous le voyons dans la paracha de Bechala’h (Chemoth 17,7-8) : dès qu’il y eut une dispute au sein du peuple juif, la guerre contre ‘Amalek s’ensuivit.

C’est également le cas dans un contexte ordinaire : dans une ambiance de controverse, les ennemis des Juifs s’efforcent d’exploiter cette occasion pour les agresser, car ils savent que la controverse les affaiblit de l’intérieur, et comme ils sont anxieux, ils baissent la garde et négligent d’autres domaines.

À ce sujet, on raconte qu’on invita un jour le rav Yossef Bèr de Brisk zatsal (le Beth haLévy) dans une certaine localité, dans le but de régler un différend important qui divisait les Juifs lors des élections au rabbinat. Le rav remarqua qu’en se consacrant à cette controverse, d’autres besoins des habitants de la ville étaient négligés. Il leur expliqua : « Il est écrit dans la paracha de Be’aalotekha que lorsque le peuple d’Israël se plaignit auprès de Moché Rabbénou en leur réclamant de la viande, D’ demanda à Moché de rassembler soixante anciens. Quel est le rapport ? Lorsqu’ils devront s’occuper de la nomination de soixante-dix anciens, ils oublieront leurs besoins.

Nous observons ce phénomène à propos de la destruction du Temple, comme le décrit longuement Flavius Joseph : la destruction de Jérusalem a été causée par la jalousie. Yo’hanan Hagalili et Chimon Haparits étaient jaloux l’un de l’autre, chacun voulant s’attribuer le pouvoir, et ils menèrent de grandes guerres qui détruisirent Jérusalem de l’intérieur. L’empereur Vespasien déclara qu’il ne fallait pas s’empresser de déclarer la guerre contre Jérusalem, tant que ses habitants s’entredéchiraient et s’entretuaient. C’est ainsi que Vespasien commença le siège de la ville qui dura trois ans et demi (Midrach Ekha Rabba) : les Bené Israël menaient des luttes internes au point qu’ils s’affaiblirent et les Romains réussirent à entrer dans la ville et à détruire le Beth Hamikdach.

Nous pouvons également en déduire le principe inverse : lorsque l’union règne entre les hommes, cela constitue une protection contre les ennemis. La faculté de l’union ne tient pas uniquement à la faculté solide de ceux qui sont unis, mais il y a ici une faculté de segoula : le mérite de l’union les protège afin qu’on ne puisse pas les accuser dans le Ciel, comme l’affirment nos Sages dans le Midrach Tan’houma : « Lorsqu’Israël forme un seul groupe, même s’ils se livrent au culte des idoles, ils ne sont pas sujets à la Midath Hadin (attribut de rigueur) et aucune nation ne peut exercer leur domination sur eux. »

De même, à propos de la génération de la tour de Bavel, on relate que Hachem Lui-même, pour ainsi dire, fut contraint de descendre sur terre et d’introduire la confusion des langues et les conduire à la controverse puis les punir, car tant qu’ils étaient unis, aucun agent nuisible ne pouvait les affecter.

Nos Maîtres (Yerouchalmi) affirment qu’à l’époque du roi David, la Tora était très présente et malgré tout, ils perdirent les guerres, tandis qu’à l’époque de A’hav, où tout le monde était mécréant et l’étude de la Tora était inexistante, ils réussirent à triompher dans leurs combats, car ils ne pratiquaient pas la médisance et la division.

Nous mériterons, par la faculté de l’union, d’être délivrés de l’exil, même lorsque nous ne sommes pas méritants par nos actions, comme l’indique notre maître, rabbi Elimélekh de Lizensk : lorsque les hommes qui craignent D’ s’éveillèrent à la parole de Hachem en rassemblant les Bené Israël en un groupe en établissant la paix entre eux, de là naîtra la Gueoula, par la venue d’Eliyahou qui nous transmettra de bonnes nouvelles. Il affirme que nous en avons une allusion dans le verset (Yechayahou 52,7) : « Qu’ils sont gracieux sur les montagnes les pieds du messager qui annonce la paix, du messager de bonnes nouvelles, qui annonce la délivrance » : au départ, on entendra des voix de paix, et par ce mérite, on aura le privilège d’entendre ensuite l’annonce de la délivrance.

La faculté de l’union est si grande qu’elle profite également aux nations du monde. Lorsque l’union et la paix règnent parmi les ennemis d’Israël, il existe un danger pour les Bené Israël, comme l’indique l’auteur du Chem Michemouël : nous en avons une mention avant l’ouverture de la Mer des joncs dans la paracha de Bechala’h (Chemoth 14,10) : « Les enfants d’Israël levèrent les yeux et voici que l’Égyptien était à leur poursuite » et Rachi écrit qu’un langage au singulier est employé : « L’Égyptien était à leur poursuite », car tous les Égyptiens les poursuivirent comme un seul homme d’un seul cœur, et de ce fait, la suite du verset : « Remplis d’effroi », car par leur force d’union, ils pouvaient les vaincre, et de ce fait : « Les Bené Israël jetèrent des cris vers Hachem » en adressant une prière particulière afin qu’Il les délivre de leur souffrance.

Dans cette perspective, nous pouvons interpréter le verset de notre Paracha : « Les messagers revinrent près de Ya’akov, en disant : « Nous sommes allés trouver ton frère Éssav ; lui-même vient à ta rencontre et quatre cent hommes l’accompagnent » : les anges racontèrent à Ya’akov Avinou que tous les partisans d’Essav étaient unis avec lui, d’un seul cœur, comme il est dit « un homme » et non « des hommes », et de ce fait : « Ya’akov fut fort effrayé et plein d’anxiété » : il craignit que par la force de leur union, il ne puisse les vaincre, car ils mériteraient une protection du Ciel.

C’est pourquoi : « Il divisa» entre « le peuple » : le camp du petit peuple qui vivait dans la discorde, et «ses hommes» : le camp qui vivait avec lui dans l’union, car si Essav voulait porter atteinte à sa faculté d’union dans le camp de ceux divisés par la controverse, au moins les autres n’en seraient pas affectés.

Nous apprenons de là combien il faut déployer d’efforts pour multiplier les efforts de paix et d’union au sein du peuple juif, ce qui nous offre une protection du Ciel et nous apporte la Gueoula.

Chavoua tov !

Aucun commentaire

Laisser un commentaire