Ohio : interpellé pour avoir menacé de commettre une fusillade antisémite

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James Reardon Jr, un jeune homme de 20 ans, a été arrêté vendredi dans l’Ohio. Il est accusé d’avoir menacé de commettre une fusillade dans un centre communautaire juif.

Sur son «mugshot», James Reardon Jr apparaît en tenue orange de détenu… et souriant. Ce jeune homme de 20 ans a été interpellé chez lui vendredi à New Middletown, dans l’Ohio. Il est accusé d’avoir menacé un centre communautaire juif de cette ville d’un peu plus de 1500 habitants. Poursuivi pour «menaces aggravées» et «harcèlement», il a été incarcéré en attendant de comparaître devant le tribunal ce lundi et sa caution a été fixée à 250 000 dollars. Tout a commencé par le signalement d’une vidéo publiée le 11 juillet par James Reardon, qui avait pour légende : «La police a identifié le tireur du Centre familial juif de Youngstown : il s’agit du nationaliste blanc Seamus O’Rearedon», une variante irlandaise de son nom. Sur la vidéo, on voyait le suspect armé en train de tirer et l’on pouvait entendre des cris et des sirènes. «Cela a lancé une enquête intense, une enquête qui avançait vite», a déclaré Vincent D’Egidio, le chef de la police de New Middletown, à WKBN-TV. Une nouvelle publication du jeune homme, vendredi, a permis aux officiers d’obtenir un mandat de perquisition, qui a mené à son arrestation.

James Reardon Jr se revendique comme étant un «nationaliste blanc» ayant vraisemblablement pour but d’attaquer un centre communautaire juif de Youngstown, à une centaine de kilomètres de Pittsburgh, où 11 fidèles ont été tués dans l’attaque d’une synagogue, en octobre dernier. «Avec tous les crimes haineux et autres, nous voulions nous assurer d’agir pour que cette personne soit tenue loin de nos rues très vite», a assuré le chef de la police. «Le résultat positif ici est un exemple clair de l’importance de la surveillance des réseaux sociaux pour identifier des menaces crédibles et haineuses avant qu’elles ne soient réalisées», a déclaré Andy Likin, le vice-président de la Youngstown Area Jewis Federation, annonçant que des mesures de sécurité additionnelles seraient prises rapidement.

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Présent à la manifestation d’extrême droite à Charlottesville

Les officiers ont trouvé plusieurs armes et munitions chez le jeune homme, qui avait participé au rassemblement extrémiste de Charlottesville, en Virginie, en août 2017. «Je veux une terre pour les blancs, et je pense que chaque race devrait avoir une terre pour sa race», avait-il déclaré dans un documentaire diffusé par National Geographic. «Nous avons besoin d’un lieu qui pourrait être une terre pour les blancs ou nous serons bientôt dépassés», avait-il ajouté, niant être néo-nazi.

La manifestation à laquelle de nombreuses organisations ouvertement racistes avaient participé avait provoqué une vive polémique aux Etats-Unis, que le président Trump n’avait pas apaisée, renvoyant dos à dos néo-nazis et antifascistes, estimant qu’il y avait des torts «des deux côtés». Une jeune femme de 32 ans y avait trouvé la mort, écrasée par un suprémaciste qui avait foncé en voiture en direction des contre-manifestants.

Parmi ses armes, un pistolet utilisé par les nazis

Un journaliste du «Vindicator», un journal local de l’Ohio, s’est souvenu de sa première rencontre avec James Reardon Jr. Elle date de 2015 : alors étudiant, le reporter était venu couvrir le déplacement de Donald Trump, candidat à l’élection présidentielle. Le suspect, qui était adolescent, était venu à la rencontre du milliardaire. «Il parlait très bien pour un gamin de son âge et nous a donné une réponse assez classique pour les raisons de son soutien : Trump s’attaquait à l’élite, il était neuf, il serait bon pour les affaires et donc l’économie. Il n’a pas parlé d’Etat ethnique ou de tirer sur des centres communautaires juifs. Quand Trump a fini par arriver, Reardon a rejoint les milliers d’autres partisans pour lui montrer un soutien gênant qui conférait à l’adoration», a écrit Graig Graziosi. Leur deuxième rencontre avait eu lieu en 2017, lors d’un nouveau déplacement de Donald Trump devenu président, et le jeune homme portait cette fois le drapeau d’Identity Evropa, une organisation nationaliste blanche. Mais il ne soutenait plus le républicain et s’était radicalisé, trouvant le locataire de la Maison-Blanche «pas assez nationaliste».

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«J’ai été déboussolé parce que Reardon avait complètement changé. Le gamin geek fan d’anime avec qui j’avais parlé avait grandi et sa coupe de cheveux était la préférée de l’alt-right car portée par le populaire néo-nazi Richard Spencer», se souvient Graig Graziosi, évoquant une coupe rasée sur les côtés. James Reardon s’était vanté auprès de lui d’avoir acheté un MP-40, une des armes utilisées par les Nazis -que l’on peut voir sur les images diffusées par la police après son arrestation. «Reardon m’a simplement dit qu’il aimait bien le pistolet, mais nous savions tous les deux pourquoi il l’avait choisi», poursuit le reporter. Après sa participation au rassemblement extrémiste de Charlottesville, il s’était déclaré en faveur d’un «Etat ethnique blanc» et portait l’étendard d’Identity Evropa. Le «Vindicator» avait alors décidé de ne pas publier cette nouvelle interview, pour «ne pas donner un écho de plus à ses idées qui s’étalaient déjà dans la presse nationale».

Source www.parismatch.com

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