«On ne pourra pas combattre la violence terroriste en ignorant la progression de l’islamisme»

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FIGAROVOX/TRIBUNE – L’attaque contre des policiers à la préfécture de Paris jeudi 3 octobre a été le résultat d’un «dysfonctionnement de l’État» a reconnu le ministre de l’Intérieur. L’essayiste Céline Pina dénonce des pratiques électoralistes qui empêchent de prendre des mesures concrètes pour combattre l’islamisme.

Par Céline Pina
Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner.
Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner. ERIC FEFERBERG/AFP

Ancienne élue locale, Céline Pina est essayiste et militante. Elle est la fondatrice de «Viv(r)e la République», mouvement citoyen laïque et républicain appelant à lutter contre tous les totalitarismes et pour la promotion des valeurs républicaines. Elle est l’auteur de Silence coupable (Kero, 2016).


Disons-le d’emblée, la démission de Christophe Castaner aurait été la bienvenue dès vendredi dans un État bien tenu avec un personnel politique au niveau.

Disons-le aussi, sur le fond cela n’aurait rien changé car la vraie question qui se pose est de savoir si le pouvoir a pris conscience que notre vulnérabilité vient de son refus de regarder la situation en face, mais cela aurait aurait eu le mérite d’affirmer que la gravité de la situation a été comprise.

Nous avons la réponse. Jamais le déni et le refus de réalité n’ont été aussi hauts. Nous avons sur notre sol des islamistes (salafistes et Frères musulmans) qui prônent un islam politique morbide et violent et travaillent avec succès à radicaliser une population. Leur influence se traduit par ces assassinats de proximité, des passages à l’acte terroristes mais aussi le séparatisme qu’ils installent en exhibant des signes rejetant l’égalité femmes-hommes, en refusant de partager la nourriture de ceux qu’ils considèrent comme des kouffars ou de respecter la loi républicaine. Sur certains territoires d’ailleurs, les habitants peuvent se sentir étrangers dans leur propre pays. C’est une réalité mais elle est plus que refusée par ceux qui nous gouvernent: ils la rejettent. Et la part d’impuissance dans leur refus de voir est manifeste.

C’est ce que symbolise le maintien de Christophe Castaner: le refus de la réalité. La conséquence: jamais nous n’avons été plus en danger, jamais les policiers n’auront autant été méprisés par leur ministre.

Celui-ci déclare en effet que si la radicalisation de l’assassin de la préfecture était restée en dessous des radars, c’est parce que ses collègues l’avaient protégé. Entre-temps nous aurons appris que venu signaler la radicalisation de leur collègue, il leur avait été demandé de tout mettre par écrit. Ce qui en langage administratif signifie que votre correspondant vous laisse toute la responsabilité du signalement et sortira votre courrier pour se couvrir si cela tourne mal. Et avec un employé noir et handicapé, le risque de se faire clouer au pilori du politiquement correct était plus qu’important.

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Vouloir combattre la violence tout en ignorant la progression de l’islam politique, tout cela empêche qu’une lutte efficace puisse être menée.

Choisissons néanmoins de croire le ministre, qui au passage n’a pas honte de faire porter le chapeau à une partie de ses troupes, et étudions cette hypothèse. Dans ce cas, le ministre oublie juste que le poisson pourrit par la tête et que si tout le monde est embarrassé face à la radicalisation, c’est parce que l’État n’a pas de doctrine en la matière et est particulièrement ambigu quand il n’est pas le premier à protéger des islamistes en communiquant sur la défense des musulmans.

Si les signalements ne remontent pas, c’est souvent que l’on a une meilleure carrière en tant que responsable quand on joue à «pas de vague», plutôt qu’en affrontant les tensions. Mais surtout, c’est en premier lieu parce que notre État n’a même pas défini la «radicalisation». Dans les rapports disponibles sur le Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation, rien n’est jamais nommé. On ne dit pas quelle idéologie politico-religieuse nous attaque, le mot même de religion est quasiment absent. Ce refus de dire ce qui est à combattre ne permet pas que les signalements remontent. Cela ne permet pas d’identifier les signaux faibles ni d’élaborer une doctrine de repérage et d’action. Pire même, les soupçons «d’islamophobie» et le renvoi à l’extrême droite des républicains lucides ont délégitimé les alertes. Un signalement peut très vite se retourner en mise en accusation de celui qui le fait. Pire encore, pour avoir rédigé nombre de tracts électoraux et dû gérer les magnifiques idées d’élus qui n’ont que 3 propositions mais veulent en afficher 15, je sais quels termes sont utilisés quand le politique et l’administration n’ont ni doctrine, ni piste d’action, ni moyens et s’abritent derrière un langage orwellien pour enfumer les Français. Dans les rapports de ce comité, on utilise à foison le terme «sensibiliser», «développer», «amplifier», «renforcer» «diffuser», «faire évoluer», bref tout ce qui permet de recycler des dispositifs existants qui ont rarement donné de quelconques résultats. Le seul objectif est ici de faire croire que le problème est pris en charge et de communiquer à coups de chiffres, mais derrière il y a peu de concret. Ces rapports ne sont parfois que des façades Potemkine. Ainsi, à la lecture des 60 mesures du rapport «Prévenir pour protéger» explicitant le nouveau plan national de prévention et de la radicalisation élaboré en 2018, on se rend compte que le but est d’afficher 60 mesures, pas de se soucier de leur réelle pertinence face aux situations concrètes.

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Rappelons aussi sous François Hollande le gag de la déradicalisation confiée à une Dounia Bouzar, proche des Frères musulmans, donc d’une branche des islamistes. Et Castaner s’étonne que les services ne soient pas plus réactifs ? Le pire est que ce qui a fait tomber cette femme, ce n’est pas sa proximité avec les islamistes mais sa gourmandise financière et son absence de résultats… Autre facteur qui empêche les remontées: l’ambiguïté du gouvernement, qui par ailleurs laisse les islamistes pousser leurs pions au sein de l’Islam de France sans réagir quand les spécialistes du sujet s’étranglent, et se tait quand la Ligue islamique mondiale vient faire son show. Le Président et le Premier ministre étaient prévus à l’inauguration d’une conférence de réhabilitation de cet organisme saoudien qui diffuse un islam violent et archaïque, jusqu’à ce que l’indignation des réseaux sociaux les en dissuade. Pointer du doigt le djihadisme, tout en entretenant des liens avec les islamistes ; vouloir combattre la violence tout en ignorant sur les territoires la progression de l’islam politique, tout cela empêche qu’une lutte efficace puisse être menée. Tout cela est de la responsabilité des élus.

Un calcul cynique est depuis quelques années à l’œuvre dans tous les partis pour caresser un pseudo-vote musulman qui revient à investir sur les islamistes.

La faute du gouvernement est ici particulièrement criante et révèle à quel point ce pouvoir est à la fois faible et méprisant. La psychologie adolescente veut qu’on fasse passer le personnel avant l’essentiel. Une fois de plus nous y sommes. Le président Macron n’aime pas qu’on lui force la main. Pour montrer qu’il reste le chef, il maintient Christophe Castaner. Une fois de plus, une fois encore, une fois de trop l’orgueil prime sur le devoir. Un peu comme si les erreurs et les manquements de son entourage le rassuraient sur sa supériorité, la nullité d’un ministre devient aujourd’hui un moyen de se maintenir en poste. Cela n’aide pas à cultiver le sens des responsabilités.

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D’autant que l’affront que constitue une telle décision est aggravé encore par la vacuité des propositions faites. Face à un échec aussi sanglant, pas de prise de conscience, juste la promesse de «plus de contrôle». Mais comment ? Par qui ? Et pour quoi faire ? Qui contrôle et au nom de quoi alors que le terme «radicalisation» n’est jamais défini ou uniquement en creux. Rappelons qu’aujourd’hui il y aurait semble-t-il une quinzaine de personnes suivies pour radicalisation à la Préfecture de police. On salue leurs collègues de travail au passage. Mais concrètement, que veut dire «suivi»? Comment des personnes adhérant à une entreprise de déstabilisation de l’État sont-elles encore présentes au sein des forces de l’ordre? Pourquoi ne pas mettre en place les moyens permettant de révoquer de la fonction publique des personnes qui contestent les fondamentaux du contrat social que celle-ci est chargée de traduire en acte? Au nom de la sûreté nationale, ces personnels ne peuvent travailler à notre sécurité alors qu’ils nous considèrent comme sous-humains… Il est plus que temps que l’État regarde en face ces questions.

Ce qui s’est passé à la préfecture de police nous a montré à quel point nous étions vulnérables. Maintenir en place Christophe Castaner montre que notre Président a choisi de continuer à nous exposer et donc à nous sacrifier à sa vision électoraliste. En effet, un calcul cynique est depuis quelques années à l’œuvre dans tous les partis pour caresser un pseudo-vote musulman qui revient à investir sur les islamistes. Ainsi, plus les Français de confession musulmane seront abandonnés aux mains des islamistes, plus cet électorat fonctionnera de manière communautaire et votera massivement en faveur des candidats désignés par ses chefs et ses imams. Après plus de 250 morts sur notre sol lié au terrorisme islamiste et une société qui commence à vaciller sous le coup des revendications de l’islam politique et de ses laquais, cet électoralisme creuse notre tombe. En attendant, «tout va très bien Madame la marquise… on déplore un tout petit rien.»

Source www.lefigaro.fr

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