Parachath Chemini

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AUTOUR DE LA TABLE DU SHABBAT, par le rav David Gold

Notre paracha traite vers sa fin des lois alimentaires. Il est écrit : » Et vous n’impurifierez pas vos âmes, etc… » Le Talmud dans Yoma35 apprend de là quelque chose de très intéressant. Cela se fait à partir d’un « jeu de mots » que seuls les Sages du Talmud peuvent se permettre. Le mot impurifier « NitmAtem » est très proche du mot « NitAmtem » qui veut dire obstruer. De là apprend la Guemara que l’impureté qui existe dans les aliments interdits a la faculté d’obstruer la spiritualité de l’homme ! Comme l’explique Rachi, le cœur de l’homme deviendra fermé à toute possibilité de comprendre la Tora ! C’est un grand ‘hidouch/nouveauté, car d’une manière générale dans la sagesse et les sciences de ce monde, il n’existe pas de condition préalable tel que d’avoir un certain régime alimentaire, afin d’étudier. On n’a jamais vu non plus des grands chercheurs de la NASA en Amérique faire attention à ce qui est servi dans les restaurants de cette institution entre midi et deux ! Seulement, lehavdil, en ce qui concerne notre sainte Toran il en va différemment ! Les Sages viennent nous révéler ce grand secret : pour avoir accès à la Tora et à l’étude du Talmud, il faut au préalable faire BIEN attention à ce que l’on fait rentrer dans notre bouche ! Dans le même domaine, le Rama tranche dans les halachoth de cacherouth (Yoré Déa 81,7) que le lait maternel d’une mère juive ainsi que d’une non-juive sont permis. Seulement il rajoute qu’il est préférable de donner pour l’allaitement de son fils une femme de la communauté plutôt qu’une femme non-juive ! Car le fait de le faire allaiter par une non-juive fera que dans le futur, le cœur de l’enfant se fermera à tous ce qui touche aux choses saintes, du fait qu’elle mange toutes sortes de nourritures qui nous sont interdites ! D’autre part, même s’il s’agit d’une femme de la communauté, il faudra qu’elle fasse attention à manger des choses cachères, car le nourrisson absorbe toute la nourriture de la mère et là encore cela pourrait entrainer plus tard des difficultés dans l’étude de la Tora! (Les commentateurs expliquent ce point avec insistance, car il existe des cas où la mère qui est malade doit manger des choses interdites pour se renforcer, tandis que dans le même temps elle allaite son enfant. Le Rama vient préciser que dans ces conditions, elle devra confier son enfant à une autre personne tout le temps où elle mangera des choses non cachères !).

La base de cette loi est en fait la fameuse Guemara (Sota) sur Moché notre maître. Moché, qui, encore tout nourrisson refuse de téter les mères nourricières que Pharaon lui présente… Jusqu’à ce que Pharaon lui propose une femme juive, qui est sa propre mère, Yochéved ! Et la Guemara d’ajouter : « La bouche qui recevra la Tora au mont Sinaï ne sera allaitée que par du lait pur ! » D’autre part, les commentateurs (Ramban 11,13 et autres) expliquent que la nourriture qu’un homme absorbe à la faculté de faire naître chez lui les mêmes traits de caractères que possède l’animal ! C’est-à-dire que d’une manière générale, les animaux interdits par la Tora sont des prédateurs et entraînent chez ceux qui les mangent des dispositions de cruauté identiques à ces bêtes ! D’après cela, on peut comprendre qu’un des signes qui particularise le Clall Israël, c’est d’être miséricordieux. Peut-être est-ce dû en partie au fait qu’on fasse attention à tout ce qui rentre dans notre bouche et notre corps ? On finira par les conseils que donnait le rav Cha’h zatsal aux organismes qui s’occupent de faire revenir les Juifs qui se sont éloignés de la Tora et des mitsvoth. Il disait : « La mitsva première que les familles qui se rapprochent doivent appliquer c’est les règles de cacherouth ! Car tant que la cacherouth n’est pas respectée, il restera très difficile d’avancer dans la pratique ! » Et votre serviteur connait des cas où des jeunes (avec un bon niveau d’étude dans le domaine universitaire) ont passé de nombreuses années (!) sur les bancs du Beth Hamidrach sans comprendre quoi que ce soit ! C’est seulement après avoir opéré un changement jusque dans la cuisine qu’ils ont pu avoir la chance d’apprendre et de grandir dans l’étude du Talmud ! A bon entendeur !

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Est-ce que l’on peut manger de la cigogne ?

Dans la paracha sont mentionnées les différentes lois de cacherouth des aliments. Comme vous le savez bien, ces lois font la spécificité du Clall Israël par rapport aux autres peuples de la terre. C’est aussi une manière de se différencier et de garder notre statut de peuple serviteur d’Hachem ! Parmi l’inventaire des animaux prohibés on trouve une liste exhaustive de volatiles interdits à la consommation. Soit dit en passant comme il existe des doutes concernant l’identification exacte de ces espèces interdites, alors, on ne mangera la volaille que d’après une tradition. C’est-à-dire : un ancien de la communauté pourra nous dire avec certitude que telle volaille était consommée à son époque. Parmi cette énumération on trouve l’oiseau se nommant la ‘Hassida que Rachi et d’autres commentateurs traduisent par la cigogne. Et pour les non-hébraisants, il faut savoir que ‘Hassida se traduit par… pieuse ! La Guemara dans ‘Houlin 63 pose la question : pourquoi appelle-t-on cet oiseau « la pieuse »? Le Talmud répond : car cet oiseau est généreux avec ses amis ! Sur ce, le Zirkhon Yossef pose une question simple sur le Ramban qui explique la raison pour laquelle la Tora nous interdit les animaux de par leur nature CRUELLE. Pourquoi la ‘Hassida fait partie des bêtes impures ? Or le fait d’être généreux avec son prochain est une très belle mida/trait de caractère ! Cependant, à faire du ‘Hessed UNIQUEMENT avec ses proches, on n’est pas encore arrivé au summum de cette qualité… Mais en quoi cela est assimilé à une impureté ? Le Zi’hron Yossef rapporte un Rachi dans Kidouchin 49 qui enseigne que cette générosité est mue par la très mauvaise mida de ‘hanoufa/flatterie ! En fait, la cigogne en donnant de la nourriture à ses proches cherche à trouver grâce aux yeux du méchant ! En cela, la cigogne perd tout l’avantage de sa bonne action ! Donc on aura nous aussi compris que d’être généreux c’est formidable, mais non pas au point de soutenir l’impie et le mécréant !

Cette semaine, comme on vient à peine de ranger les affaires de Pessa’h, et qu’on est encore tout humide de la traversée de la Mer Rouge, on a décidé de vous faire partager ce MAGNIFIQUE SIPPOUR véridique qui ne peut se passer qu’en Terre promise de l’agence juive… Il s’agit du célèbre organisme Arakhim qui s’occupe de faire revenir au « bercail » les âmes égarées de la communauté juive. Voici il y a 4 années, Arakhim a organisé dans la ville de Hertzilia une reconstitution de la nuit du Séder pour tous ceux qui ne savent pas comment faire ! Et l’organisatrice se voit demander par une dame vivant dans un des Kibboutz du Nord du pays, si elle peut filmer toute la cérémonie ! L’organisatrice est étonnée, mais bien volontiers, lui permettra d’immortaliser la scène car on est au début du mois de Nissan, et c’est un jour ouvrable. La femme du Kibboutz rajouta que chez elle, cela fait des dizaines d’années (!) qu’elle n’a pas fait de Séder et que PERSONNE dans sa maison ne sait comment effectuer cette nuit de Pessa’h ! L’organisatrice demanda si son mari participera à la cérémonie, et cette dame répondit qu’il accepte d’être à table mais n’interviendra pas tout le long de la soirée ! Quelques temps après cette démonstration, cette femme du Kibboutz prit contact avec la préposée d’Arakhim lui demandant où pourrait-elle se fournir tout le nécessaire pour faire un Seder dans les règles de l’art ? Elle voulait en particulier que les matsoth soient d’une cacherouth irréprochable ainsi que les coupes de vin, le marror, etc. D’autre part, au téléphone elle rajouta qu’avec les conseils des Rabbanim dévoués de Arakhim, elle a pu cachériser sa cuisine en vue de la fête ! De plus, elle dit de surcroît que le soir du Séder elle attend 20 personnes à table: c’est toute sa famille au grand complet ! On lui donna alors des bonnes adresses pour se fournir en tout cacher lepessa’h ! Et quelques jours avant Pessa’h, on voit une grosse jeep toute pleine de terre débarquer dans la ville tumultueuse de Bené Brak ! Dans un des magasins, notre dame du Kibboutz s’approvisionna de toutes les victuailles nécessaires, et en plus elle reçut en cadeau un disque avec des belles chansons ‘hassidiques pour égayer les préparatifs de la fête ! Et jusqu’à la nuit tant espérée, voilà notre femme kibboutznic en train d’astiquer sa maison et de préparer les plats culinaires de la veillée, tout cela au tempo d’une musique bien traditionnelle juive… et ce en plein Kibboutz ! A la fin de Pessa’h, la responsable d’Arakhim reçoit une longue lettre de remerciement de cette femme du Kibboutz. Elle écrit alors : « Le jour du Séder toute la famille est venue passer les fêtes chez moi. Mon père était assis en tête de la table et mon mari à mes côtés. Et c’est moi seule qui a tout organisé grâce à votre démonstration à Hertzlia ! Car personne ne savait comment faire ! Lorsqu’on est arrivé au passage des quatre enfants mon père a ouvert la bouche ! Il faut savoir qu’il a d’habitude un fort tempérament, mais depuis le début du Séder mon père n’avait pas dit un mot ! C’est seulement lorsqu’on est arrivé au passage des quatre enfants qu’il a pris la parole. Sa voix était pleine d’émotion, il a dit : ‘Ma chère fille, l’enfant Racha/impi de la Agada… c’est MOI ! Il y a très longtemps de cela, nous vivions ma famille et moi dans la Pologne d’avant guerre. Notre famille était ‘hassidique et je me rappelle parfaitement de ce dernier Séder avec ma famille. Mon père trônait à table avec ma mère et mes sœurs. J’étais le seul garçon de la famille. A l’époque les vents du sionisme soufflaient très fort en Pologne… J’avais alors 15 ans et mon apparence extérieure était celle d’un parfait élève ‘hassid des Yechivoth tandis que, dans mon fort intérieur tout était remis en question ! J’avais à l’époque des amis qui m’ont écarté de tout brin de judaïsme. De plus je lisais les journaux juifs antireligieux qui diffusaient leur venin contre tout ce qui touchait de près ou de loin au judaïsme traditionnel. Au moment où mon père me dit de lire le passage sur les quatre enfants, je me suis levé et j’ai élevé ma voix en disant avec beaucoup de virulence : ‘Qu’est-ce que c’est que toute ces vieilleries que vous nous inculquez ! De plus, j’ai déversé toute sorte d’ironies contre le Séder que j’avais lu dans la presse de l’époque… Ma mère et mes sœurs ont éclaté en sanglots tandis que mon père est resté impassible. Il demanda paisiblement à ma plus jeune sœur de dire le passage de ‘Ma Nichntana’ à ma place et il dit à toute la famille :’N’en veuillez pas à votre jeune frère qui est pris dans l’impureté -la Klippa- de l’époque !’ Quand il a dit cela, je me suis rebellé encore plus, en disant : «JE SUIS LIBRE DE FAIRE CE QUE JE VEUX» ! C’est vous qui êtes emprisonnés dans toutes ces vieilles choses !’ Alors mon père a dit à toute la famille que ce ne serait que grâce à la prière et aux larmes que nous ferons revenir notre fils à la Tora ! C’est alors que je suis sorti de la maison en claquant la porte ! Je ne suis revenu que le lendemain à la maison. Là-bas tout le monde était en deuil de mon comportement. Mon père me pris seul et me dit ces mots : «Tu sais, j’ai reçu comme héritage la flamme de la Tora de mon père. Il l’a reçu lui-même de son père et ce, depuis le Mont Sinaï il y a 3300 années ! J’ai fait tout mon possible pour t’éduquer dans les chemins de la Tora et de la crainte du ciel pour être un Juif SAINT ! Je suis sûr, qu’à un moment donné, tu reviendras à la pratique car je SAIS que les larmes que j’ai versées sur toi pour que tu restes un bon Juif ne sont pas en vain !’ De mon côté j’avais pris la ferme décision de monter avec mon groupe d’amis pour le nouveau pays d’Erets Israël. Je me séparais de mes parents et des mes sœurs ; ce départ à été très douleureux pour moi et je ne veux pas vous en parler… En Erets les débuts ont été très difficiles, on devait assainir les régions marécageuses du nord du pays. Et à mon arrivée j’ai remplacé ma redingote noire par la chemise courte du Kibboutz, mon chapeau de ‘Hassid par la casquette de l’agriculteur et bien sûr j’ai coupé mes papillotes qui ornait mon visage du parfait jeune ‘Hassid. Avec le temps, on a entendu les nouvelles terribles provenant de la Pologne et que toute ma famille était partie dans la tourmente… Ces nouvelles me confirmèrent un peu plus mon engagement pour la vie du Kibboutz et l’éloignement définitif de toute trace du judaïsme… Car je me disais alors que si les Juifs s’étaient organisés comme les organisations sionistes le proposaient, les Juifs ne seraient pas partis comme le petit bétail à l’abattage… Suite à cela je me suis investi un peu plus dans la vie du Kibboutz communiste en terre d’Israël ! La famille que j’ai fondée était éduquée dans la stricte observance qu’il n’y ait AUCUNE TRACE DE JUDAISME ! C’est un miracle que je n’ai pas eu de fils, et que des filles. Ainsi je n’avais pas de problème de conscience de ne pas faire de Brith Mila ! Lorsque tu étais encore petite (il s’adressait à sa fille) on faisait un Séder à partir de la Agada du Kibboutz. C’est-à-dire une version complètement arrangée où il n’y a pas de mention de D’ ! On chantait des chants de renouveau et s’était la fête du printemps. A la table il y avait des matsoth avec du pain! Je pensais avoir définitivement VAINCU mon père ! Seulement, lorsque le modèle russe s’est écroulé, et que tout le monde a pu voir le grand mensonge soviétique, la vie du Kibboutz a été chamboulée ! Mes enfants n’ont pas suivi ma voie, comme tu le sais parmi mes quatre filles, une est partie en ‘Houts Laarets avec un gentil, la seconde n’a jamais voulut se marier, il n’y a que toi et ta soeur qui ont fondé une famille ! Quand tu m’as invité pour ce Séder, je pensais voir à table les Agadoth du Kibboutz. Or lorsque j’ai vu les matsoth rondes -faites mains- comme en Pologne, avec le ‘Héïn (raifort) j’ai failli m’évanouir sur place ! C’est alors que j’ai entendu les chants traditionnels (grâce au disques) auxquels j’étais habitué dans mon enfance… Je suis devenu presque fou ! Est-ce que cela veut dire que tu fais TECHOUVA ? Vers ce judaïsme dont je me suis enfui ? Mon père était assis à mes côté ruisselant de sueur. Je lui dis : «Mon grand père avait RAISON, c’est LUI qui a gagné ! J’ai reçu la flamme du judaïsme de ses mains saintes… Seulement je préfère la recevoir de toi, mon père» ! Fin de la lettre.

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Pessa’h 2014 au Kibouts Ch… En tête de table siège un vieux Juif (devinez lequel ?) en habit blanc avec une GRANDE KIPPA et fait le Séder exactement comme toutes les bonnes familles le font depuis plusieurs millénaires avec la Agada, les matsoth et le vin. C’est un sippour formidable qui vient bien illustrer la prophétie : » Et retourneront les parents aux enfants, et le cœur des enfants aux parents.. »(tiré de la feuille Missaviv Léchoulhan)

Chabat Chalom et à la semaine prochaine si D. le veut

David Gold

(Lors de la semaine de Pessa’h, notre fidèle lecteur qui nous soutient dans sa diffusion, M. Yossef Wolf d’Elad, nous a précisé que la bière qui est faite à partir de l’orge est seulement aromatisée par la plante du houblon. Ce dernier ingrédient n’est pas ‘hamets. Toutes les bénédictions à la famille Wolf !)

Ce feuillet est dédié à la guérison complète de Aaron Haim ben Fortunée. Ne pas jeter (sauf gueniza) -Veiller à ne pas lire cette feuille pendant la prière ou la lecture de la Tora –

Dons et encouragements Tel: 00972-3-9094312

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