Quelle différence y a-t-il entre l’antisémitisme d’extrême droite et celui d’extrême gauche ?

0
54

Raquel Garrido était il y a deux jours chez Cyril Hanouna : elle chronique régulièrement dans son émission. Réagissant aux propos de Blanquer qui avait dit « le voile n’est pas souhaitable à l’école » elle lança : « S’il avait dit la kippa, il aurait immédiatement cessé d’être ministre ! » Elle illustrait ainsi, avec fougue, le discours de La France Insoumise qui alerte régulièrement sur le fait que la pieuvre juive régente la France.

Hanouna, d’habitude plutôt gentil avec elle, l’étrilla aussitôt : « Ce sont des propos antisémites ». Raquel Garrido, embarrassée, bredouilla qu’elle était juste « anti-communautariste ». Présent sur le plateau, Jean Messiha, encarté au Rassemblement national et Juif affiché, planta quelques clous supplémentaires dans son cercueil. Pauvre Raquel (Rachel) Garrido déjà qu’elle porte un prénom sioniste…

C’est l’occasion de s’interroger sur les mutations de l’antisémitisme français. Durant longtemps – depuis l’affaire Dreyfus jusqu’à Jean-Marie Le Pen – être antisémite était une ardente obligation. Puis le vent de l’Histoire souffla dans un autre sens. L’extrême droite se mit à aimer les Juifs par haine des Arabes. Seul Jean-Marie Le Pen, talentueux et imaginatif, arrivait à détester les deux en même temps. Mais qui l’écoute encore ?

L’extrême droite ayant oublié de breveter son antisémitisme, l’extrême gauche s’en empara dans une manœuvre audacieuse. Comme Jean-Luc Mélenchon est un homme cultivé et un bon connaisseur de la langue française il substitua au mot « juif » celui de « sioniste ». Une belle trouvaille. Et c’est, bien sûr, par antisionisme qu’il dénonça le Grand rabbin d’Angleterre comme ayant causé la défaite de son grand ami Jeremy Corbyn.

LIRE  Afrique : l'alarmante escalade des persécutions anti-chrétiennes

Il faut comprendre Mélenchon et les siens. Le prolétariat qu’ils auraient tant voulu aimer a disparu ou vote pour Marine Le Pen. Il fallait donc lui trouver un remplaçant. Ainsi le patron de la France insoumise est allé chercher de la chair fraîche dans le 93, à Trappes etc… Et c’est ainsi que – figure inversée de celle de l’extrême droite – il a commencé à détester les Juifs par amour des Arabes.

C’est avec eux qu’il se console dans ses moments difficiles quand sa solitude est grande. Il parvient à l’extase en exhalant : « Ah les quartiers populaires ! ». « Ah le peuple des banlieues ! »

Source www.atlantico.fr

Aucun commentaires

Laisser un commentaire