Le Tribunal fédéral suisse franchit un pas dangereux vers l’obscurantisme islamique

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Le voile à l’école doit être autorisé, liberté religieuse oblige. Et tant pis pour les 4000 Valaisans qui souhaitaient que la décision revienne au peuple.

Le Tribunal fédéral a confirmé l’interdiction aux Valaisans de se prononcer «Pour des têtes nues à l’école», soit pour proscrire le voile islamique. L’initiative avait récolté le nombre de signatures requis, mais sous couvert d’arguties juridiques, le Grand Conseil, puis la Cour fédérale à l’unanimité des cinq juges dont un UDC, ont mis leur veto.

Une poignée de juges s’est arrogé le droit d’interdire aux Valaisans de s’exprimer sur une question de société qui fait débat en Valais et en Suisse

Vice-président du comité d’initiative et avocat des recourants, Jean-Luc Addor, conseiller national UDC, constate:

«Une poignée de juges s’est arrogé le droit d’interdire aux Valaisans de s’exprimer sur une question de société qui fait débat en Valais et en Suisse». Et de souligner la gravité de cette décision qui légitime le port du voile dans les écoles publiques de toute la Suisse.

Le plus fort dans l’histoire, c’est que l’argument majeur du tribunal est la liberté religieuse. «… le port du voile (tout comme la kippa juives, la vie des moines chrétiens (sic!) ou les signes religieux) n’avait pas à lui seul d’effet prosélyte. La mission éducative de l’école n’était pas compromise et le port du voile n’était pas nécessairement contraire au principe d’égalité des sexes puisqu’il n’était pas forcément motivé (notamment dans le cas d’espèce) par une contrainte imposée aux femmes, mais pouvait aussi résulter d’un libre choix d’exprimer une identité religieuse ou culturelle. Il découle clairement de cette jurisprudence qu’une disposition ayant pour but ou pour effet d’empêcher le port du voile par des élèves dans les écoles publiques porterait une atteinte disproportionnée à la liberté de religion

A partir de quel âge un enfant est-il censé être capable de décider librement de ses convictions? Dès l’école primaire? Et pourquoi pas au jardin d’enfants?

Le droit c’est comme les statistiques, on peut lui faire dire ce qu’on veut. Il suffit de choisir parmi les multiples références juridiques celles qui légitiment son préjugé.

Le TF accorde ainsi aux parents le droit à l’endoctrinement de leurs filles, aux écoles la suppression de l’égalité entre élèves, et aux fillettes le rappel que leurs camarades garçons sont de potentiels agresseurs.

«Qu’y a-t-il de si dangereux dans le corps d’une petite fille pour le recouvrir ainsi? De quoi ont-ils si peur? En recouvrant les petites filles comme des femmes, en plaçant leur corps au même niveau que celui des femmes, le voile les sexualise. Un corps qui doit être recouvert, c’est un corps qui peut inspirer la concupiscence.»
Abnousse Shalmani, Franco-Iranienne

Faire porter le voile à ses filles implique l’adhésion à d’autres discriminations et revendications archaïques, ce dont le Tribunal fédéral se fiche éperdument. Il l’a prouvé lors d’un autre arrêt auquel il fait référence à plusieurs reprises à propos de l’initiative valaisanne. C’était en 2015. Il a autorisé à une fille de 12 ans à l’époque à porter son voile à l’école, ce que la commission scolaire de la commune lui avait interdit. Son père refusait par ailleurs que ses filles participent aux cours de natation, même avec un burkini car il ne cache pas assez les formes féminines. Il a interdit la participation de l’une d’elles à un camp de ski, il exige de pouvoir faire ses prières durant les heures de travail, etc. Ce salafiste vit logiquement avec toute sa famille de l’aide sociale. Le TF, malgré cette éclatante illustration du lien entre voile et islam orthodoxe, lui avait donné raison.

Comme le souligne Jean-Luc Addor, le voile «n’est pas seulement un signe religieux, de soumission des femmes, mais un signe politique qui affiche la progression de l’islam dans notre pays». Et de relever ce paradoxe: «On se préoccupe beaucoup des victimes de harcèlement. En l’occurrence, le Tribunal fédéral n’est certainement pas du côté des victimes.»

«Intégrer, est-ce renoncer à ses propres valeurs pour faire place à d’autres, par exemple autoriser le niqab? Ou laisser porter le foulard à l’école par des fillettes? Où sont la beauté morale, les droits de l’homme, les valeurs universelles?»
Kacem El Ghazzali, Marocain réfugié en Suisse

Un jour ou l’autre, le TF pourrait être amené à se prononcera sur une interdiction du burkini ou des prières à l’école. Gageons qu’il invoquera encore la liberté religieuse. Mais il n’aura heureusement pas à se prononce sur le niqab que les Suisses vont à coup sûr interdire lors d’une votation prévue en 2019.

C’est hélas une piètre consolation.

Mireille Vallette pour Dreuz.info.

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