Douze explorateurs en Terre sainte !

0
9

AUTOUR DE LA TABLE DE CHABBATH n° 542 Chela’h …France

Refoua cheléma pour Moché (Maurice) ben Miriam (famille Pinto)

Parmi les malades du clall Israël

La super Table du Chabbath s’associe à l’indignation de la communauté juive face au comportement éhonté du gouvernement vis-à-vis des Ba’houré Yechiva/Avrékhim en les considérant comme des parasites et bons à être mis en prison pour le fait qu’ils ont choisi d’étudier la sainte Tora. Or mes lecteurs le savent, nous devons un grand Kavod / honneur à tous ceux qui s’adonnent à l’étude de la Tora car ils sont les garants que la Tora restera en Israël jusqu’à la fin des temps. S’il s’agissait de simples déserteurs qui ne veulent pas servir sous les drapeaux. Soit. Seulement le cas est bien différent. C’est celui d’une population qui ne veut pas servir une armée qui ne change pas d’un iota ses idéaux libéraux. L’armée en Israël reste profondément non-religieuse avec une vision progressive (pour ne pas dire gauchiste) qui est aux antipodes de la morale et du « way of life » des familles orthodoxes. Pour preuve l’histoire ridicule d’un soldat (religieux sioniste) qui servait au Sud Liban et a eu le malheur de coudre sur son uniforme un écusson où l’on peut voir « Machia’h » / notre délivreur (c’est-à-dire la Emouna que Hachem fera venir très bientôt notre délivreur / le Machia’h et qui nous sauvera de tous nos ennemis). Or c’était beaucoup trop religieux pour la gente militaire : c’est un écusson qui ne doit pas voir le jour sous le drapeau de l’étoile de David (d’ailleurs lui-même a été oint de l’huile sainte donc Machia’h !) et le soldat écopa d’une peine de détention (peut-être trente jours) dans les prisons militaires (merci à Kountrass News pour nous tenir informés de ce qui se passe).

D’après cette situation navrante (point de vue du judaïsme) : pourquoi les Ba’hourim qui s’adonnent à la Tora jour et nuit, et sont la protection du Clall Israël, devraient sortir de leur étude pour se transformer, à la fin des trois ans sous ce régime libéral obligatoire et exacerbé, en citoyens moyens israéliens (éloignés malheureusement de l’étude / pratique) ?

La Table du Chabbat propose que l’armée change ses directives d’une manière claire et sans équivoque (ce qui n’est toujours pas le cas dans les nouvelles sections « religieuses » qui existent actuellement) pour recevoir des Ba’hourim de maison orthodoxe par exemple : pas de mélanges garcons/filles durant les trois années de services, l’entière pratique du Chabbath et de la cacherouth, et après cela, laissons le soin aux Grands de la génération de statuer s’il est possible d’envoyer les Ba’hourim dans cette nouvelle configuration… (qui serait un grand bouleversement pour Tsahal).

C’est juste que la situation reste préoccupante (Sud Liban, etc.) mais cela ne justifie pas l’enrôlement de force des Ba’hourim dans un État qui se veut (encore) juif.

D’autre part suite aux coupes budgétaires sans fin qu’exerce la Knesset pour l’arrêt de toutes aides aux Yechivoth et aux familles d’Avrékhim, les Guedolim font un appel à toute la Gola (cela inclut la France) d’aider et de soutenir financièrement toutes les institutions de Tora en Terre sainte. J’espère que mes lecteurs comprennent l’enjeu de la situation, à savoir si on veut que le son de la Tora continue à s’entendre en Erets et dans le monde…

Sur la paracha Chela’h

Cette semaine notre paracha est très riche en événements. C’est l’envoi en Erets des douze explorateurs, leur retour avec des mauvaises paroles sur la terre d’Israël et finalement de leurs punitions ainsi que celle du Clall Israël. Le verset dit qu’il s’agissait en fait de princes de tribus d’Israël, donc des gens très importants pour la communauté. Yehochoua est aussi envoyé avec le groupe des explorateurs pour la tribu d’Ephraïm. Et on voit que Moché notre Maître a prié pour lui afin qu’il ne trébuche pas dans sa mission. En effet le verset dit qu’au départ il s’appelait Yochoua et Moché par sa prière lui a rajouté Yehochoua qui veut dire ‘que Hachem te sauve’ (de la faute). Une question est posée d’après le commentaire du Maharcha sur le Talmud. En effet dans la Guemara Berakhoth 10 est rapporté que dans l’entourage de rabbi Méir vivaient des mauvaises personnes qui lui voulaient du mal. La situation était tellement critique qu’il a commencé à prier pour qu’ils meurent. C’est alors que sa femme, Berouria, est venue lui dire que le psaume du roi David énonce « Que meure le péché sur terre… ». C’est-à-dire que David prie pour qu’il n’y ait plus de fautes mais ne prie pas pour que meurent les impies. Finalement rabbi Méir se rangea à l’avis de sa femme et pria pour que les fauteurs fassent techouva… et la Guemara dit qu’ils s’amendèrent !

Fin de la Guemara.

Dessus, le commentaire fondamental qu’est le Maharcha pose une ‘BOMBA KOUCHIA’: voilà que la Guemara énonce explicitement par ailleurs (Yoma) que « TOUT est dans la Main du Ciel SAUF la crainte du Ciel ». C’est-à-dire que tous les événements qui surviennent à l’homme au cours de sa vie sont voulus dans les Cieux. Cependant, il existe une chose qui reste entièrement dans le libre arbitre de l’homme : c’est sa décision de faire le bien ou non. Donc le Maharcha reste en kouchia sur cette Guemara de Berakhot qui énonce clairement que l’homme peut influencer son prochain pour qu’il fasse techouva. Soit dit en passant le Maharcha est d’accord que l’homme peut prier pour LUI-MEME afin qu’il ait de la réussite spirituelle : cela fait partie de la Crainte du Ciel qui est dans sa main. La question qu’il garde c’est de savoir comment est-il possible que l’homme influence positivement son prochain dans le domaine spirituel ? Le livre Motsé ‘hallal rav sur la Paracha rapporte la réponse du rav Eidil זצל qui dit qu’une prière a un impact sur le fauteur quand celui-ci ne faute pas de sa propre volonté. Quelquefois l’homme faute parce qu’il y a des facteurs externes qui l’amènent à fauter. Par exemple le contexte du travail et des amis ou encore la grande pauvreté qui peut l’amener au vol. Toutes ces fautes ne sont pas une volonté propre du fauteur mais l’homme ‘subit’ ces circonstances et finalement est entraîné à fauter. Donc la tefila aura un impact pour que les Cieux ne placent pas de telles circonstances devant son ami. C’est de la même manière que l’on peut expliquer la prière de Moché Rabénou qui a demandé d’écarter de Yehochoua les embûches que peut amener l’entourage des autres explorateurs.

Pour conclure, on est quand même obligé de vous rapporter l’avis du grand rav de Bené Braq, le ‘Hazon Ich à la fin de son livre sur Or Ha’haim, qui dit explicitement que la prière dispose de la FORCE afin d’influencer son prochain. C’est que la prière provient des hommes et non du Ciel. Et donc même si elle vient influencer mon prochain ce n’est pas en contradiction avec « Tout vient du Ciel sauf la Crainte du Ciel ». De plus il explique que puisque le Clall Israël est comme un corps unique, la prière de l’un influence l’autre ! D’après cela les parents pourront continuer à prier pour que Hachem transforme le cœur de nos chers enfants afin de Le servir et d’étudier Sa Tora avec assiduité. (Pour plus de détails voir Métivta Berakhoth 10. qui ramène les différents avis).

Sur la faute des explorateurs, le Steipler זצל dans son livre « Birkath Pérets » pose une question connue concernant une contradiction dans le commentaire de Rachi sur la paracha. C’est qu’au départ Rachi rapporte à partir de l’enseignement de nos Sages que les explorateurs étaient des gens très élevés et droits. Et finalement, lors de leur retour dans le désert, Rachi rapporte que de la même manière qu’ils sont partis avec de mauvaises intentions ils sont revenus avec ces mêmes mauvaises intentions. Le Steipler explique que véritablement au départ ils étaient Tsadikim et avaient la foi en ce que la terre était promise au Clall Israël par Hachem. Seulement à partir du moment où ils ont été nommés, l’ORGUEIL est monté dans leur cœur. Et depuis lors ils ont considéré que dorénavant c’est eux qui sont devenus les JUGES pour savoir s’il est bon ou non de monter en Erets ! Et il est rapporté dans le Zohar Hakadoch que ces princes ont eu peur de perdre leurs prérogatives en tant que princes des tribus en terre d’Israël. Car au fond d’eux-mêmes ils ont préféré rester dans le désert. C’est donc cet orgueil qui a détruit la foi en la Tora. Que D. nous en garde ! On voit d’ici combien un homme, et même un ’Tsadik’, est susceptible de trébucher dans la faute : tout ça pour un petit peu d’honneur !

Le sippour : Mieux qu’une croisière sur le « Queen Elisabeth »…

Cette semaine c’est le rav Méir Tsiviel chlita qui rapporte cette véritable histoire remarquable qui nous en apprendra long sur la manière d’éduquer nos chères petites têtes blondes/brunes et aussi nous donnera une autre optique dans la vie.

Il s’agit d’un homme particulièrement riche de la communauté orthodoxe de la ville de Chicago aux USA (la feuille du Chabbat se porte garante que notre homme, que l’on prénommera Moché, n’a ni gros nez bossu ni barbe hirsute bien noire comme le pensent certains, j’espère qu’il ne s’agit que d’un petit groupe des derniers mohicans, entre autre les iconoclastes de Besançon). Notre homme, à l’occasion de l’anniversaire de ses 63 ans, prépara un grand rassemblement familial. D’après vous qu’est-ce qu’un (très) nanti de la communauté outre-Atlantique peut organiser pour fêter l’événement : louer le paquebot Queen Elisabeth pour faire le tour du monde ou faire un voyage spatial avec son épouse dans une navette de la NASA ou encore faire un repas de haute gastronomie, genre Bocuse en kasher, il paraît que cela existe, étalé sur trois jours avec les meilleurs cuistots du monde ? Eh bien nenni ! Moché a choisi de réunir sa famille et toute sa progéniture autour d’un Sioum du Chass (pour les novices c’est la conclusion de sept années d’étude / quotidiennes à raison d’une page recto-verso du Talmud Babli) qu’il vient de finir pour marquer ses 63 ans ! BRAVO (d’ailleurs c’est une formidable idée pour mes lecteurs de faire un Sioum pour marquer leur anniversaire). Pour se préparer à l’événement, tous les enfants se réunissent pour décider ce qu’ils pouvaient offrir à leur père en guise de cadeau (peut-être une Rolex ou de beaux costumes Hugo Boss après avoir été passés chez le vérificateur du Cha’atnez). Comme ils n’étaient pas sûrs de leur choix ils se tournèrent vers leur père. Ce dernier leur dit : « Vous savez mes enfants, Hachem m’a comblé au niveau matériel. Il ne manque de rien : Béni soit Hachem. » (Ndlr c’est tout de même remarquable de voir un homme mûr tellement investi dans le monde des affaires qui est content de son sort et remercie Hachem pour ses bienfaits). Seulement il ajoute une demande particulière : « Dans ma tendre enfance nous habitions la ville de New York avec mes parents. A cette époque, mon père m’avait inscrit dans un des Talmud Tora de la ville, seulement j’étais alors un vrai petit sauvage, pire encore je provoquais beaucoup de dommages dans les classes. Rien n’y faisait, les injonctions des instituteurs, du directeur, etc. La situation était sans issue jusqu’au point où la direction obligea mes parents à me faire un examen approfondi sur mon profil psychique. Pour l’occasion mes parents m’amenèrent chez un spécialiste-psy qui examine les enfants à problèmes. Après deux heures d’examen approfondi il me relâcha et m’informa que les conclusions seront envoyées par la poste à mes parents. A peine revenu à la maison que le même soir mon père s’était fait renvoyer de son travail ! La situation était difficile car c’était la seule source de parnassa de la maison. Mais, Baroukh Hachem, mon père avait un très bon ami à Chicago qui entendit le dilemme dans lequel se trouvait la famille. Tout de suite il prévint notre père qu’il avait sa place à ses côtés dans son entreprise. Dans la même semaine toute la famille déménagea à Chicago. En arrivant dans la nouvelle ville, mon père m’inscrit dans l’école religieuse du quartier et pour moi c’était l’occasion inespérée de tourner la page sur mon passé pas fameux de New York. Dans ce nouvel endroit, personne ne me connaissait. J’avais pris alors la ferme décision de reprendre le dessus et de faire d’immenses efforts pour me mettre à niveau et reprendre les rênes de ma vie. Avec beaucoup d’abnégation et de courage je me suis mis à rattraper mon retard et avec le temps je suis devenu un des meilleurs éléments de toute ma promotion. Béni soit Hachem qui m’a donné ces forces ! Avec les années mon père est devenu le directeur en chef de l’entreprise car son ami lui avait passé les rênes. Lorsqu’il est niftar, c’est mon père qui est devenu le propriétaire de cette grande entreprise très florissante jusqu’à ce jour où je continue le cheminement de mon père. Donc si vous voulez me faire vraiment plaisir, j’aimerais que vous me retrouviez la lettre envoyée par le psy à notre maison et qui n’est jamais arrivée. Elle concluait mon examen car je suis très intéressé de connaître les conclusions ». Les enfants, qui faisaient particulièrement bien attention au Kavod de leur père, firent de leur mieux pour récupérer ce précieux document. La chose était assez difficile puisque le consultant n’était déjà plus de ce monde et cela remonte à cinquante ans. Mais avec de la bonne volonté et de la Siata Dichmaia (aide Divine) les enfants mettent le grappin dessus. Et le jour dit, Moché fit son Sioum et, durant le repas de festivité, ouvrit la lettre qui remontait loin en arrière. Moché était très ému et tenait de sa main tremblante les conclusions du docteur. Il lit pour la première fois : « Chers parents (…) J’ai longuement examiné votre jeune fils durant deux heures et ma conclusion n’est pas gratifiante. J’ai décelé chez votre fils de très sérieux troubles de comportement proche de la folie… Pour moi il ne fait aucun doute que Moché doit changer d’école pour une institution spécialisée dans le domaine (internement) et qu’il soit protégé de l’environnement et aussi que la société soit protégée de ses agissements … Signé le spécialiste untel. » Moché prit la lettre et la leva devant l’assemblée de ses enfants, petits-enfants, etc., et dit : « Vous voyez, si mes parents avaient reçu cette lettre qu’est ce qui serait passé ? Certainement que vous ne seriez pas là aujourd’hui à mon Sioum du Chass, etc. Qu’est-ce qu’a fait Hachem au même moment ? Il a fait débaucher mon père de sa place de New York et a donné l’idée à son ami de l’appeler à travailler avec lui à Chicago afin que cette lettre n’arrive jamais à destination et n’entraîne pas des dommages irréversibles. Grâce au renvoi de mon père j’ai pu passer entre les filets du verdict cruel du doc. de New York et j’ai pu changer de tout au tout au point que je peux clôturer l’étude de tout le Talmud devant mes enfants et petits enfants qui sont eux-mêmes sur les bancs de l’étude de la sainte Tora dans les Colelim et Yechivoth ! » Fin de l’histoire.

Ce véritable récit nous apprend plusieurs choses.

1° De ne pas porter un jugement définitif sur notre progéniture (ou nos élèves). Il se peut toujours que Hachem opère, avec beaucoup de miséricorde, de profonds changements.

2° Croire en soi-même comme l’a fait Moché, alors qu’il était jeune enfant, contre les pronostics négatifs.

3° Savoir que bien des fois un grand bien sort d’une cassure comme ce fut le cas pour sa famille (puisque le père de Moché avait perdu son travail). Hakol letova comme disait rabbi Nahman Ben Feigué : « Einyiouch ba’olam… Il n’y a pas de désespoir dans ce bas monde, il faut savoir que la vague passe… »

Chabbath Chalom et à la semaine prochaine, si D’ le veut.

David Gold

Tél.: 00972 55 677 87 47

E-mail : dbgo36@gmail.com

Une bénédiction à un nouveau lecteur : Dan Avraham Assouline et son épouse (Strasbourg) pour la réussite dans le domaine de l’éducation et la parnassa,

Une berakha de réussite à la librairie juive francophone de Raanana à l’entrée du centre commercial sur rehov A’houza (dans l’immeuble où se trouve à l’étage la synagogue / collel du rav Pinto chlita) qui diffuse notre nouveau Best-seller « Les étincelles d’histoires de vie ».

Aucun commentaire

Laisser un commentaire