AUTOUR DE LA TABLE DE CHABBATH n° 535 A’haré Moth – Kedochim
Le-‘ilouï nichmat d’un grand homme de la communauté française que nous venons de perdre, le rav Abitbol : Elyahou ben Avraham תנצ »בה
Cette semaine la lecture de la Tora comprend deux sections : A’haré Moth et Kedochim. La seconde paracha est remplie de nombreuses lois Ben Adam le’Havéro/ Mitsvoth qui régissent nos rapports entre les hommes. Il existe un commandement sur lequel je m’attarderais : « Mipné séva takoum vehadarta pené zaken veyaréta méElokékha Ani Hachem »/ Devant la vieillesse lève-toi et fais resplendir la face de l’ancien et crains ton D’, Je suis Hachem« . Les commentateurs (Ramban/Rabénou Be’haié) expliquent que ce verset fait allusion à deux catégories de personnes pour lesquels nous devons donner des marques d’honneurs : les anciens et les Talmidé ‘Hahamim (les érudits en Tora).
Au niveau de la ‘Halakha il est retenu que devant les séniors de la communauté (plus de 70 ans) il faut veiller à se lever devant eux tandis que vis-à-vis du Talmid ‘Hakham c’est en fonction de sa connaissance (donc il peut être très jeune). Autre distinction à connaitre, pour les séniors il s’agit d’honneurs vis à vis de leur personne tandis que pour les Talmid ‘Hakhamim c’est lié à leur Tora. Les Poskim (décisionnaires) enseignent que dans le cas où l’ancien ne nous voit pas (alors que nous sommes dans la même pièce) on n’aura pas besoin de se lever tandis que pour le Talmid ‘Hakham qui passe devant nous puisque le kavod qu’on lui donne est lié à sa Tora, on se lèvera même s’il ne nous a pas aperçus (c’est une marque de crainte vis-à-vis de sa Tora).
Nos fidèles habitués du feuillet, en particulier notre super stomatologue émérite Gérard Cohen de Paris/Créteil vont certainement demander : soit, le Talmid ‘Hakham c’est compréhensible (les marques d’honneurs) car il s’est donné beaucoup de mal à l’étude, mais pourquoi accorder des honneurs particuliers aux séniors (alors que la Halakha ne stipule pas qu’ils doivent être de grands religieux tout le temps où ce ne sont pas des mécréants) ? La réponse peut être apporté par le Séfer Ha’hinoukh (257) qui explique qu’au fil de leurs années ils ont vu et compris la grandeur de Hachem sur terre donc c’est un ‘plus’ qu’ils ont à leur actif (par exemple ils ont fait la guerre des 6 jours en Israël et ont vu la Main de Hachem dans le désert du Sinaï lorsque les troupes de Nasser yima’h chemo ont fui miraculeusement devant l’armé juive (ndlr je connais un marseillais, pour de vrai, qui m’a affirmé que son père a vu des cavaliers blancs sur des chevaux qui fonçaient vers les forces égyptiennes qui étaient prises de panique (d’après les dossiers Top secret de la Cia et le Kgb cela devait être des anges) ! Autre cas cette fois dans cinquante ans (si le Machia’h n’est pas arrivé jusque-là et je suis sûr qu’il va bientôt venir), la nouvelle génération devra se lever devant tous les anciens qui ont vus les missiles iraniens exploser les uns après les autres (alors que sous d’autres cieux la probabilité tombe à 60% de réussite) par les anti-missiles israéliens sous les cieux miséricordieux de la Terre sainte lors de ces mois mars/avril 2026… C’est aussi de très grands miracles qui montrent que Hachem aime Son peuple. Donc tous, ces bonnes gens (d’Israël 2026), même s’ils ne lisent pas la Super table du Shabbat, sont devenus, sans le savoir monsieur Capelot, des témoins vivants de miracles dignes de la traversée de la Mer Rouge (voir mon développement d’il y a deux semaines). Dans la Hagada de Pessa’h nous disons : « Si Hachem nous avait fait sortir d’Egypte sans nous donner pour autant la Manne durant 40 ans… Cela nous aurait suffi ». Je pense que dans la même verve la Hagada aurait pu dire : « Si Hachem nous avait donné uniquement la Mitsva d’honorer les anciens sans nous ordonner d’honorer les Talmid ‘Hakhamim… cela nous aurait suffi ! » Je m’explique, cette Mistva va en droite ligne contre les idéaux promulgués par la société occidentale en perdition… Car dans ce libéralisme à outrance, où tous les idéaux doivent être acceptés sous peine de passer pour extrémiste exception faite du judaïsme qui est décrié sous tous les toits et sous toutes les formes si vous voyez ce que je veux dire. Il n’y a plus de place à ceux qui véhiculent l’éthique et la morale (les anciens). De plus cette Mitsva va contre les idées développées par le darwinisme (et ce n’est pas un patois provenant des lointaines Indes… Et je m’excuse aussi de devoir dire un mot sur ce courant de pensée dans notre feuillet qui se veut respectable). Car promulguer que l’homme descend des singes (Hafour Bé) c’est soutenir que la race humaine est d’essence bête et qu’elle s’affine au fil du temps. Or, la Mitsva du Kavod montre que le contraire est vrai puisque les générations passées ont vu plus des prodiges que la nôtre et d’autre part ils sont plus proche de la révélation du Sinaï. Ils ont donc une plus grande sagesse de la Tora. Nécessairement les anciens ont plus de mérite que la nouvelle génération. Cqfd.
Je finirais par une Guemara Makoth qui dit : « Combien sont stupides les gens qui se lèvent devant un Sefer Tora et pas devant un grand homme (Talmid ‘Hakham). La Guemara rapporte une preuve à l’appui : la Tora écrit noir sur blanc qu’un homme qui transgresse un interdit de la Tora doit recevoir 40 coups tandis que l’exégèse des Sages enseigne qu’il s’agit en réalité de 39 coups (bien que le verset soit explicite) De là démontre la Guemara : l’enseignement des Sages prime sur la lecture mot à mot de la sainte Tora. En conséquence il faut honorer les Sages plus encore que le Séfer Tora. Seulement les Richonim posent une question. Il existe une autre Guemara (Kidouchin) qui va dans l’autre sens. Elle demande : ‘Qu’en est-il de se lever devant un Sefer Tora ?’ Et de répondre que Si déjà nous devons nous lever devant les Sages A PLUS FORTE RAISON qu’on devra se lever devant le Séfer Tora ! « Mes fins lecteurs ont déjà compris que si la Guemara utilise un raisonnement à fortiori cela sous-entend que le second élément est plus « lourd » sur la balance que le premier. Conclusion : le Séfer Tora est plus important que les honneurs dû au Talmid ‘Hakham. Le Ran répond à cette contradiction : véritablement le Séfer Tora est plus important que le Talmid ‘Hakham. SEULEMENT, puisque ce sont les érudits qui développent et expliquent la Tora, et sans leur explication, la Tora serait reléguée dans les coins obscurs de la bibliothèque municipale (Lo ‘alénou). Nous avons donc besoin des Talmid ‘Hakhamim qui viennent éclairer et développer la lumière qui se trouve dans la Tora écrite. Et je finirais par l’image donnée par le Chav-Chmateta : la Tora ressemble à un grand vignoble et les Talmidé ‘Hakhamim aux employés (de la vigne). Si les ouvriers ne viennent pas arranger le vignoble en l’irriguant et en faisant tous les travaux d’entretien, les fruits ne pousseront pas de la bonne manière. Pareillement s’il n’y a pas de Talmidé ‘Hakhamim qui s’adonnent à la Tora, alors les Mitsvoth resteront sans explication et tout resterait obscur.
Le principal c’est le vignoble mais sans les employés, la vigne se trouverait vite infestée de mauvaises herbes et de toutes sortes de nuisances… (une bonne partie du développement je le dois au Séfer Netivoth Da’at – Vayikra Paracha Kedochim)
LE SIPPOUR
Les beaux jours de Pessa’h sont à peine passés qu’on a voulu vous gratifier d’un Sipour sur un des grands de notre Peuple : le rav Yéheskiel Landau זצל connu sous le nom de son œuvre, le Noda’ Biyehouda. L’histoire se déroule voici près de deux siècles dans la grande ville de Prague dans l’Empire Austro-Hongrois. A pareille époque le rav Landau était un jeune Talmid ‘Hakham et marchait dans la grande ville quand sur son chemin il vit un jeune enfant non-juif pleurer à chaudes larmes. La raison en est qu’il venait de se faire voler la recette de la journée : la vente de petits pains. Connaissant son père et sa grande cruauté il savait qu’il serait roué de coups pour ne pas ramener l’argent à la maison. Le rav Yéheskiel compatit avec le jeune garçon et lui tend la somme estimée des ventes. L’enfant repart, consolé à sa maison, tout heureux ! Quelques dizaines d’années plus tard le grand rav Landau est assis dans sa maison à étudier la Tora durant la nuit du dernier jour de Pessa’h quand il entend frapper à la porte des tous petits coups. Il se lève et va pour ouvrir la porte et fait entrer sans faire de bruit un grand gaillard visiblement pas de la communauté. Ce gentil chuchote au rav qu’il fait partie des meuniers de la ville et qu’il vient lui révéler un grand secret. A la sortie de Pessa’h, la compagnie des meuniers et boulangers de la ville ont fomenté un terrible complot contre la communauté juive. Ils ont décidé d’EMPOISONNER tous les pains car ils savent que la nuit de la sortie de Pessa’h l’habitude est que la communauté se réapprovisionne chez les boulangers non-juifs pour éviter l’interdit du ‘Hamets qui a passé le Pessa’h ! C’est à cette occasion que les boulangers ont décidé d’accomplir leur terrible dessein. Le rav lui demande alors pour quelle raison il prend le risque de dévoiler un tel complot. Le gentil répondit que c’était lui le jeune garçon qui a été sauvé de la méchanceté de son père et qu’il avait gardé pour toujours une dette de gratitude vis-à-vis du rav et de la communauté juive en général. Le rav le remercia vivement et le lendemain matin, déclara à toute la communauté qu’un rassemblement de la communauté aurait lieu en après-midi dans la grande Choule de Prague : tout le monde devait y participer. Comme prévu toute la communauté constituée de plusieurs milliers de fidèles se réunit autour de leur grand rav. Le Noda Biyéhouda déclare une chose qui n’a jamais eu de précédent dans l’histoire de la ville : une erreur s’est glissée dans l’élaboration du calendrier des fêtes juives. Au lieu de se terminer le soir-même, la fête devra se poursuivre un jour supplémentaire ! Il sera donc formellement interdit de manger encore du ‘Hamets ce soir et ce jusqu’au lendemain. La nouvelle se répandit comme une trainée de poudre, mais puisque c’est le grand rav qui l’annonce, c’est kadoch ! On aura bien-sûr compris que c’est une magnifique ruse pour sauver la communauté toute entière et aussi préserver la vie au fils du meunier. Finalement à la sortie du 9ème jour de Pessa’h le responsable des artisans non-juifs boulangers, culoté, vient se plaindre au gouverneur de la ville comme quoi la communauté juive a entrainé une grosse perte à sa corporation car personne de la communauté n’a acheté son pain, chez eux, cette année.
Le rav Landau fut appelé à défendre les intérêts de la communauté. Il répondit tout simplement qu’il est prêt à dédommager les boulangers si le chef du métier mange de ses propres pains. Il n’y a dommage que si la nourriture est de qualité, tant qu’à faire. Le responsable des meuniers comprend qu’il est tombé dans son propre piège et implore le gouverneur de ne pas manger du bon pain car il a des maux de ventre… Finalement les miches de pains seront données à manger aux chiens de la ville qui ne passeront pas la nuit… de la Mimouna. Les meuniers seront jetés en prison tandis que la communauté fêtera la sagesse de son grand rav. Combien sont justes les paroles de la Hagada de Pessa’h : ’A chaque génération se lèvent des ennemis contre nous, et c’est TOI Hachem qui nous préserve de leurs mains, de générations en générations’.
Cette semaine nous avons appris l’importance du soutien aux Talmidé ‘Hakhamim et grâce à cette Mitsva Hachem protégera Son peuple de tous maux.
Chabbath Chalom ouMevorakh, à la semaine prochaine, si D’ le veut.
David Gold
E-mail : dbgo36@gmail.com
Tél : 00972 55 677 87 47
Une eBrakha à ma belle-mère pour une bonne santé et du Na’hat de toute sa descendance dans la Tora et les Mistvoth ‘ad méa ve’essrim.
Une Berakha de bonne santé au rav Kahn chelita et son épouse pour tout son travail de développement de la Tora (Afoula).
Une Berakha au rav Gérard Zizek ch’lita et à son épouse (Paris) et aux enfants pour tout son travail de développement de la Tora en France.


























