Sur fond de contacts avec Israël : au Liban, un avertissement inquiétant pour la suite

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Le chef du parti des Forces libanaises, Samir Geagea, a rejeté la position du leader druze Walid Joumblatt. Le président libanais Joseph Aoun a annoncé aujourd’hui que les négociations avec Israël seront menées exclusivement par une délégation libanaise.

Ma’ariv

Le chef du parti des Forces libanaises, Samir Geagea, a rejeté la position du leader druze Walid Joumblatt, selon laquelle il faudrait reporter des contacts politiques majeurs — y compris une rencontre potentielle entre le président du Liban et le Premier ministre israélien — jusqu’à la conclusion d’accords clairs. Geagea a averti qu’une telle approche attentiste conduirait le Liban à une paralysie prolongée, comparant la situation fragile actuelle à la période de domination syrienne dans les années 1980.

Dans une interview accordée à la présentatrice principale Hala Ghaml, Geagea a été interrogé sur les récentes déclarations de Joumblatt. La journaliste lui a rappelé que Joumblatt avait affirmé qu’une rencontre entre le Premier ministre israélien et le président libanais devrait être repoussée jusqu’à l’obtention d’accords préalables, ajoutant qu’« il ne faut pas se rencontrer avant d’être parvenus à un accord ».

Lorsqu’on lui a demandé si de telles rencontres intervenaient « trop tôt » à son avis, Geagea a répondu fermement : « Non, non. Je ne vois pas les choses ainsi. Cette approche ne mènera nulle part. Nous pourrions rester bloqués dans cette situation pendant des dizaines d’années. »

À la question de savoir s’il était crucial d’engager immédiatement des contacts, Geagea a confirmé l’urgence : « Oui, bien sûr. Sinon, rien ne se produira. Nous ne sommes plus dans les années 1980, à l’époque de Hafez al-Assad en Syrie, avec une réalité politique totalement différente. »

Geagea a provoqué une tempête politique après avoir appelé à organiser sans délai une rencontre entre le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Selon lui, une telle réunion est « nécessaire » dans le cadre d’un passage plus large à des négociations directes avec Israël.

Alors que Joumblatt, dirigeant du Parti socialiste progressiste, adopte souvent une approche prudente visant à manœuvrer entre les différents blocs du pays et à éviter une fracture interne susceptible de conduire à des effusions de sang, Geagea suit une ligne ferme et sans compromis. Son parti réclame de manière constante le rétablissement de l’autorité de l’État, le démantèlement des milices armées — en premier lieu le Hezbollah — et l’application complète des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.

La référence aux années 1980 par le chef des Forces libanaises n’est pas fortuite. À cette époque, dans le contexte de la guerre civile libanaise, le régime syrien dirigé par Hafez al-Assad avait renforcé son emprise sur le pays et affaibli son indépendance. Geagea considère qu’une attente passive et une paralysie politique constituent un danger existentiel pour la souveraineté libanaise, qui pourrait à nouveau se retrouver prise en otage, comme il l’a souligné dans l’interview.

Par ailleurs, le président du Liban, Joseph Aoun, a annoncé aujourd’hui (lundi) officiellement que les négociations bilatérales avec Israël seront menées exclusivement par une délégation libanaise, dirigée par l’ancien ambassadeur du Liban aux États-Unis, Simon Karam. Dans son communiqué, le président a précisé qu’aucune partie étrangère ne sera impliquée dans cette mission ni ne remplacera le Liban à la table des négociations.

Selon un reportage de la chaîne libanaise LBCI, l’idée d’une rencontre entre le président Joseph Aoun et le président américain Donald Trump est actuellement à l’étude, mais aucune préparation concrète n’a encore été engagée. Aoun a souligné que le prochain cycle de discussions se déroulera indépendamment de toute autre initiative politique en cours.

« Le Liban se trouve aujourd’hui à un carrefour décisif, et seules deux options sont sur la table », a déclaré le président. « Soit poursuivre la guerre avec toutes ses conséquences humaines, sociales, économiques et souveraines dévastatrices, soit choisir la voie des négociations afin de mettre fin aux combats actuels et d’assurer une stabilité durable pour les citoyens. »

Aoun a ajouté dans son discours, également cité par le journal An-Nahar, que l’objectif principal de cette démarche est de mettre fin aux hostilités, de restaurer la pleine souveraineté de l’État et d’assurer le déploiement de l’armée libanaise jusqu’aux frontières internationales reconnues dans le sud.

« Mon choix est sans équivoque en faveur des négociations », a déclaré le président. « Je suis plein d’espoir qu’à travers cette démarche, nous parviendrons à sauver le Liban d’un effondrement total. »

Parallèlement, des informations en provenance du pays indiquent qu’Aoun exige un cessez-le-feu complet comme condition préalable.

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