Comment faire avec la photo de Poutine ?

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Autour de la table de Chabbath n° 441 Nasso

Pourquoi ne voit-on pas beaucoup de Bentley à Méa Chearim?

La fête de Chavou’oth sera à peine passée que nous avons décidé de continuer notre réflexion sur un sujet déjà abordé concernant la parnassa et les Avrékhim. Beaucoup se questionnent : puisque la Tora est source de bénédictions, alors pourquoi ceux qui l’étudient à longueur de journée ne sont pas forcément des plus riches ? Pourquoi voit-on plus de Mercédès dans les banlieues huppées de Tel Aviv et pas à Bené Brak ou à Méa Che’arim ? Plusieurs réponses vont être apportées.

La première c’est celle de l’élève du Gaon de Vilna, le rabbi ‘Haïm de Wolozin. Il enseigne dans les Pirké Avoth une chose profonde. La Guemara dans Berakhoth (17:) enseigne qu’à une période reculée il existait un grand Tsadik, rabbi ‘Hanina ben Dossa. Ce Juif se contentait toute la semaine d’un volume de caroube comme alimentation tandis que la voix céleste disait à son sujet que c’est « grâce » à son mérite que le monde entier trouve sa subsistance ! Le mot employé pour dire « grâce » en langue sainte c’est « bichvil », le même mot désigne le « chemin » ou le conduit (be-Chvil). Rabbi ‘Hanina était tellement Tsadik que c’était par son propre mérite que le monde entier était nourri ! Grâce à son niveau élevé dans le Service divin, un cheminement était élaboré dans les cieux, par lequel se déversait une grande berakha sur terre ! De la même manière, explique le rav de Wolozin, les Tsadikim de notre époque qui étudient la Tora font descendre sur terre une grande bénédiction dans le monde. Seulement, continue le rav, comme il existe une grande population dans le monde entier et que le nombre des Tsadikim est restreint, la bénédiction qui est produite par ces derniers est déversée dans le reste du monde car Hachem tient à ce que la terre continue de tourner !

Au final, ce sont les Avrékhim de Bené Brak ou de Jérusalem qui donneront la bénédiction jusque dans les lointaines contrées d’Asie et d’Amérique ou plus proche de nous comme à Paris et Tel Aviv ! Tandis que nos valeureux hommes, comme ils ne recherchent pas le «toujours plus», se contenteront d’une part bien moindre.

Intéressant, non ?

Dans une optique un petit peu différente, le Or Ha’Haim Hakadoch explique dans la paracha Kedochim l’interdit de voler son prochain. Le mot employé c’est «Lo Taachok» : ne trompe pas ton ami. Explique le rav : «l’ami» dont il s’agit c’est le Ben Tora (celui qui s’adonne à la Tora) qui n’est pas riche. Car, le Ari zal explique que le monde ici-bas, ne peut pas contenir toutes les bénédictions générées par l’étude des Tsadikim. Cette bénédiction est tellement grande qu’elle est réservée au monde futur à tous ceux qui ont étudié la Tora (ou qui ont soutenu la Tora).

Cependant la bénédiction est déversée sur terre par les gens «bénoni» : les gens de la communauté qui pratiquent la Tora et les Mitsvoth mais qui ne sont pas à l’étude toute la journée. C’est grâce à leurs mérites que les Talmidé ‘Hakhamim peuvent continuer à étudier la Tora car ces gens qui soutiennent la Tora sont à l’image de ces gouttières du toit dans lesquelles se déverse la pluie du ciel et qui font dévier les pluies vers leurs évacuations.

Pareillement, ces hommes de la communauté mettent à disposition des Talmidé ‘Hakhamim leurs biens en soutenant leur étude. Donc la Tora dit à leur égard : « Ne vole pas ! »

C’est-à-dire ne détourne pas cette bénédiction que tu as reçue (pour soutenir les Talmidé ‘Hakhamim) vers d’autres dépenses ! Donc on aura compris que lorsque les Raché  Kollélim et Raché Yechivoth sillonnent le monde et frappent aux portes des magasins pour recevoir les aides, ils prennent leur dû ! Dans tous les cas, les deux explications ont pour dénominateur commun : ce sont les Avrékhim qui donnent la bénédiction au reste du monde et qui donnent une raison à toute cette profusion dans le monde. Donc on aura une question à poser à nos lecteurs :

 « QUI SUBSISTE SUR LE COMPTE DE QUI ? L’AVREKH DE BNE BRAK OU L’HOMME NANTI DE NEW YORK ?»

Autre explication, plus prosaïque, c’est de savoir que la grande richesse n’est pas à mettre entre toutes les mains ! En effet, pour l’homme croyant, que nous sommes, la vraie félicité dans ce bas monde n’est atteinte qu’au travers de l’étude et de la pratique des Mitsvoth. Or une personne qui est née sous le signe de la grande richesse risque rapidement de se détourner de son Créateur ! Les tentations sont si grandes que cela relève du miracle qu’un érudit puisse sortir d’un tel contexte. Combien d’hommes connaissez-vous qui ont la richesse et respectent la Tora et les Mitsvoth ? Et même si vous me répondez que vous connaissez cet homme droit et nanti de la communauté qui relie la Tora, les Tsedakoth à la vie séculaire, c’est formidable mais cela n’atteint pas le niveau de profondeur qu’un Avrekh peut atteindre dans son étude. Donc on aura compris que Hachem n’envoie pas d’une manière générale cette bénédiction matérielle (la grande richesse) dans les familles d’Avrékhim car Il a beaucoup plus de plaisir à voir ses enfants étudier la Tora alors qu’ils se trouvent dans la recherche d’économie, plutôt que d’être dans la richesse.

Pour illustrer ce dernier point on rapportera une petite anecdote au sujet du rav Steinmann zatsal. Une fois, un des proches du rav est venu lui demander conseil. Notre homme, père d’une nombreuse famille, avait beaucoup de mal pour faire face aux remboursements des prêts. Il connaissait aussi la Kedoucha (sainteté) du rav et lui demanda qu’il le bénisse afin qu’il éponge toutes ses dettes. Le rav Steinmann réfléchit quelques temps puis dit : « Toute la vie, c’est un grand combat (Hitmodedouth). Il existe un large éventail d’épreuves dans la vie de l’homme. Certains ont l’épreuve dans le domaine de la santé, d’autres n’ont pas d’enfants, d’autres au contraire ont des enfants mais ils ne se comportent pas bien. D’autres enfin ont des problèmes de Chalom Bait. La plus petite des épreuves de nos jours c’est celle de la parnassa (subsistance). Donc si tu veux la bénédiction dans ce domaine, je peux te la donner et tu l’obtiendras, mais d’un autre côté les enfants risquent de chuter dans leur pratique du judaïsme ou encore pourra apparaitre un problème dans un autre domaine. Donc je te conseille de ne pas «échanger» ton problème par un autre qui sera beaucoup plus difficile !» Intéressant, non ?

Cependant, pour tous ceux qui veulent s’adonner à la Tora mais qui ont peur du manque à gagner, le Steipler disait : « Je ne peux pas te promettre la richesse (pour celui qui devient Avrekh) mais ce qui est sûr, c’est que d’étudier la Tora n’amènera pas la pauvreté ni le manque de réussites. Un homme ne rate pas ses occasions ou ses réussites parce qu’il a choisi d’être Avrekh !»

LE SIPPOUR

Comment faire la photo avec Poutine ?

Comme nous sommes encore à quelques encablures de la fête de Chavou’oth, on a décidé de vous faire partager une histoire véridique qui nous réchauffera le cœur ! Le rav Zaïde chlita rapporte l’histoire récente d’une jeune fille juive de Russie.

Cette dernière se lança corps et âme dans de longues études pour devenir médecin. Avec les années, cette jeune fille opta pour la spécialité de chirurgie de la boite crânienne. Comme vous vous en doutez bien (en particulier notre lecteur assidu et très bon stomatologue-dentiste, G. Cohen de Paris/Richer), les études de médecine sont très poussées et les niveaux doivent être excellents, à plus forte raison pour cette spécialité de chirurgie bloc opératoire. Mais comme le dicton le dit bien : rien ne tient devant la volonté de l’être humain. Donc notre jeune fille fera tout pour réussir ses études. Or la médecine russe plaçait la barre haute pour décrocher le diplôme et les examens étaient très difficiles. Seulement dans le même temps, notre jeune fille fit ses premiers pas dans la pratique des Mitsvoth et se rapprocha de la foi de ses pères (ou plutôt de ses arrières grands-parents). Et finalement au bout de 12 années de travail d’arrachepied elle décrocha le diplôme final.

Au départ de sa promotion ils étaient 100 dans sa spécialité et finalement il ne restait plus qu’elle et un autre étudiant pour recevoir le diplôme consacrant notre jeune fille chirurgien apte à opérer en bloc opératoire. Seulement le corps enseignant russe avait prévenu notre étudiante que la remise de son diplôme se déroulerait lors d’une grande cérémonie devant tout le parterre de la médecine russe et l’heureux étudiant devait signer un engagement suivant un protocole propre à la médecine russe. Formidable ! Cependant il y a avait un «hic» dans tout cela. C’est que la date de la remise des diplômes tombait le jour de la fête de Chavou’oth. Notre fille était devant un grand dilemme ! Elle savait que le jour de fête c’est interdit d’écrire (comme le Chabbath) donc quoi faire ? Elle savait pertinemment aussi que dans un cas similaire, un des étudiants qui avait décroché le diplôme était tombé malade et le jour de la remise des diplômes était venu en brancard (de l’hôpital) pour ne pas rater la formidable occasion. Car tout le monde le sait : sans cette cérémonie c’est NIET ! Il n’est pas possible de pratiquer ! Donc notre étudiante avait un vrai problème devant elle : valider ses 12 années de travail acharnées ou respecter le Yom Tov ? Elle se rendit alors chez le grand rabbin de toute la Russie : rav Berl Lazar chelita, pour prendre conseil. Le rav essaya de faire changer la date de la remise des diplômes, en vain. La cérémonie ne pouvait pas être repoussée et si notre fille ne se présentait pas, bye bye le diplôme et les 12 années de travail. Le rav expliqua à notre jeune fille qu’il n’y avait pas de solution et donc qu’elle ne pouvait pas se rendre le jour de la cérémonie. La jeune fille effectivement ne se présenta pas devant le jury le jour de Chavou’oth comme le rav lui avait dit de faire. Fini la spécialité, le bloc opératoire, tout juste bon pour la médecine générale au paradis des anciens soviets. Fin du premier épisode.

Huit mois plus tard, à l’occasion de Hanoucca notre jeune fille est invitée avec une bonne partie de la communauté juive de Moscou à faire un allumage en compagnie du rav Lazar. De plus, l’invité de marque de la soirée n’est autre que le président de toutes les Russies : Poutine en personne ! Le rav Lazar qui est un grand défenseur de la cause juive alluma une bougie et invita le président de Russie à faire l’allumage devant toute la communauté. Puis le rav prend le micro et annonce : « On appelle notre héroïne de l’année qui n’a pas transgressé la Tora à venir allumer aussi sa bougie ».

Il s’agit de notre ancienne étudiante qui monte sur l’estrade et allume aussi sa bougie. Le président de la Russie prend le rav Lazar par la main et lui demande l’explication de son acte héroïque.

Le rav expliqua brièvement que la Tora interdit d’écrire à Yom Tov et que cette fille a préféré laisser tomber son diplôme plutôt que de transgresser la Tora. Poutine en entendant cela était prêt à tomber par terre. Il dit : « Vous, les Juifs, vous êtes un peuple extraordinaire. Votre loi est vieille de 3000 ans et vous êtes prêt à tout pour ne pas la transgresser (alors que chez nous, les lois les plus récentes du pays sont contournées et non-respectées !) ». Seulement on est Poutine ou on ne l’est pas, sur le champ le président appellera le recteur de l’université de médecine de Moscou pour lui demander ce qui s’est passé avec cette fille. Le recteur, antisémite notoire (propre à la bureaucratie communiste) déversa son venin contre les Juifs et dira au téléphone que c’est exact, cette jeune fille en ne venant pas récupérer son diplôme avait ridiculisé le jury et donc elle ne devait pas recevoir son diplôme. Poutine au bout du fil, qui était encore empreint de la sainteté de l’allumage de Hanoucca dit au vieil universitaire d’un ton qui ne lui laissa pas de possibilité de se rebiffer : « Je veux que tu viennes DE SUITE remettre à cette jeune fille son diplôme ! ». Il parait que les Tsars ont disparus mais semble-t-il que les ordres de Poutine font grand effet même sur les vieux bureaucrates. Et effectivement, le vieil universitaire russe se déplaça immédiatement et transmis à notre jeune héroïne son diplôme. Et pour l’occasion une photo a été prise avec la nouvelle diplômée accompagnée de Poutine à ses côtés sous les Yeux bienveillants de la Providence divine. Le fin mot de notre histoire c’est que cette jeune fille a quitté le froid glacial de Moscou pour s’installer en Terre Promise ! (Nissan 5778/Mars 2018) et a été reçu par l’hôpital Hadassa de Jérusalem comme aide chirurgien en bloc opératoire ! On lui souhaitera beaucoup de réussites (et qu’on n’ait pas besoin de ses services !) Fin de l’anecdote véritable.

Et pour nous, de savoir qu’on n’a pas besoin de vivre au pays des anciens soviets pour sanctifier le Nom de Hachem. Il «suffit» de bien s’occuper de ses enfants, de son mari de son épouse afin de veiller qu’ils aillent au Beth hamidrach sans oublier de s’habiller modestement pour faire un grand Kidouch à Hachem et ce : TOUS LES JOURS ! Vaste programme.

Coin Hala’ha: sur l’allumage des bougies de Chabbath. On devra allumer des belles bougies à l’entrée de Chabbat (bien avant le coucher du soleil). L’habitude est d’en allumer deux en souvenir de deux Mitsvoth : «Chamor»/garder le Chabath et du «Zakhor»/ se souvenir du Chabbath.

De plus, le Talmud enseigne que grâce à ce bel allumage, on méritera d’avoir des enfants érudits comme le verset en fait allusion. Car de la lumière de la Mitsva (de l’allumage) viendra la lumière de la Tora !». C’est pourquoi il est bien que la mère de famille après son allumage fasse des prières afin que ses enfants grandissent dans la Tora. On n’allumera pas les bougies qui ont été confectionné pour les temples idolâtres ! (Siman 263.1)

Chabbath Chalom et à la semaine prochaine si D’ le veut !

David Gold avrekh soffer écriture sépharade et ashkénaze

Tél : 00972 55 677 87 47 email:dbgo36@gmail.com

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