Le Likoud a annoncé qu’il agirait pour disqualifier les deux listes arabes en invoquant un soutien au terrorisme • Le président du groupe Israël Beytenou a déposé une demande distincte contre Ofer Cassif : « Il n’a pas changé de voie – il l’a seulement radicalisée »
JDN – Photo : Ofer Cassif
La bataille des disqualifications à l’approche des élections pour la 26e Knesset s’élargit : le Likoud a annoncé aujourd’hui qu’il soumettrait à la Commission centrale des élections des demandes visant à disqualifier la Liste unifiée et Ra’am de la course électorale. Dans le même temps, le président du groupe Israël Beytenou, le député Oded Forer, a déposé une demande distincte pour disqualifier la candidature du député Dr. Ofer Cassif.
Dans le communiqué du Likoud, il est affirmé qu’il n’y a pas de place à la Knesset d’Israël pour ceux qui portent atteinte aux soldats de Tsahal et sont incapables de qualifier le Hamas et le Hezbollah d’organisations terroristes.
Au Likoud, on a également lié cette démarche à la campagne électorale et aux efforts pour former un gouvernement alternatif. « Ces partisans du terrorisme sont les partenaires naturels de Gadi Eisenkot, avec lesquels il veut former un gouvernement aux côtés de Yair Golan et Lieberman. Il ne faut pas laisser cela se produire », a déclaré le parti.
La Liste unifiée a réagi à la décision du Likoud de déposer une demande de disqualification à son encontre et à celle de Ra’am : « Aucune tentative de nous faire taire ne fonctionnera. Plus ils essaieront de nous disqualifier, plus nous nous multiplierons et nous développerons. »
Aux côtés des demandes du Likoud, le député Forer a soumis à la Commission centrale des élections une demande de disqualification de Cassif en vertu de l’article 7A de la Loi fondamentale : La Knesset. La demande se concentre sur l’allégation du soutien continu de Cassif à la lutte armée contre l’État d’Israël.
La demande rassemble une série de déclarations et d’actions attribuées à Cassif. Il est notamment affirmé qu’il a déclaré qu’« il n’y a pas de terrorisme contre les soldats », a qualifié ceux qui attaquent les soldats de Tsahal de « combattants de guérilla » et de « combattants de la liberté », et a prétendu que les Palestiniens ont le droit d’utiliser des moyens armés contre ce qu’il a défini comme « l’occupation ».
Forer a également joint à sa demande la signature de Cassif sur une pétition soutenant la plainte de l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de justice de La Haye, ses appels aux soldats de Tsahal à refuser d’obéir aux ordres pendant la guerre et son refus de qualifier le Hamas d’organisation terroriste.
Selon les auteurs de la demande, il ne s’agit pas de déclarations isolées mais d’un schéma cohérent et continu. Au cours du mandat de la 25e Knesset, la Commission d’éthique a infligé quatre sanctions à Cassif, cumulant environ dix mois d’exclusion de l’activité parlementaire. Dans l’une de ses décisions, la commission a établi qu’il s’agissait d’un « mode d’action systématique et cohérent » et de violations répétées.
La demande comprend également une référence aux positions de Cassif concernant la nature de l’État d’Israël, notamment un appel à l’annulation de la Loi du Retour, une opposition au sionisme et des comparaisons qu’il a établies entre l’État d’Israël et le sionisme d’une part, et l’Allemagne nazie d’autre part.
Au cœur de l’argumentation juridique se trouve la différence entre la base factuelle actuelle et celle examinée par la Cour suprême en 2019, lorsque la décision de la Commission des élections de disqualifier la candidature de Cassif avait été annulée.
Selon Forer, alors que la procédure précédente reposait principalement sur quelques articles de presse, la nouvelle demande comprend des interviews complètes, des publications directes de Cassif sur les réseaux sociaux, des discours prononcés à la tribune de la Knesset, des enregistrements, des actions sur la scène internationale et des décisions officielles des institutions de la Knesset. Selon lui, l’accumulation de ces éléments crée la « masse critique » de preuves requise par la jurisprudence de la Cour suprême pour disqualifier un candidat.
« En 2019, la Cour a dit que les preuves contre Cassif étaient insuffisantes. Depuis, Cassif n’a pas changé de voie – il l’a seulement radicalisée », a déclaré Forer. « Aujourd’hui, on ne peut plus parler d’une seule déclaration sortie de son contexte ou de quelques articles isolés. Nous avons ici des années de déclarations, d’actes et de décisions institutionnelles qui montrent un schéma clair. »
Forer a ajouté que Cassif « légitime les attaques contre les soldats de Tsahal, les appelle à refuser les ordres, qualifie ceux qui les combattent de « combattants de la liberté », soutient les procédures internationales contre Israël et refuse de reconnaître les limites légitimes du combat politique. »
« Une démocratie doit aussi protéger la liberté d’expression, mais elle n’a pas à permettre à quelqu’un qui soutient la lutte contre l’État d’utiliser la Knesset comme tribune pour des activités contre l’État », a conclu Forer. « En 2019, une chance a été donnée à Cassif. Depuis, il a prouvé à maintes reprises que le problème n’était pas une déclaration accidentelle – c’est une ligne de conduite. »
Le député Ofer Cassif a réagi à la demande de disqualification de sa candidature aux élections de la 26e Knesset : « La tentative de me disqualifier est une démonstration pathétique de politique méprisable de la part de ceux qui prétendent appartenir au « bloc du changement » et s’opposer aux kahanistes et au fascisme, mais qui en pratique s’alignent sur eux et rivalisent du matin au soir pour savoir qui est le plus à droite et le plus extrême.
» Ce n’est que dans un monde orwellien qu’on peut présenter une personne comme moi – qui exprime publiquement et systématiquement une position humaniste contre la violence et en faveur d’une lutte non violente – comme un « soutien du terrorisme », alors que c’est précisément l’auteur de la demande de disqualification et ses amis, qui légitiment le terrorisme d’État et les crimes de guerre, qui se présentent comme des opposants au terrorisme. Aucune persécution politique ni aucune tentative de muselage ne me dissuaderont : je continuerai à proposer une alternative ferme, à lutter contre l’occupation, la guerre et la violence, et à faire entendre une voix claire et limpide en faveur de la paix, d’une véritable égalité et de la protection des plus vulnérables. »



























