La députée Tally Gotlieb (Likoud) a vivement attaqué le chef d’état-major Eyal Zamir suite à sa lettre contre le projet de loi visant à geler l’arrestation des étudiants de Yechiva, affirmant qu’il a outrepassé ses fonctions en s’immisçant dans l’arène politique.
JDN – Zeev Gour Arié
La députée Tally Gotlieb (Likoud) a vivement attaqué aujourd’hui (mardi) le chef d’état-major de l’armée, le général de corps d’armée Eyal Zamir, suite à la lettre inhabituelle qu’il a publiée contre le projet de loi visant à geler l’arrestation des étudiants de Yechivoth (séminaires talmudiques) jusqu’après les élections.
« Chef d’état-major Eyal Zamir, je vous suggère de rester à votre place ! Restez à votre place ! », a écrit Gotlieb dans son message adressé au chef d’état-major. « Je ne menace pas, bien sûr, car je n’en ai pas le pouvoir. Mais votre lettre outrancière d’hier exige votre licenciement. »
Selon elle, le chef d’état-major a outrepassé ses fonctions en exprimant une position sur une question qui fait l’objet d’un débat public et politique, et sur laquelle la Knesset est en train de légiférer. « Vous avez osé descendre sur le terrain politique et, ce faisant, affaiblir le moral de nos soldats et des citoyens d’Israël, comme le dernier des députés de l’opposition », a-t-elle écrit.
Elle a conclu ses propos par un appel sans équivoque : « Moi, je vous limogerais sans hésitation. Et le plus tôt sera le mieux. »
La réaction du président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense
Hier, un communiqué a été publié par le bureau du président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense, dans lequel [Boaz] Bismuth a vivement attaqué l’attitude d’Eyal Zamir, écrivant : « La lettre du chef d’état-major concernant la disposition temporaire visant à suspendre les procédures pénales contre les étudiants de la Tora n’a été envoyée que hier soir au ministre de la Défense et au Premier ministre, alors même que la commission avait déjà terminé ses délibérations et voté sur le projet de loi. Pourtant, le texte de cette disposition temporaire était entre les mains de l’armée (Tsahal) depuis environ trois semaines et ses représentants ont assisté à toutes les réunions.
« La version finale de la disposition temporaire a été élaborée en parfaite coordination avec les représentants du ministère de la Défense et à leur demande. De plus, la commission a accédé de manière exceptionnelle à la demande du ministère de la Défense de soumettre deux objections après l’expiration du délai légal, et toutes deux ont été acceptées et intégrées dans le texte.
« Lorsqu’une commission de la Knesset termine ses débats et vote sur un projet de loi, celui-ci quitte sa table pour passer à l’étape suivante du processus législatif de la Knesset.
« La question se pose donc de savoir pourquoi cette lettre n’a été envoyée qu’après la fin des débats et du vote, et publiée précisément le jour où la loi doit être présentée en session plénière. Si l’objectif était de corriger le texte, Tsahal disposait, comme mentionné, de près de trois semaines pour le faire. Il est difficile de voir dans ce timing une simple coïncidence.
« Tout au long des débats sur cette disposition temporaire, les représentants de Tsahal n’ont pas été en mesure de présenter à la commission ne serait-ce qu’un seul cas où l’arrestation d’un étudiant de la Tora a conduit à sa conscription effective.
« Le chef d’état-major affirme dans sa lettre que cette disposition temporaire détournera l’attention et les ressources en pleine guerre. Pourtant, ce sont précisément ces arrestations — qui ne mènent à aucune conscription et n’atteignent pas leur objectif — qui détournent inutilement l’attention et les ressources ».


























