Le rabbi de Kalov, par. Matoth Massé : le pouvoir protecteur du Chabbath contre les ennemis

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« Et il n’en manque pas un seul » (Bamidbar 31,49).

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, alors que les nazis se trouvaient en Égypte, en route vers Erets Israël, on annonça une veille de Chabbath que, quelques jours plus tard, ils allaient conquérir Erets Israël. Ils commencèrent à lancer des bombes en direction d’Erets Israël, et la peur qui régnait alors dans le pays était immense.

Lorsqu’un ‘Hassid décrivit à rabbi Chlomo de Zwill zatsal la peur qui régnait aux quatre coins d’Erets Israël, le rabbi lui répondit que, compte tenu de notre respect du Chabbath et du fait que nous récitons le vendredi soir « Vayekhoulou…», où nous attestons de notre émouna, grâce à ce mérite, notre requête qu’ils ne pénètrent pas en Erets Israël sera accueillie favorablement. En effet, nos Sages (Chabbath 119) affirment : « Toute personne qui récite « Vayekhoulou » le soir du Chabbath devient partenaire de Hachem dans la Création du monde. » Or, le partenariat fonctionne sur l’aval de tous les participants, et nous refusons que les nazis entrent en Erets Israël.

Ce principe sur lequel s’appuie le rabbi est développé longuement dans les ouvrages saints. En effet, le respect du Chabbath, dans son essence, traduit notre foi dans le maintien du monde par le Créateur, loué soit-Il. En effet : « En six jours, Hachem a créé le ciel et la terre et le septième jour, Il a mis fin à l’œuvre et s’est reposé » : lorsque le peuple juif respecte le Chabbath et s’imprègne lui-même de cette croyance selon laquelle Hachem dirige le monde et a le pouvoir de le modifier, ils méritent une protection surnaturelle et miraculeuse contre toutes les nations. La Guemara affirme (Chabbath 118) que toute personne qui fait du Chabbath un délice obtient un héritage sans limites : c’est la Segoula du Chabbath. Toute personne qui le respecte mérite de s’élever au-dessus des lois de la nature.

Par conséquent, le maintien du peuple juif sur sa terre nécessite une conduite miraculeuse au-delà de la nature. Selon les lois de la nature, comment le peuple juif pourrait-il tenir face aux nations, telle une brebis parmi soixante-dix loups qui cherchent à lui nuire ? Ils le méritent uniquement lorsqu’ils respectent le Chabbath, car, lorsqu’on profane le Chabbath, on perd le mérite d’une Providence divine miraculeuse. Dans ce cas, ils sont conquis par les nations, qui, d’après les lois de la nature, ont la faculté de les dominer.

D’après ce développement, nous comprenons mieux cette affirmation de nos Sages (Chabbath 119) : « Jérusalem n’a été détruite que parce que le Chabbath y a été profané.» S’ils avaient respecté le Chabbath correctement, les ennemis n’auraient pas été en mesure d’entrer en Erets Israël.

Il existe à ce sujet de nombreux récits au fil du temps : par le mérite du respect du Chabbath, Hachem protège le peuple juif des ennemis qui cherchent à lui nuire, de manière exceptionnelle et surnaturelle. Nos Maîtres (Chabbath 118b) affirment que, lorsque les Juifs respectent le Chabbath conformément à la Halakha, aucune nation ou peuple ne peut les dominer.

À ce sujet, le Gaon rabbi Neta Shapira de Cracovie, que son mérite nous protège, dans son ouvrage Megalé ‘Amoukoth, révèle que lors du rite du Brith Ben hamétarim (l’alliance entre les morceaux), le Saint béni soit-Il révéla à Avraham Avinou qu’il existe soixante-dix nations dans le monde, dont la moitié appartient au clan de Yichma’ël et l’autre moitié, à celui d’Essav, tandis qu’Israël se tient au milieu et a le pouvoir d’éliminer la puissance des nations. L’idée en filigrane, c’est que la religion de l’islam, celle de Yichma’ël, a choisi comme jour de repos le vendredi, tandis que la religion chrétienne a opté pour le dimanche. Les Juifs, en revanche, ont reçu comme jour de repos et de sainteté le jour du Chabbath, qui est situé entre les deux jours de repos des nations. Par le mérite du respect du Chabbath, ils peuvent abolir le pouvoir de tous les musulmans et chrétiens.

Au sujet de Yichma’ël et d’Essav, nos Sages affirment (Baba Kama 92) : lorsqu’Essav prit pour femme Ma’hlath, fille de Yichma’ël, cela ressemble au moment où l’étourneau alla voir le corbeau. Les ouvrages des Mekoubalim expliquent que l’étourneau et le corbeau sont deux sortes de volailles impures, qui symbolisent la force de l’impureté qui s’oppose à toute forme de pureté, et il s’agit d’Essav et de Yichma’ël. Leur association indique que toutes les forces du mal et de l’impureté se sont liguées et mènent un combat contre le judaïsme. C’est la racine des malheurs et des dangers qui ont été le lot du peuple juif à toutes les époques. Ces Mekoubalim affirment qu’à la fin des temps, cette alliance entre Yichma’ël et Essav se renforcera considérablement.

Dans cette perspective, mon vénérable ancêtre rabbi Tsvi Elimélekh de Dinov, que son mérite nous protège, dans son ouvrage Bené Yissakhar, mentionne une belle allusion. Le terme «Chabbath», en Guematria, a la même valeur numérique que les termes «Zarzir Orev (étourneau et corbeau)» : le Chabbath s’inscrit en opposition à ces forces d’impureté d’Essav et de Yichma’ël. C’est uniquement grâce au respect du Chabbath que les Juifs peuvent abolir leur force.

Les propos de nos Sages constituent une source d’inspiration à notre époque, lorsqu’on constate la haine profonde des descendants d’Essav et de Yichma’ël à l’égard des Juifs. Le peuple juif est une brebis parmi soixante-dix loups, et d’après les lois de la nature, la situation paraît difficile et sans issue, et personne ne sait ce qui nous attend le lendemain. Ainsi, quel bonheur pour nous de posséder un moyen de surmonter tous ces obstacles grâce au respect du saint Chabbath qui nous octroie une protection divine au-delà de la nature.

Même de nos jours, nous entendons de nombreux récits de Juifs qui ont respecté le Chabbath en adhérant à la Halakha et ont été sauvés, par ce mérite, des manigances de Yichma’ël et d’Essav.

Nous trouvons une allusion à cette idée dans notre paracha : après la guerre entre les Bené Israël et Midiyan, les chefs des armées ont dit à Moché : « Tes serviteurs ont fait le dénombrement des gens de guerre qui étaient sous leurs ordres et il n’en manque pas un seul » : le dernier mot fait allusion à la force grâce à laquelle ils ont réussi à ne perdre personne dans cette guerre. En effet, le terme « Ich » (homme) est formé des initiales : Yichmerou eth Chabtotaï –ils respectent Mes Chabbatoth (Yechayahou/Isaïe 56,4) : grâce à ce mérite du strict respect du Chabbath, ils ont eu droit à une protection divine.

Chabbath Chalom !

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