Le rabbi de Kalov, par. Terouma : Briser l’addiction aux informations

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« Ils prendront pour Moi une offrande de la part de quiconque y sera porté par son cœur, vous recevrez Mon offrande.» (Chemoth 25,2).

Nous vivons une époque où les hommes sont de plus en plus dépendants des nouvelles instantanées les informant de ce qui se passe dans le monde entier, et gaspillent trop de temps à lire les nouvelles et à en discuter.

L’une des raisons de cette forte attirance pour les nouvelles tient au fait que si le monde entier est au courant, mais qu’un homme est à l’écart et n’est pas spécialiste de ces sujets, il se sentira perdant.

Mais si l’homme réfléchit à ce sujet, il comprend qu’il ne perd rien. La majorité des nouvelles lues dans le journal ne le concernent nullement, et les nouvelles fondamentales qu’on est tenu de savoir, tout le monde les connaît même sans lire le journal.

De plus, une bonne partie de ces informations reposent sur des bribes de rumeurs, de conjectures et de fausses explications de gens qui se prennent pour des spécialistes. Des titres sensationnels incitent l’homme à lire, mais le contenu des articles n’a rien de concret : le but est de remplir le nombre fixe de pages du journal.

Le véritable perdant est l’homme accro aux nouvelles. Les pays occidentaux estiment que chaque année, d’immenses sommes d’argent sont perdues sur la dépendance de certains aux média. Les employés passent beaucoup de temps pendant leurs heures de travail à consulter les informations qui sont constamment mises à jour et à correspondre dans les réseaux sociaux avec des personnes du monde entier. Même les élèves des écoles se consacrent à cette activité, au lieu de se concentrer sur leurs études, indispensables à leur réussite. Ils sombrent dans une vie de distraction, où ils sont incapables de se concentrer sur quoi que ce soit.

Malgré eux, les hommes deviennent dépendants de ce désir qui n’offre aucune satisfaction réelle. Ils passent d’un titre à l’autre, et au final, se sentent vides. Des heures s’écoulent sans aucun profit, et l’homme se ensuite mal dans sa peau et déprimé.

En-dehors des effets néfastes de la perte de temps, les effets nuisibles sont encore plus importants au niveau de la spiritualité, du Bitoul Tora. De nombreuses personnes ont l’usage de s’interrompre au milieu de leur étude de la Tora pour consulter leur appareil afin de voir les nouvelles. Certains éliminent totalement leurs heures réservées à l’étude de la Tora, sous prétexte qu’ils n’ont pas le temps, alors qu’ils perdent du temps sur les informations. À ce sujet, l’auteur du Séfer ‘Hassidim écrit : « Ne soyez pas avides de nouveauté – car elles détournent le cœur de l’homme de la Tora. »

L’un des facteurs de ce phénomène est le désir de plaire à notre prochain. On souhaite être apprécié et respecté du fait de notre connaissance des informations. Mais l’homme intelligent sait que lorsqu’on lui demande s’il est au courant de telle nouvelle, il répondra avec une audace de kedoucha : « Je ne m’intéresse pas du tout à ces futilités.»

Même si l’homme a besoin parfois de se détendre et lit les informations, il doit veiller à fixer une durée limitée, en lisant les titres de manière superficielle, et en lisant uniquement les nouvelles qui lui enrichissent l’esprit, et non des nouvelles futiles qui engourdissent son esprit.

Les effets négatifs de la dépendance aux informations sont perçus par toute personne sensée, or nous constatons que d’année en année, les outils d’informations sont de plus en plus développés, et les hommes de plus en plus dépendants, et même de nombreux adultes intelligents y sombrent. On y voit ainsi l’application des propos du Zohar Hakadoch : avant la venue du Machia’h, circuleront dans le monde de nombreux propos vides de sens.

Le ‘Hafets ‘Haïm explique cet état de fait : c’est l’intervention du Yétser Hara à l’époque précédant la venue du Machia’h, qui s’évertue à détourner les Juifs de leur étude de la Tora. En effet, l’étude de la Tora a la faculté de nous sauver des souffrances de la venue du Machia’h, tant du point spirituel que matériel, comme l’indique le traité Sanhédrin (98b).

C’est pour cette raison qu’en période de guerre, cette épreuve s’intensifie, comme l’indique l’auteur du ‘Avodat Panim : en période de guerre, le Yétser Hara cherche à entraver l’étude de la Tora, du fait que cette étude est la véritable arme qui nous défend contre tout ennemi matériel ou spirituel. Lorsque ceux qui étudient la Tora ne l’étudient pas et s’investissent dans les informations, ils nous mettent en danger, que D’ nous en préserve.

Une parabole circule dans les ouvrages sacrés à ce sujet : des soldats qui se trouvaient dans une structure sur le front, disparurent un instant pour écouter les informations sur la guerre. Le commandant s’en rendit compte et leur demanda : « Pourquoi écouter maintenant les informations ? C’est vous qui créez ces informations ! »

Mais le Yétser Hara s’insinue dans le cœur de l’homme et lui donne le sentiment qu’il est obligé de connaître toutes les informations en temps réel. Or, c’est une impression erronée et l’homme doit se persuader que s’il n’interrompt pas son étude, il ne manquera rien.
Nous pouvons dans cette perspective interpréter les propos du Midrach (Yalkout Reouvéni) sur notre paracha : « Comme Israël a dit : « Nous ferons et nous entendrons », aussitôt Hachem à dit à Moché : « Ils Me prendront une offrande… » Comme ils se sont engagés à étudier et à écouter des cours de Tora, aussitôt : « Ils Me prendront une offrande » : ils consacreront un horaire réservé à l’étude de la Tora. Ne pensez pas que vous devez vous interrompre, mais uniquement : « De la part de quiconque y sera porté par son cœur » : toute personne ne s’interrompt pas dans le domaine où son cœur le porte, « vous prendrez Mon offrande » : emportez la leçon de réserver de votre temps pour servir votre Créateur et d’éteindre le téléphone à ces heures-là.

Chabbath Chalom !

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