Le siège de l’Iran : pourquoi Trump semble-t-il préférer la guerre économique ?

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Les États-Unis ont concentré une force militaire colossale au Moyen-Orient, mais choisissent pour l’instant de prolonger le délai de négociation accordé à l’Iran, privilégiant des moyens économiques tels que le blocus d’Ormuz. Cette manœuvre n’est pas militaire, mais elle cause des dommages considérables à l’Iran — tant sur son industrie pétrolière que sur la capacité de reconstruction du régime. Ron Ben Yichai explique pourquoi Trump ne se précipite pas pour rouvrir le feu, et pourquoi cette situation pourrait paradoxalement convenir à Israël.

Ynet – Sharon Kidon et Ron Ben Yichai

« Actuellement, le Moyen-Orient accueille la force militaire la plus importante déployée dans la région depuis 2003. Elle comprend les groupes d’intervention de trois porte-avions — chacun escorté par trois destroyers, avec à bord de chaque porte-avions entre 80 et 90 appareils de types divers. Il y a plus de 200 avions de chasse dans la zone. C’est une armée de l’air complète. À cela s’ajoutent les forces présentes dans les bases américaines en Irak et dans les autres États du Golfe. C’est une puissance militaire américaine titanesque, capable de ravager n’importe quel pays au monde. Mais la question est : dans quel but l’activer, et faut-il seulement l’activer ? », explique Ron Ben Yichai, analyste défense de ynet.

Une Iran vulnérable face au colosse américain

« Face à cette puissance se tient l’Iran, dépourvue de capacités militaires significatives et exposée. Elle n’a quasiment plus de défense aérienne — et dès l’ouverture du prochain cycle d’affrontements, si celui-ci a lieu, elle n’en aura plus du tout. Ses capacités balistiques et ses autres ressources sont presque inexistantes. Ses seuls leviers sont le détroit d’Ormuz, qu’elle bloque, et sa capacité à menacer les pays arabes du Golfe Persique, ainsi qu’Israël, bien entendu. L’Iran n’a pratiquement aucune capacité de confrontation directe avec la force américaine. »

La stratégie du double siège

« Le blocus américain comporte en réalité deux couches. Dans l’immédiat, les Américains rendent aux Iraniens la monnaie de leur pièce. La seconde couche est le blocus global : les Américains interceptent systématiquement les navires transportant soit du pétrole iranien, soit des matériaux destinés à aider le pays à se reconstruire. Les Américains ne se trouvent pas directement dans le détroit d’Ormuz, mais à une distance de plus de 200 km, afin de rester hors de portée des drones et des missiles iraniens. »

L’asphyxie de l’industrie pétrolière

« Dès lors que les Iraniens ne peuvent plus exporter leur pétrole, ils doivent stocker leur production, et ils arrivent à court d’espace. Ils sont donc contraints d’arrêter le pompage. Il sera extrêmement difficile pour eux de remettre les puits en service plus tard, s’ils y parviennent. Parallèlement, l’industrie pétrochimique est endommagée, ce qui limite leur commerce au seul pétrole brut. Ils peuvent tenter d’acheminer des quantités limitées par voie terrestre ou via la mer Caspienne vers la Russie, mais cela reste marginal. »

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