La France a demandé la convocation d’une réunion d’urgence au Conseil de sécurité suite à la prise de contrôle du Beaufort par Tsahal et à l’intensification de l’opération dans le sud du Liban ; en Israël, on soutient que la discussion doit se concentrer sur le Hezbollah et la non-application de la résolution 1701.
Ma’ariv – Anna Barsky
La France s’est tournée vers le Conseil de sécurité des Nations Unies pour demander la convocation d’une réunion d’urgence à la suite de l’escalade au Liban et de l’intensification de l’opération militaire israélienne dans le sud du pays. La date de la réunion n’a pas encore été fixée, mais la demande a été soumise après que les forces de Tsahal ont pris le contrôle de la forteresse du Beaufort et d’une crête stratégique adjacente dans la région de Nabatieh – une manœuvre qui marque une pénétration israélienne particulièrement profonde au Liban, à une profondeur inédite depuis plus de deux décennies.
Ce mouvement a suscité de vives critiques au Liban et en Europe. Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a accusé Israël de mener une politique de la « terre brûlée » et a appelé à un véritable cessez-le-feu. Malgré un cessez-le-feu proclamé en avril, les échanges de tirs se sont poursuivis ces dernières semaines entre Israël et le Hezbollah, incluant des tirs de roquettes et de drones vers le nord d’Israël ainsi que des frappes israéliennes dans le sud du Liban.
En Israël, on rejette les critiques françaises et on affirme que la discussion devrait plutôt se concentrer sur la non-application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, qui avait stipulé, après la seconde guerre du Liban, qu’aucune force armée autre que l’armée libanaise et la FINUL ne devait opérer au sud du Litani.
L’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Danny Danon, a déclaré : « Le véritable débat au Conseil de sécurité doit porter sur l’échec continu à mettre en œuvre la résolution 1701 et sur la transformation du Liban en un avant-poste du terrorisme iranien ».
Danon a ajouté : « Pendant des années, le Hezbollah a violé de manière flagrante les résolutions de l’ONU, s’est armé sous les auspices de l’Iran et a fait peser une menace directe sur les citoyens d’Israël et sur la stabilité de la région. Ceux qui ont permis à cette réalité de se développer ne peuvent pas faire la morale à Israël. Israël continuera d’agir contre toute menace pesant sur ses citoyens et défendra sa sécurité partout et à tout moment ».
La prise de contrôle du Beaufort par Tsahal revêt également une signification symbolique en Israël et au Liban. La forteresse, capturée par le passé lors de la première guerre du Liban et devenue l’un des symboles de la présence israélienne dans le sud du Liban jusqu’au retrait en l’an 2000, domine de vastes zones dans le sud du pays. En Israël, on considère cette zone comme un point de contrôle tactique face aux infrastructures du Hezbollah, tandis qu’au Liban, on craint que cette action ne signale une extension de l’opération israélienne vers le nord.
En arrière-plan, les efforts diplomatiques américains se poursuivent pour tenter de parvenir à un règlement, mais l’escalade continue sur le terrain. Le Conseil de sécurité devrait désormais servir de nouvelle arène d’affrontement diplomatique : Israël exigera de placer le Hezbollah, l’Iran et l’échec de la communauté internationale à faire respecter la démilitarisation du sud du Liban au centre des débats, tandis que d’autres pays tenteront de limiter la liberté d’action israélienne au Liban.




























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Quant à macron…