
La visite de Narendra Modi en Israël, prévue sur deux jours, prend une dimension très particulière: au-delà du symbole diplomatique, elle pourrait déboucher sur une série d’accords de défense évalués, selon plusieurs médias, entre 8 et 10 milliards de dollars. Un montant rare, à la mesure d’un contexte stratégique qui s’est durci et d’une priorité devenue centrale pour New Delhi : mieux protéger son espace aérien et ses infrastructures face à la montée en puissance des drones, des missiles et des attaques combinées.
C’est là qu’intervient l’intérêt supposé de l’Inde pour l’architecture multicouche israélienne. Les discussions évoquent les quatre briques majeures: Arrow (niveau supérieur, contre des missiles balistiques), la fronde de David (menaces de moyenne portée, y compris missiles de croisière), Iron Dome (dôme de fer) (courte portée, roquettes et projectiles) et Iron Beam, une capacité laser pensée pour neutraliser des cibles relativement peu coûteuses — notamment drones et roquettes — avec un coût par tir potentiellement inférieur à celui d’un intercepteur classique. L’idée, pour l’Inde, serait d’obtenir une couverture “du haut vers le bas”, du balistique longue portée aux attaques rapides et bon marché.
Derrière la technologie, la relation industrielle compte autant que les achats. La doctrine “Make in India” pousse à localiser une partie de la production via coentreprises, transferts de compétences et implantation de filiales. Israël, déjà très présent sur le marché indien, a progressivement adapté ses modèles: davantage de partenariats locaux, de production conjointe, et une logique de coopération longue durée plutôt que de simples ventes “clé en main”.
Les chiffres confirment l’importance du couple indo-israélien. Sur la période 2020–2024, l’Inde a représenté une part majeure des exportations d’armement israéliennes, tandis qu’Israël figure aussi parmi les fournisseurs notables de l’Inde. Parallèlement, l’industrie de défense israélienne a bénéficié d’un cycle de demande mondiale favorable, porté par les systèmes antimissiles et anti-drones, avec des records d’exportations ces dernières années.
Jérémie de Jforum.fr


























