Parachath Ki Tavo

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Ces paroles de Thora seront étudiés Le-‘ilouy nichmath Mme Hanna Clarisse bath Mercédes  תנצבה (famille Albala)

Tous les fleuves ne se ressemblent pas !

Notre paracha fait partie des dernières sections de la Tora juste avant le début de l’année à venir. Ce passage est connu d’entre tous car il y a une  énumération d’une série de  malédictions (98 !) pour celui qui se détourne de la Tora ! En effet, les chroniqueurs le savent bien: l’histoire du Clall Israël n’est pas à l’image du majestueux Danube qui serpente les plaines de la veille Europe… Mais le contraire est vrai, notre histoire ressemble plus à un cours d’eau accidenté qui dévale à toute vitesse les hautes montagnes, se fracasse en contre bas pour continuer son chemin paisible vers la vallée… Le peuple juif a connu de nombreux déboires comme les exils successifs de Babylone et de Rome ainsi que l’expulsion d’Espagne et la Shoah dans ses dernières années. Il  y a eu aussi d’autres  heures calmes qui ont été propices à l’éclosion de grandes communautés comme en Pologne ou en Afrique du Nord… Le Sage le dit : « L‘histoire juive est la preuve de la présence de Hachem sur terre car ce n’est que D’ Qui protège le Clall Israel malgré tous les complots Formatés par les nations contre le peuple… »

Or le principe conducteur de toute cette histoire est fonction de la pratique juive ! Lorsque le Clall Israel pratique la Tora à son niveau optimum, alors Hachem est miséricordieux et protège Son peuple mais lorsqu’il s’en détourne, alors le Gardien d’Israël baisse sa garde et les 70 loups font alors irruptions dans l’enclos… Comme l’enseigne le Midrach plusieurs fois millénaires : » Pourquoi Hachem a donné Sa Tora précisément au Mont Sinaï ? Car lorsque D’ a choisi Son peuple, les nations ont développé une grande haine mêlée de jalousie (Sinaï c’est aussi un jeu de mot avec Sina/la « haine ») » Or, le don de la Tora faisait partit du plan divin : il fallait recevoir la parole de D’ !

Donc on aura compris que les malédictions écrites noires sur blanc sont l’envers de la médaille. Le peuple a reçu une grandeur inégalée en recevant la Tora mais d’un autre côté il devient redevable dans l’application des Mitsvoth. Dans le cas contraire, à D’ ne plaise : les punitions s’abattront.

Après cette introduction nécessaire on rapportera une Guemara intéressante (Meguila 31:) qui enseigne que Ezra –le scribe- a institué de lire cette paracha (Ki Tavo) avant la fin de l’année afin de finir l’année avec ces malédictions et d’ouvrir une nouvelle page pour l’année à venir. Le commentaire Maarits Hayiouth pose une question. Le Talmud enseigne qu’il existait –du temps de la Guemara- certaines communautés qui lisaient  les 5 livres  de la Tora sur trois années ! Donc comment le décret d’Ezra de lire la paracha de Ki Tavo avant Roch Hachana s’accomplissait (nécessairement à l’approche de Roch Hachana de la première et deuxième année ils devaient se trouver dans le 2° et 4° livre de la Tora et pas dans le 5° livre !) ? Le Zihron Yossef répond d’une manière excellente: ces communautés rajoutaient le passage de Ki Tavo même si ce n’était pas la section hebdomadaire ! De la même manière que de nos jours on lit certaines sections à l’approche de Pourim et de Pessa’h (les 4 sections que l’on ajoute à la lecture de la paracha) même si elles ne font pas parties de l’ordre normal de la lecture hebdomadaire.

Seulement on devra s’attarder un tant soit peu pour expliquer ce phénomène particulier qu’avec notre lecture on épurera toutes les malédictions qui pourraient se produire durant l’année à venir ?! Les commentateurs l’expliquent à l’image de notre prière du Moussaf du Chabbath. On sait qu’à Chabbath on ajoute une prière supplémentaire en souvenir du sacrifice supplémentaire qui avait lieux le jour du saint Chabbath. Car notre lecture dans le livre de prière a pour fonction aussi de faire comme si on avait apporté les sacrifices du jour ! Pareillement, si à D’ ne plaise, Hachem avait décrété de mauvais décrets pour l’année à venir, grâce à  la lecture de la Tora on considérera comme si on avait vécu ces affres (sans avoir besoin de les vivre !) et finalement Hachem n’aura pas besoin de les exercer ! Dans le même esprit, le Rabbi de Belz (Leket Imré Kodech Paracha Ki Tavo) explique que par l’étude des textes de la Tora l’homme accédera à la crainte et à la peur de la punition divine  donc il n’y aura plus de nécessité d’accomplir ces décrets !

Le saint Or Ha’haim (Vaygach 46.7) enseigne dans la même verve un formidable principe: le meilleur moyen de guérir les souffrances c’est de les accepter ! A l’exemple de la Guemara de Ta’anith : » Rabbi Yehouchoua Ben Lévi disait: tout celui qui est heureux alors qu’il vit des souffrances amène la délivrance dans le monde! » Le Chaaré Techouva (Cha’ar 4,12) explique que le fauteur qui accepte tous les événements de la vie par amour de Hachem (car il sait qu’ils viennent effacer ses fautes) c’est considéré dans le ciel comme un bouclier contre toutes les mauvaises choses qui peuvent venir!

La main tendue du Ciel!

Cette semaine on a parlé des épreuves et punitions, notre histoire véridique nous montrera que même derrière ces grands événements, il reste que la main miséricordieuse de Hachem est bien là: prête à être tendue à tout celui qui a confiance en Lui.

Il s’agit d’un chauffeur de taxi du saint pays. Une fois notre homme prend un vieux touriste américain dans son véhicule. L’homme demande dans un accent américain/yidische qu’il l’amène dans le centre du pays. Durant le trajet notre conducteur étant curieux demande à son passager le but de sa visite. Sa réponse sera que cela faisait de beaux lustres qu’il ne s’était pas rendu en terre sainte, mais cette fois c’était des raisons familiales qui l’avaient poussé à venir. Il raconte : « Je suis natif d’Europe Central d’avant-guerre. Or durant la dernière guerre j’ai été envoyé avec toute ma famille dans les camps de concentrations situés en Pologne. J’ai survécu à tous ces affres inimaginables et à la libération des camps je suis parti refaire ma vie en Amérique. Cependant, de toute ma famille je suis resté le seul survivant : sans père ni mère, ni frère et sœur ! Je me retrouvais tout seul dans un monde inconnu ! Durant ces années d’après-guerre, j’ai effectué des recherches pour savoir s’il restait des survivants de ma famille: en vain ! Seulement il y a quelques temps j’ai reçu des informations comme quoi mon frère est encore vivant quelque part en Erets. C’est pourquoi j’ai fait ce déplacement. Notre taximan était très pensif mais n’avait pas la moindre idée comment aider ce vieil homme. Au moment où il l’amenait à destination, le conducteur lui demanda le paiement du trajet. L’américain sortit son portefeuille et tendit les billets. Or comme c’ était dans chaleur des mois d’été, notre touriste avait retroussé ses manches. En tendant l’argent il dévoila son avant-bras qui était tatoué par les marques indélébiles marquées par les  nazis lors de son passage à Auschwitz. Ces chiffres infâmes étaient la preuve irréfutable de la cruauté d’un peuple des plus cultivés d’Europe contre le Clall Israël. Notre taximan prit les billets et en un clin d’œil remarqua la chiffre tatoué sur l’avant-bras du touriste. Le conducteur réfléchit une fraction de seconde et d’un seul coup redémarra son véhicule, braqua son volant et pris la direction des autoroutes: direction le nord ! Notre touriste était bouche bée: il ne savait pas quoi penser: est-ce que son conducteur était un fou furieux, un terroriste du Hamas ou de l’OLP (ou peut-être un iranien… et j’en passe de vertes et des pas mûres…). Seulement notre taximan ne disait rien: il fonçait à toute vitesse. Le touriste s’impatientait grandement tandis que le conducteur essayait d’amadouer son client en disant: « Please wait, please wait… » Notre américain  garda son calme sachant que finalement le taximan n’avait pas l’air d’un dangereux terroriste car il portait la Kippa et les tsitsith. Le voyage était long mais le conducteur gardait silence en demandant simplement de patienter. Cependant dans la tête du conducteur les choses allèrent très vite. Les souvenirs de son passé remontèrent dans son esprit. Un épisode remontait à une période très ancienne, celle où il vivait dans un des Kibboutz du nord du pays. A l’époque il était loin de toute pratique juive, ni Chabbath, ni tefilines et encore moins le port de la Kippa. Il était jeune membre d’un Kibboutz qui prônait les idéaux socialistes en terre d’Israël (tel que l’avait rêvé Ben-Gourions et toute sa clique…). Quand il avait la vingtaine, il travaillait alors dans une des entreprises de l’agglomération et avait pour fonction d’alimenter une énorme machine qui préparait des soupes instantanées. Son travail était de prendre des sacs de pommes de terre et légumes et de les verser dans l’énorme machine qui devait les couper très fins… Un jour, alors que ses baskets étaient trempés  il se dirigea comme à son habitude avec son sac de légumes sur le dos près à le jeter dans l’orifice de la machine. Alors qu’il se trouvait à côté voilà qu’il perdit l’équilibre glissa sur le sol, et tomba dans les entrailles de la terrible machine ! Voici notre jeune homme happé en direction du bas, vers les lames et hachoirs qui devaient le déchiqueter en quelques temps ! Notre homme s’accrocha aux parois afin de ne pas progresser plus bas: en vain ! Il sentait sa dernière heure arrivé alors il cria un dernier grand cri: « Hachem sauve moi ! » (Pour mes lecteurs, la chose est des plus évidente: lorsque tout va mal la dernière chose à dire c’est de prier vers D’ ! Or,  pour les gens élevés dans les Kibboutz made in Israël la chose est bien moins évidente ! Car les pionniers des Kibboutz et de l’Hachomer ont tout fait pour éradiquer tout souvenir de la galouth (de l’exil) comme ils aiment tant à s’en prévaloir… Pourtant un juif reste juif (malgré les gauchistes et communistes..) et en final sa prière monta jusqu’à Hachem ! D’ envoya un de ses émissaires pour sauver notre jeune en la personne  d’un vieil homme qui travaillait dans la fabrique du Kibboutz depuis des lustres. C’était un homme différent de toute la société du Kibboutz. Cet homme était un rescapé religieux de la Shoah mais qui gardait le silence ! Toute sa vie il ne parlait pas –dû aux séquelles de la guerre- n’avait ni femme ni enfant. Autre particularité c’était le seul religieux du Kibboutz ! Il vivait replié sur lui-même sans communiquer avec l’extérieur. Seulement lorsque notre jeune cria du fond de la terrible machine, le vieil homme l’entendit et tendit son bras. Notre jeune vit la main du vieil homme sorti de nulle part et s’accrocha de toutes ses forces à cette main tombée du ciel ! Par miracle il remonta les pentes de la machine et sorti sain et sauf ! Or sur l’avant-bras de l’homme était gravé le chiffre de son passage dans les camps de concentration d’Europe Centrale. Et ce chiffre restera  pour toujours gravé dans les souvenirs du jeune homme qui deviendra taximan. Or, après ce sauvetage inespéré notre homme réfléchit sur le sens de la vie, pourquoi était-il venu sur terre, pourquoi n’était-il pas né dans une des nombreuses familles en Chine ou en Inde… Des questions qu’à un  certain moment de l’existence on se pose et finalement il trouva les réponses dans la sainte Tora et la pratique des lois juives plusieurs fois millénaires (n’est-ce pas mes chers lecteurs de Gironde et de Normandie?). Or, en voyant l’avant bras de notre touriste américain il se souvenait que c’était à peu de choses près le même numéro de celui du vieil homme du Kibboutz ! En un clin d’œil il fit la liaison et se dit que c’était peut-être son frère ! Seulement beaucoup d’eaux avait coulé sous les ponts depuis sa jeunesse, et il n’était pas sûr que le vieux juif soit encore vivant… Notre taximan prit donc le risque de revenir bredouille de son parcours: mais que ne fait-on pas pour aider son prochain ? En toute trombe il rentra dans le Kibboutz de sa jeunesse et fonça jusqu’à une vieille bicoque: la maison du vieil homme. Il descendit prestement de la voiture et frappa délicatement à la porte… Il entendit un bruit de pas et la porte s’ouvrit : c’était bien notre homme ! Du taxi sorti alors le touriste américain qui s’avança et les deux vieillards se dévisagèrent : il n’y avait pas de doute c’était bien nos deux frères qui ne s’étaient pas vu depuis des dizaines d’années ! Le deux tombèrent dans leurs bras et ils s’embrassèrent avec des larmes de joies qui inondèrent leurs visages tout flétris par ces années… La boucle était bouclée: le tatouage infâme avait été le vecteur de cette formidable réunion entre ces deux frères !

Coin Halah’a: la coutume sefarade est de se lever tôt le matin pour dire les seli’hoth (pardons) depuis le début du mois d’Eloul tandis que le minhag achkenaze est différent: on ne commencera à lire les seli’hoth que depuis la semaine qui précède Roch hachana. Donc cette année on commencera ce dimanche à venir (22 sept).

La veille de Roch Hachana le Minhag est de jeûner (le Rama rajoute qu’on aura pas besoin de jeûner toute la journée, on se suffira jusqu’à la mi-journée). On se coupera les cheveux et on lavera ses vêtements la veille de Roch Hachana. Il y en a qui ont l’habitude d’aller au cimetière pour multiplier les prières le jour de la veille du nouvel an (Or Ha’haim 581).

Chalom et à la semaine prochaine si D’ veut

David Gold

On priera pour la santé de Yacov Leib Ben Sara, Chalom Ben Guila parmi les malades du Clall Israel.

Pour la descendance  d’: Avraham Moché Ben Simha, Sarah Bat Louna; et d’Eléazar Ben Batchéva

Léilouï Nichmat: Simha Bat Julie, Moché Ben Leib; Eliahou Ben Raphaél; Roger Yhïa Ben Simha Julie; Yossef Ben Daniéla תנצבה que leurs souvenir soit source de bénédictions.

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