L’administration Trump a fait savoir aux médiateurs qu’elle ne reviendrait pas aux accords de principe qui se sont effondrés en juin. À la Maison-Blanche, on affirme qu’aucune discussion n’est prévue avec Téhéran. Washington préfère renforcer la pression économique et attendre de voir si le régime finira par céder.
Kol réga’ – Ya’anki Farber
L’administration Trump a informé les médiateurs qu’elle n’avait pas l’intention de revenir aux conditions des accords conclus avec l’Iran au mois de juin, qui s’étaient effondrés peu de temps après. À la place, le président Donald Trump a choisi une politique de forte pression économique sur le régime de Téhéran et se dit prêt à attendre pour voir si cette stratégie portera ses fruits, rapporte le Wall Street Journal.
La porte-parole de la Maison-Blanche, Anna Kelly, a précisé qu’aucune discussion n’était actuellement en cours ni prévue avec l’Iran et que l’opération de resserrement de l’étau économique avait pour objectif de couper tous les canaux économiques dont dispose encore le régime.
Le président américain Donald Trump a précisé ce jeudi soir que les deux parties ne menaient aucune négociation.
« Nous ne voulons pas leur parler », a déclaré le président aux journalistes dans le Bureau ovale. « Nous ne cherchons pas non plus à les rencontrer. »
Le Wall Street Journal a également rapporté ce soir que l’administration avait fait savoir « à plusieurs reprises » aux médiateurs qu’elle n’était pas intéressée par un retour aux conditions du mémorandum d’entente conclu avec l’Iran au mois de juin, ce qui complique les efforts visant à relancer le processus diplomatique.
Les précédents accords, qui devaient permettre la réouverture du détroit d’Ormuz et le début de discussions sur le programme nucléaire iranien en échange d’un allègement des sanctions et du déblocage de fonds gelés, se sont effondrés après que l’Iran eut commencé à attaquer des navires dans la région.
De leur côté, les Gardiens de la révolution exigent que Washington revienne intégralement au dispositif précédent, qui prévoit notamment la reconnaissance par les États-Unis de l’autorité de Téhéran sur le détroit ainsi que la levée du blocus maritime. Ils ont même menacé de maintenir le détroit fermé jusqu’à ce que ces conditions soient satisfaites.
Face à cette impasse, les efforts de médiation entrepris par plusieurs pays de la région se heurtent à d’immenses difficultés. Le chef d’état-major pakistanais, Asim Munir, le ministre omanais des Affaires étrangères et le Premier ministre du Qatar, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani, ont tenu une série de rencontres à Téhéran afin de tenter de rapprocher les positions et de relancer la diplomatie.
Les attaques dans le détroit se poursuivent toutefois. Parmi elles figure notamment une attaque contre un pétrolier koweïtien au large des côtes d’Oman. Des responsables politiques et des études spécialisées mettent en garde contre le fait que les deux camps se prépareraient à une nouvelle escalade, au moyen d’une guerre économique et de menaces militaires.
Par ailleurs, l’agence de presse AP rapporte que l’armée américaine connaît une pénurie d’intercepteurs de missiles sophistiqués en Europe, qui résulte en grande partie de la guerre contre l’Iran. Cette situation suscite la crainte que les pays de l’Alliance soient exposés à une éventuelle attaque russe.
Un responsable américain de la Défense a indiqué que la pénurie la plus préoccupante concernait les intercepteurs Patriot, capables d’abattre les missiles balistiques russes. Un responsable de l’OTAN a confirmé que les stocks étaient effectivement faibles, tant au sein de l’armée américaine que dans l’ensemble des armées de l’OTAN.
Hier soir, le Wall Street Journal a rapporté que le directeur de la CIA, John Ratcliffe, avait averti la Russie, lors de sa visite à Moscou cette semaine, de ne pas attaquer les pays membres de l’OTAN.
Interrogé à ce sujet ce soir, Trump a éludé la question.
« Je ne veux pas faire de commentaire là-dessus, mais ils ne vont pas attaquer », a-t-il déclaré.


























