Une violence cruelle de la police lors de la manifestation contre la conscription

0
34

Grenades à bout portant, manifestants en sang : la violence cruelle de la police lors de la manifestation contre la conscription a franchi une ligne rouge

Des vidéos diffusées de la manifestation du « Pélèg Yerushalmi » (la faction de Jérusalem) sur la route 4, montrant des manifestants blessés et ensanglantés, présentent une image claire : la police a franchi une ligne rouge. Les critiques sont virulentes : « La police a fait un usage de la force sans précédent, destiné à dissuader le public des bené Tora de sortir manifester ».

Kol réga’ – Tzvika Segal | Photo : Flash 90

La manifestation organisée ce matin (mercredi) par les membres de la faction de Jérusalem sur la route 4, près de l’entrée de Bené Brak, s’est terminée par des scènes exceptionnelles qui suscitent une vive tempête au sein de la communauté ‘harédith. Les manifestants bloquaient la route pour protester contre l’arrestation d’étudiants de Yechivoth, mais en peu de temps, la police a commencé à faire usage d’une violence cruelle à leur encontre. Durant l’évacuation, des manifestants ont été vus blessés, contusionnés et ensanglantés sur l’asphalte.

D’importantes forces de police arrivées sur les lieux ont agi pour rouvrir l’axe routier, mais selon de nombreux témoignages, l’évacuation ne s’est pas limitée cette fois à éloigner les manifestants de la chaussée. Dans des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, on voit des policiers frapper avec une grande violence et traîner de force des manifestants assis sur la route, tandis que d’autres apparaissent allongés au sol après l’évacuation, les vêtements déchirés et le corps marqué par les coups.

« Nous avons vu des gens assis sur la route se faire rouer de coups », a raconté un témoin oculaire. « Ce n’était pas une évacuation ordinaire. Il y avait un sentiment d’agressivité que nous n’avions pas vu depuis longtemps. »

La colère a encore augmenté suite aux affirmations venues du terrain concernant l’utilisation de grenades assourdissantes pendant l’évacuation. Selon des témoins oculaires, certaines de ces grenades ont été lancées directement sur les manifestants assis par terre. Sur les images de la scène, on voit des manifestants hurler de douleur pendant que des équipes médicales prodiguent les premiers soins aux blessés sur place.

Les photos issues de l’événement sont devenues le principal sujet de discussion sur les réseaux sociaux. Des manifestants avec du sang sur les mains et les jambes, des chemises déchirées et des visages tuméfiés ont alimenté une vague de critiques acerbes contre la police.

L’organisation United Hatzalah a indiqué que ses ambulances et ses secouristes avaient prodigué jusqu’à présent des soins médicaux initiaux à huit blessés légers souffrant de contusions et de plaies.

Au sein de la faction de Jérusalem, on affirme que l’événement de ce matin n’est pas une simple dispersion de manifestation, mais qu’il s’inscrit dans une nouvelle politique visant à dissuader les contestataires. Selon eux, on note ces derniers temps une nette tendance au durcissement dans la manière de traiter les manifestations ‘harédithes, mais ce matin, un nouveau cap a été franchi.

« Il y a une différence entre dégager une route et briser des gens », ont déclaré des sources proches de l’organisation des manifestations. « Personne ne s’attend à ce que la police autorise le blocage illimité des routes, mais il y a une manière de disperser des manifestants. Les images de ce matin parlent d’elles-mêmes. »

Selon ces mêmes sources, le sentiment parmi les manifestants est qu’il ne s’agit pas seulement de rétablir l’ordre public, mais d’une démarche conçue pour instaurer la peur. « Le message est clair », a dit l’un d’eux. « Quiconque viendra à la prochaine manifestation doit savoir qu’il risque de rentrer chez lui blessé. Ce n’est pas du maintien de l’ordre, c’est de la dissuasion par la force. »

Le député Yoav Ben-Tzur a déclaré : « La police d’Israël mène une politique de maintien de l’ordre sélective et discriminatoire. Pour les manifestants de Kaplan, on utilise des haut-parleurs, alors que dans les manifestations ‘haredithes, on utilise des matraques et des grenades assourdissantes. Le rôle de la police est de maintenir l’ordre public, pas d’utiliser l’uniforme pour piétiner la loi et briser la confiance du public. Il s’agit de manifestants, pas de terroristes. »

Le député Meir Porush a communiqué : « Le comportement de la police ce matin ne correspond pas à celui d’une police dans un État sous souveraineté juive, ni à celui d’une police dans un pays qui prétend être une démocratie. Une dispersion violente de protestation comme celle que nous avons vue ce matin se voit en Turquie ou en Iran. Le commissaire général de la police, ainsi que chaque policier ou commandant impliqué dans ces actes, doivent rentrer chez eux aujourd’hui ! »

Des réactions très vives ont également été entendues sur les réseaux sociaux. De nombreux internautes se sont étonnés de voir que les images de manifestants ‘harédim ensanglantés sur la route étaient presque devenues une routine, et ont accusé la police d’un usage disproportionné de la force. D’autres ont affirmé que si des images similaires avaient été publiées concernant des manifestations d’autres secteurs de la population, cela aurait déclenché un tollé public bien plus vaste.

Le président du parti Shas, Aryeh Deri, a déclaré en réaction aux violences policières à Bené Brak : « Itamar Ben Gvir, réveille-toi ! Il est inadmissible que ce que la police n’a pas fait à Kaplan face à des anarchistes qui cherchaient à détruire le pays, elle le fasse aujourd’hui face à des citoyens qui hurlent qu’on les a transformés en criminels uniquement parce qu’ils étudient la Tora. Tu sais que nous sommes opposés aux manifestations, mais nous ne pourrons pas rester les bras croisés face à cette injustice et à cette violence extrême. Tu as prouvé que lorsque cela t’importe, tu sais diriger la police. Lève-toi maintenant et stoppe la violence des policiers contre les bené Tora ».

Aucun commentaire

Laisser un commentaire