« Chouvou banim » ? Une secte ! selon un organisme israélien de détection de groupes de cet ordre…

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Le problème des sectes a engendré, en Israël, la formation d’un service important, la « Lichkath nifgaé kitoth », la loge aidant les personnes tombées entre les griffes de sectes.

Il s’agit évidemment d’une œuvre qui n’est pas religieuse, mais, dira-t-on, quelle importance ?

Ce détail n’est pas anodin. Si, en général, cette institution ne s’en prend pas à des groupes religieux, elle pourrait tout de même avoir tendance à le faire, car le public non-religieux ne comprend pas toujours tellement ce qui se passe dans le secteur religieux. Là, cet organisme a franchi cette limite, et a pris position à l’égard de Chouvou Banim, du rav Berland. Et cela fait mal, tout en provoquant évidemment un grand débat, le rav lui-même menaçant de poursuivre cet organisme pour diffamation.

Pourquoi cet organisme est-il arrivé à une telle conclusion ? On y trouve trop d’éléments connus et répertoriés comme correspondant à ceux trouvés d’habitude dans des groupes dangereux de cet ordre : coupure des relations avec les parents, quand bien-même fussent-ils religieux ou orthodoxes, dépendance financière par trop poussée (ce qui est gagné passe à la caisse du groupe, et il s’agit parfois de sommes énormes, que ces gens n’ont absolument pas), polarisation totale face au groupe, au détriment de leurs propres familles, exclusion absolue des autres autorités rabbiniques, internes ou externes à Breslav.

Bien entendu, l’organisme en question aborde également la question de la conduite personnelle du dirigeant de Chouvou Banim, et les témoignages récoltés ne sont pas encourageants.

Nous n’avons pas à rentrer dans un tel débat, mais tout cela est plus qu’embarrassant quant à la validité de ce groupe, même à l’intérieur de la communauté orthodoxe. Celle-ci a déjà souffert de par le passé de déviances de cet ordre, et ne peut qu’exprimer son inquiétude face aux témoignages qui semblent en tout cas plus qu’accablants.

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8 Commentaires

  1. Cet article s’adresse selon toute vraisemblance à un lectorat initié. De qui et de quoi s’agit-il? Qu’est-ce qui est reproché aux hommes dont le nom est cité ici? On ne comprend que les trois critères retenus pour définir l’emprise d’une secte sur des particuliers.

    • Oui et non, car nous en avons parlé dans le présent cadre, à l’adresse : http://www.kountrass.com/retour-rav-berland-israel/
      De plus, c’est un sujet qui est plus que brûlant en Israël, où l’ensemble des media ne cesse d’en parler – malheureusement.
      Nous avons donc voulu ici ajouter une pièce à ce dossier, important parce qu’elle provient d’un organisme extérieur, objectif, qui a enquêté en-dehors de tout circuit concerné.
      Mais bon, il n’y a aucune mitsva à savoir de quoi il s’agit (peut-être bien le contraire), et vous pouvez tranquillement passer à la page suivante…

  2. Vous évoquez finalement une certaine gêne, tant par l’hypothèse que Chouvou Banim soit véritablement une secte au sens d’un organisme tutellisant ses adeptes et s’enrichissant à leur détriment, que par l’hypothèse d’un dérapage possible de « l’organisme en question », œuvre « évidemment pas religieuse ».
    Mais pour positiver et avancer sur ce sujet, Pourquoi donc n’évoquez vous pas l’opportunité de créer un organisme religieux jouant le rôle de « l’organisme en question » ?
    On laverait ainsi son linge sale en famille en quelque sorte …

    • Autrement dit, un Beth Din.
      Le problème est que les rabbanim de Breslav eux-mêmes font l’objet de menaces plus qu’inquiétantes – et elles ne font que confimer le verdict avancé par cet organisme.
      Mais si en général des groupes du genre de celui cité, voire un tribunal civil, ne sont pas forcément objectifs, et ne comprennent pas toujours ce qui se passe aux fins fonds de la communauté orthodoxe, là, force est de reconnaitre que la manière dont cet organisme s’y est pris semble bien permettre de redouter qu’ils ont raison…
      Conclusons clairement : il y a déjà eu dans le temps des groupes qui ont dévié, et c’est bien ce qu’il y a lieu de redouter en la présente occurrence.

  3. דינא דמלכותא דינא « dina demalkhouta dina » « La loi du pays est la loi « . Depuis des siècles les Juifs ont appliqué scrupuleusement cette injonction à travers le monde. Pourquoi l’Etat d’Israël serait le seul où certaines catégories de citoyens pourraient en être dispensées ? Si un groupe ou un individu n’applique pas les lois du pays, il devrait relever des mêmes tribunaux qui jugent tous les autres citoyens. Si on considère en Israël les procès d’hommes politiques on se rend compte qu’il n’y a eu aucune dérogation, ce qui a conduit en prison un ancien président de l’Etat et des ministres. A ma connaissance c’est un cas unique ou très rare dans les pays démocratiques. Qu’est-ce qui pourrait justifier des lois spéciales ? Merci pour votre réponse.

    • Ce n’est pas évident que le « dina demalkhouta » ait cours en Erets Israël, ainsi qu’en discutent déjà nos grands Maîtres médiévaux (Ran, sur Nedarim).
      Ce n’est pas le problème avec ce groupe : lui, il fait pression sur les tribunaux (menaces, manifestations, etc.), et il ne doit pas être évident de résister à cela (par exemple, le procureur s’est plaint d’une conduite de cet ordre dans ce dossier, chose qu’il n’a jamais vue !). Et, justement, cela prouve quelque chose quant à la nature de ce groupe.

      • « Ce n’est pas évident que le « dina demalkhouta » ait cours en Erets Israël, ainsi qu’en discutent déjà nos grands Maîtres médiévaux (Ran, sur Nedarim) « . Pourriez-vous, s’il vous plait, développer brièvement cette affirmation, et donner des références sur les avis de nos Maîtres médiévaux. La conception qu’ils se faisaient d’un renouveau d’un état juif était bien différente de sa réalisation contemporaine. Est-ce que ces avis ont été plus récemment l’objet de débats par des personnalités religieuses compétentes, en particulier depuis 1948 ? J’ai lu votre article du 19 juillet. Il ne donne pas beaucoup de détails et je n’en demande pas. Mais j’ai compris qu’il ne s’agit pas d’affaires familiales ou halakhiques mais de délits (ou de crimes) de droit commun, traités habituellement par les tribunaux civils. Comme c’est le cas d’un officier supérieur qui a démissionné de l’armée israélienne et qui fait l’objet d’une enquête.

        • Notre lecteur a raison : il faudrait en dire plus, mais c’est un sujet qui nécessite un grand développement, justement ! Un commentaire sur un article n’est certainement pas le meilleur endroit pour le faire, mais il faudrait consacrer à cela un « Grand dossier » dans Kountrass format papier. Si D’ veut…
          Des avis récents ont été donnés à cet égard (rav Ovadia Yossef, le Tsits Eliézer et autres) quant à l’obligation de… payer les impôts. Grosso-modo, ces auteurs concluent qu’il faut le faire, car il s’agit de décisions communes à l’ensemble de la communauté, et importantes pour la bonne gestion de la vie de tous.
          Quand l’Etat a décidé de se retirer de la Bande de Gaza, certains ont alors contesté la légitimité d’une telle décision, car elle allait contre la Tora, à leur avis.
          Entre les deux, on trouve une ribambelle de conceptions, qu’il ne nous est donc pas possible de résumer ici.

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