AUTOUR DE LA TABLE DE CHABBATH n° 541 BEHALOTEKHA (France)
Ces paroles de Tora seront lues Lle-ilouï nichmath Orah (Sabine) bath Reouven David tihié nichmata tsroura betsror ha’haïm (Yahrzeit 16 Sivan lundi 1er Juin)
Refoua chléma pour Moché (Maurice) ben Miriam (famille Pinto) parmi les malades du clall Israël
D’une menthe à l’eau à la trajectoire des missiles…
Notre paracha traite en ses débuts de l’allumage du candélabre (Menora) au Temple (Beth Hamikdach) et de la tribu des Léviim. Par la suite du départ du peuple juif du Sinaï. En effet, cela fait près d’une année que le peuple se tient au pied de la montagne sainte et apprend la Tora. Moché ordonne de lever le camp et de parcourir une distance de trois jours de marche. Le peuple le fera à toute vitesse, en une seule journée ! Les Sages ont rapporté dans le Midraxh qu’ils auront un regard très sévère sur ce soudain empressement. Ils le comparent à celui de l’enfant qui quitte à toute allure l’école, car il a trop étudié et il ne veut pas qu’on lui rajoute des cours… En levant le camp, Moché ne savait pas que le peuple allait en profiter pour partir d’un pas si leste et empressé… La suite ne sera pas beaucoup plus glorieuse, car une partie du Clall Israël se rebellera et réclamera de la viande. Il s’agissait pour une grande partie du « ‘Erev rav », des Egyptiens qui s’étaient associés au Clall Israël lors de leur départ d’Égypte. Le peuple mange depuis une année de la Manne, mais ce groupe de protestataire revendique d’autres saveurs. Les Sages expliquent que dans le fond, ce groupe recherchait à faire marche arrière et à retourner en Égypte : au mode de vie précédent.
De ces deux passages tumultueux on apprendra que même si on présente des réalisations des plus raffinées et élevées (comme le Don de la Tora et la pratique des Mitsvoth), l’homme reste un être de chair et de sang avec un Yétser (une partie animale) qu’il faut veiller à réorienter, à contrôler…
C’est peut-être cette même idée qui est enseignée dans le Midrach (Vaykra Rabba 9.3) : « Dereh érets kadma laTora » / les traits de caractères d’un homme précédent l’apprentissage de la Tora. Donc pour que la Tora pénètre le cœur d’un homme il faudra, au départ, enlever la colère, la jalousie, la concupiscence, etc… C’est seulement dans un deuxième temps que l’on deviendra un bon réceptacle aux enseignements de la Loi sinaïtique. Dans le cas contraire, la Tora risque d’être rejetée par l’homme qui n’a pas résolu ses problèmes de base. Cependant la Tora répondra aux protestataires en indiquant les vertus de la Manne. Ce pain tombant du ciel, jour après jour durant les quarante années du séjour dans le désert. La Manne avait l’aspect de coton blanc. La Guemara enseigne que pour l’homme pieux, ce pain tombait au pied de sa tente. Tandis que l’homme un peu moins regardant dans les Mistvoth (tel que ceux qui possède un smartphone…) son pain quotidien était un peu plus loin… Et pour ceux qui possédaient l’IPhone (sans filtre)… alors la Manne se trouvait au-delà des nuées de gloire derrière les rochers du désert… De plus, pour la première catégorie d’hommes (les Tsadikim), la Manne prenait toutes les saveurs qu’il pouvait désirer. Cependant pour la deuxième et troisième catégorie il fallait faire toute sorte de préparation culinaire, jusqu’à la moudre et l’enfourner… Le verset dit : « Et le peuple ramassait la Manne… ». Le saint Zohar enseigne sur ce passage : « Ce sont les simplets qui avaient besoin de se pencher pour ramasser cette Manne.. ». Le rav de Jérusalem rav Yossef ‘Haïm Zonnenfeld zatsal explique ainsi les paroles du saint Zohar. « Au départ, un homme n’avait pas besoin de faire le moindre effort, même pour ramasser cette Manne céleste. Il suffisait d’une petite dose de confiance et la Manne allait directement sur sa table ! »
La Manne était donc un apprentissage durant quarante ans à savoir que la Parnassa (la subsistance) est dans les Mains du Tout Puissant. Ce qui nous est destiné : il n’y a pas de crainte à avoir. La portion arrivera dans la maison sans même avoir besoin de se baisser ! Cette explication est à mettre en parallèle avec le premier commandement de la Tora : « Je suis Ton D’ qui t’a fait sortir d’Egypte… ». Il n’est pas mentionné qu’on doit croire en D’ car Il a créé ce monde (ce qui est d’ailleurs vrai). Mais c’est parce qu’Il nous a fait sortir des geôles égyptiennes qu’on placera sa confiance en Lui. Par exemple, lorsqu’un égyptien voulait boire de l’eau, lors de la première plaie, il devait obligatoirement acheter la bouteille d’Evian à un homme de la communauté… Dans le cas contraire, l’eau se transformait instantanément en sang ! Mieux encore : si deux amis (l’un égyptien et l’autre de la communauté) buvaient dans un même verre à l’aide de deux pailles, le Midrach enseigne que pour l’égyptien l’eau se transformait en sang (dans la paille) tandis que pour le Juif elle restait pure et fraiche ! Cette plaie et les autres mettent en exergue un grand principe : D’ a la faculté d’intervenir comme bon lui semble dans l’histoire des hommes.
De nos jours aussi, la Providence s’exerce. S’il est vrai que les grands prodiges ne sont plus tellement visibles, Hachem exerce Sa surveillance permanente sur Ses serviteurs… Une preuve encore, c’est qu’en Erets malgré les milliers de missiles envoyés depuis l’Iran et du sud Liban, les dégâts sont mineurs (que Hachem guérisse tous les blessés et continue sa protection). C’est bien la preuve que Hachem dirige à son gré les trajectoires des missiles comme il l’a fait avec la menthe à l’eau bue par ces deux compères dans un restaurant de Ramsès… Donc il n’y a pas à avoir peur avec ou sans Kippat Habarzel ! Notre seule question sera comment faire pour assurer une meilleure défense de la communauté à Tsion ? La réponse que propose « Autour de la magnifique table de Chabbat » est que la partie se joue principalement au niveau spirituel ! La vraie réussite dépendra du nombre de nos frères qui se renforceront dans la pratique de la Tora et des Mitsvoth. A l’image des réussites militaires du roi David. La Guemara dans Maccoth (10) explique que les ennemis rebroussaient chemin devant l’avancée des troupes de David parce qu’au même moment le peuple étudiait la Tora (la loi juive) à Jérusalem. Preuve à l’appui, un verset des Psaumes (122.2) dit : « Nos jambes (la force armée) se tenaient aux Portes de Jérusalem ». La Guemara explique ainsi : « Les armées de David faisaient des exploits lorsque le peuple étudiait la Tora aux portes de Jérusalem ». Donc si on veut repousser toutes ces attaques qui empoisonnent la vie d’une bonne partie de la population, il faudra faire dans les semaines à venir un effort dans l’étude de la Tora et pour d’autres, on sera plus sérieux dans l’application des lois du Chabbath.
Sippour : Pourquoi faire comme aux Beaux-Arts ?
Cette semaine je vous propose un véritable sippour qui s’est déroulé il y a plus d’un siècle en Europe de l’Est, plus exactement en Lituanie dans la ville de Radin. A l’époque il était question de la fondation (ou de l’agrandissement ?) d’un hôpital communautaire. Pour cela, le ‘Hafets ‘Haïm (sommité de la Tora de l’époque qui résidait à Radin) avait fait appel aux grands bienfaiteurs de la région. Le jour dit, un diner fut organisé sous sa présidence. De partout arriva des donateurs prêts à ouvrir en grand leur portemonnaie pour la bonne cause. Lorsque 15 donateurs sont arrivés, la salle fut fermée et commença le diner. Le rav (semble-t-il déjà bien âgé à l’époque, il est niftar à 97 ans en 1933) introduit la soirée par une bénédiction de l’assistance et après fit son Dvar Tora sur l’importance de l’événement (ndlr, nous voyons que nos grands hommes ont toujours cherché à développer le ‘Hessed et le bien être des fidèles. Tout le contraire de ce qui se passe au Moyen-Orient où les dirigeants, qui ont souvent des places primordiales dans la hiérarchie religieuse, ne font que développer l’arsenal militaire du pays pour anéantir tous ceux qui ne sont pas de leur tendance… ). Apres son discours, le rav fit son appel pour l’achat des lits. Chacun de ces attirails valait une très forte somme d’argent (des centaines de roubles). Le premier des invités se lança et proposa l’achat de 2 lits, puis un second avec 3, et ainsi de suite jusqu’à ce que le grand « richard » de la soirée (qui, je vous l’assure n’avait pas le gros nez, ni la barbe hirsute…comme c’est si bien dessiné à Besançon…) leva sa main pour l’achat de 15 lits !! Le monde était dans une grande cohue en entendant ce chiffre extraordinaire ! Puis entra dans la salle un jeune Bahour Yechiva, chétif, habillé pas à la mode avec une chemise blanche qui sortait du pantalon. Le jeune avait un visage très sérieux et s’approcha du Roch Yechiva (il était le responsable de la Yechiva) et lui dit un mot à l’oreille. Le ‘Hafets ‘Haïm laissa le diner se continuer sans sa présidence et écouta attentivement le jeune Ba’hour, semble-t-il que la question devait être régler au plus tôt. Les traits de visage du rav se plissent et pendant de longues minutes il garde le silence. Pendant tout ce temps la salle reste bouche bée. Le rav donne alors sa réponse au Ba’hour et on peut voir un brin de clarté sur le visage du jeune : il semble satisfait de la réponse. Le jeune s’apprête à partir tandis que le rav lui demande, toujours avec tranquillité : « Est-ce que tu as une autre question ? » Le jeune répond négativement et s’en va tandis que le ‘Hafets ‘Haïm le raccompagne en lui donnant à nouveau sa bénédiction. Puis il revient à sa place et reprend le cours de la soirée. Dans la salle les notables sont très étonnés du comportement du ‘Hafets ‘Haïm et l’un d’entre eux élève sa voix et demande avec ironie : « Pourquoi le rav s’est préoccupé de ce jeune ? Est-ce qu’il offre des lits comme nous le faisons ? ».
Le ‘Hafets ‘Haïm répondit de suite : « Ce jeune offre 50 lits ! » En entendant sa réponse les riches poussent des cris d’exclamation : « Quoi ! Nous avons du mal à offrir 4/5 lits et le rav nous dit que ce jeune offre 50 lits !! Or il est clair pour tous qu’il n’a pas le sous en poche ! » Le rav reprit la parole : « C’est vrai : ce jeune offre tous les jours 50 lits par le fait qu’il étudie la Tora toute la journée ! Par le mérite de son étude il éveille dans les cieux de la miséricorde et permet à 50 personnes de ne pas tomber malades et grâce à lui les souffrants recouvrent leur santé plus vite. Est-ce qu’il y a parmi vous des hommes qui font un si grand don pour la communauté ? » Fin de l’anecdote véritable rapportée par le fils du ‘Hafets ‘Haïm dans son livre-fascicule : « Midarké aba » (ndlr : le comportement du ‘Hafets ‘Haïm est dicté par la Hala’ha puisqu’il y a une Mitsva d’honorer les Talmidé ‘Hakhamim. Donc lorsque le Ba’hour est rentré dans la salle pour poser sa question, ce n’était pas uniquement au ‘Hafets ‘Haïm de lui donner du Kavod, c’était à tout le public de lui donner la préséance).
C’est pour nous un enseignement que la Berakha dans ce monde nous la devons aux Ba’hourim et Avrékhim qui s’adonnent à l’étude. C’est l’essence même de la fête de Chavouoth que nous venons de fêter : savoir que nous sommes un peuple de prêtre/Cohanim et Goy Kadoch/Peuple saint.
Et à écrire ces lignes cela nous donne à réfléchir à ce qui se passe en Terre sainte où les grands de la Thora ont retiré leur soutien au gouvernement actuel du fait qu’il n’a pas régler le statut juridique des Ba’houré Yrchiva. Or ces jeunes qui veulent s’adonner à la Tora sont mis au ban de la société israélienne pour ne pas vouloir faire leur service militaire. Toute cette population est considérée comme des parasites que l’on jette en prison, de plus ils n’ont pas droit aux aides sociales minimales (alors que la population arabe israélienne reçoit toutes les aides tandis qu’elle ne fait pas non plus l’armée). Est-ce normal dans un pays qui doit toute sa légitimité (vis-à-vis des nations du monde) au fait qu’il vit en adéquation avec le texte biblique (je vous fait un court rappel : c’est Moché Rabénou qui a fait sortir le peuple d’Egypte pour recevoir la Tora au Sinaï et nous a fait rentrer en Terre sainte pour garder la Tora et en 47 lorsque Ben Gourion est venu à l’ONU il avait une Bible, version rabinnat, à sa main et a dit dans son discours que le peuple juif revient sur sa terre et ce Livre est son garant) … Notre résidence en Terre sainte est donc conditionnée par la pratique et l’étude de la Tora (sinon il aurait mieux valu s’installer en Ouganda comme Hertzel l’avait proposé). Or l’armée en Erets ne répond toujours pas aux exigences basiques du public religieux (et aussi d’une bonne partie du monde religieux sioniste qui voit d’un mauvais œil la promiscuité hommes/femmes qui est le pain quotidien à Tsahal), par exemple un bon niveau de cacherouth, le respect du Chabbath et aussi que les sections des combattants ne soient pas mélangées avec la gente féminine… que dans les tanks il n’y ait pas de filles combattantes qui CÔTOIENT les garçons dans 6 mètres cubes… Et puisqu’on est lancé sur le sujet, que dans les bases militaires soient organisée une distinction claire entre les parties affectées aux filles de ceux des garçons (par exemple dans certaines bases, qui soit disant acceptent les orthodoxes, les douches sont communes garçons/filles !) ! En un mot, l’Etat doit d’abord veiller à ce que l’armée ne soit pas à l’image du jeune artiste en herbe qui prend ses premiers cours aux Beaux-Arts et qui mélange avec beaucoup d’allégresse le rouge du jaune, le blanc du noir… Or nous savons que la Kedoucha d’Israël dépend étroitement de notre comportement dans ce domaine. Lorsque Tsahal commencera véritablement à faire son mea-culpa et organisera des sections adaptées aux publics orthodoxe (et aussi aux religieux-sionistes) alors les grands Rabbanim de la génération pourront donner un autre point de vue.
Depuis quand le Bagats anti-religieux de Jérusalem doit s’immiscer et imposer au monde juif authentique sa manière de voir (à la manière bolchévique) et de gérer la vie communautaire alors qu’il n’a strictement aucune connaissance dans ce vaste domaine ?
Chabbath Chalom et à la semaine prochaine, si D’ le veut.
David Gold
E-mail : dbgo36@gmail.com
Tél. : 00 972 677 87 47.




























