La voie est libre, mais la campagne est quasi bloquée : le dilemme de Marine Le Pen

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La cour d’appel de Paris a maintenu la condamnation de la leader de la droite mais a réduit sa peine d’inéligibilité, lui infligeant un an de prison sous bracelet électronique et une amende de 100 000 euros.

Kol réga’ – Meir Gilboa

La cour d’appel de Paris a maintenu aujourd’hui (mardi) la condamnation de la leader de la droite Marine Le Pen pour détournement de fonds publics, mais a raccourci la période d’inéligibilité qui lui avait été infligée, d’une manière qui ne la bloque pas automatiquement pour l’élection présidentielle française de 2027.

Les juges ont condamné Le Pen à 45 mois d’interdiction de se présenter à un mandat public, dont 30 mois avec sursis, ce qui porte la période d’inéligibilité ferme à 15 mois seulement.

Étant donné que l’inéligibilité initiale est entrée en vigueur dès le 31 mars 2025 avec sa condamnation en première instance, la période ferme se terminera avant le premier tour de l’élection présidentielle, prévu en avril 2027. Sur le plan juridique, Le Pen pourra donc déposer sa candidature.

Cependant, le verdict place devant elle un autre obstacle tout aussi lourd. Le tribunal l’a condamnée à trois ans de prison, dont deux avec sursis et un an ferme à purger à son domicile sous surveillance électronique (bracelet électronique). De plus, une amende de 100 000 euros lui a été infligée.

Avant même la publication de la décision, Le Pen avait précisé que même si elle était légalement autorisée à se présenter, elle ne pourrait pas mener une campagne électorale avec des mouvements limités, où chaque déplacement pour un meeting, un déplacement sur le terrain ou une rencontre avec des électeurs dépendrait d’une autorisation judiciaire.

« S’il m’est possible d’être candidate, mais qu’on m’empêche concrètement de mener campagne librement, ce ne sera pas possible », avait-elle déclaré dans une interview accordée la semaine dernière. Elle a ainsi fixé à l’avance une ligne claire selon laquelle le bracelet électronique pourrait la pousser à abandonner la course, même sans inéligibilité officielle.

Cette décision laisse Le Pen dans une impasse inédite. La loi ne l’empêche pas de se présenter, mais les conditions fixées pourraient rendre la gestion de sa campagne presque impossible pour elle, du moins selon ses propres déclarations.

Le Pen a été condamnée dans l’affaire des assistants parlementaires du Rassemblement National. Selon le tribunal, des fonds versés par le Parlement européen pour l’emploi d’assistants de députés européens ont en réalité servi à payer des employés qui travaillaient pour le parti en France.

Les faits se sont déroulés entre 2004 et 2016. Le tribunal a établi que Le Pen était impliquée dans un système permettant au parti d’utiliser des fonds publics européens pour ses besoins internes, bien qu’il n’ait pas été établi qu’elle s’en soit enrichie personnellement.

En première instance, Le Pen avait été condamnée à quatre ans de prison, dont deux ans fermes sous bracelet électronique, ainsi qu’à cinq ans d’inéligibilité. Cette décision bloquait concrètement sa candidature à la présidentielle, mais la cour d’appel a désormais réduit à la fois la peine de prison et l’inéligibilité.

Désormais, la balle est dans le camp politique. Le Pen devra décider si elle tente de mener sa quatrième campagne présidentielle sous surveillance et avec des restrictions de mouvement, ou si elle cède sa place au président du Rassemblement National et son protégé, Jordan Bardella (notre photo).

Bardella, âgé de 30 ans, est considéré comme l’héritier naturel de Le Pen et le candidat favori pour la remplacer en cas de désistement. Il bénéficie lui aussi d’un soutien important dans les sondages, mais un changement de candidat à quelques mois du début de la course pourrait redessiner l’ensemble de la campagne électorale en France.

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