Le rabbi de Kalov, par. Nasso : la mitsva de soutenir les...

Le rabbi de Kalov, par. Nasso : la mitsva de soutenir les organismes de Kirouv

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«Tout prélèvement ou tout objet consacré offert par les enfants d’Israël.» (Bamidbar 8,9).

Le discours actuel dans le monde se focalise sur la protection du peuple juif sur le plan physique, mais, en réalité, il faudrait évoquer davantage la question de sauver les âmes des Juifs, à l’heure où un grand nombre d’entre eux se perd.

Lorsqu’un jour, le rav Its’hak Zéev de Brisk zatsal aperçut de jeunes enfants se rendre dans une école laïque en Erets Israël, il déclara : « Si le Satan ne nous brouillait pas la vue, tous les Juifs respectueux de la Tora et des Mitsvoth les observeraient comme des trains qui conduisent les enfants vers la mort à Auschwitz, et déploieraient tous les efforts possibles pour les sauver !»

Le sauvetage des âmes est encore plus essentiel que celui des corps, comme nous le déduisons des propos de nos Maîtres (Bamidbar Rabba 21,8) : la transgression d’un homme qui fait fauter son prochain est plus grave que celle de le tuer. En effet, par la faute, on porte atteinte à la Néchama, l’âme. Or l’essentiel de l’homme, c’est son âme éternelle et non le corps qui ne sert que d’enveloppe à l’âme le temps de son séjour dans ce monde. Par conséquent, en sauvant des âmes juives, on exécute parfaitement la Mitsva d’aimer son prochain et de lui prodiguer du bien.

Le Zohar Hakadoch explique que l’homme doit s’efforcer de donner une forme de Tsedaka : des propos d’éthique à un homme pauvre en conscience juive, en lui enseignant la Tora, la crainte du Ciel, encore plus que les dons de Tsedaka à un démuni à qui il manque des fonds. Le salaire perçu pour sauver des âmes est bien supérieur à celui du sauvetage de vies.

Dans un autre verset (Vayikra 19,17), il est dit : «Ne hais point ton frère en ton cœur, reprends ton prochain» : en effet, ces deux notions sont liées, car celui qui néglige de réprimander son prochain et de le rapprocher du service divin, enfreint ainsi l’interdit de haïr son frère dans son cœur. En effet, celui qui aime son prochain fait tout ce qui est en son pouvoir pour lui faire découvrir le bonheur véritable, c’est-à-dire une vie de Tora et de Mitsvoth, qui le conduisent à la vie éternelle.

Le rav Yo’hanan Eibeshitz explique dans son ouvrage Ya’aroth Devach (1ère partie, 10) le phénomène de la haine gratuite à l’époque de la destruction du Temple. Les Juifs n’avaient pas appliqué la Mitsva d’aimer son prochain comme soi-même, en guidant leurs frères dans le domaine spirituel, et ils commirent ainsi de nombreuses fautes qui déclenchèrent la punition de la destruction du Temple. Il conclut en affirmant que c’est également le cas de nos jours : il existe de nombreuses personnes qui effectuent des actes de bonté matérielle, mais pas spirituelle, ce qui est l’amour du prochain le plus essentiel. Il y a donc lieu de corriger ce manque.

Et ceux qui estiment que chacun a une obligation uniquement envers les personnes de sa communauté commettent une erreur qui remonte à l’époque précédant le dévoilement du Ba’al Chem Tov, que son mérite nous protège, où régnait alors une séparation importante entre divers groupes au sein du peuple juif, comme entre Sefarades et Ashkenazes ou autres, entre les érudits en Tora et les travailleurs. Chacun ne se préoccupait que de son sort et la situation des autres ne les intéressait pas. On envoya alors du Ciel le Ba’al Chem Tov, que son mérite nous protège, qui renforça beaucoup le sujet de la solidarité, expliquant l’idée que tous les Juifs sont des fils de Hachem ; ils commencèrent également à se préoccuper du sort des autres Juifs, en s’assurant surtout que chaque Juif se rapproche de Hachem et de Sa Tora, même les hommes les plus simples.

Nous le constatons parmi ses élèves et les descendants de ses élèves jusqu’à notre époque, qui ont veillé à préserver de la faute chaque Juif, sans aucune distinction d’origine. Relevons le mérite de nos ancêtres et nos Maîtres, notamment rabbi Elimélekh de Lizensk, que son mérite nous protège, et du rabbi Its’hak Eizik de Kalov zatsal, qui ont déployé d’importants efforts dans ce domaine, au point de mériter de transformer des pans entiers de population juive qui sont devenus des Bené Tora et des hommes pieux.

Aux États-Unis également, la situation du judaïsme était au plus bas, comme je l’ai constaté lorsque je suis arrivé de Roumanie en 1948 : dans tout le quartier de Boro Park, on ne trouvait qu’un seul petit Mikvé, jusqu’à ce que de grands Tsadikim créèrent des institutions de Tora et redonnèrent vie au judaïsme authentique.

On connaît, par exemple, la direction spirituelle de l’Admour de Satmar zatsal, qui se préoccupa beaucoup du sort des Sefarades en Argentine, notamment, et œuvra intensivement en faveur du sauvetage spirituel des enfants du Maroc, qui lui tenait beaucoup à cœur.

Même quelqu’un qui n’est pas en mesure d’enseigner lui-même la Tora et le judaïsme aux autres devra œuvrer au moins dans ce domaine en contribuant sur le plan financier. Le ‘Hafets ‘Haïm zatsal, dans son ouvrage ‘Homath Hadath, explique que tout comme un homme aperçoit un autre homme se noyer dans un fleuve, même s’il ne sait pas nager, il est obligé de faire appel à des hommes qui savent nager et sont capables de le sauver, de la même façon, lorsqu’on voit d’autres personnes se noyer dans la mer des désirs qui détruisent la vie de l’homme dans ce monde et le Monde futur, on est tenu de payer des personnes capables de rapprocher des Juifs de Hachem et de les sauver.

Nous découvrons dans les versets qui évoquent le sujet du Pidiyon Chevouyim (rachat des captifs) que, même si, au regard de l’obligation de racheter les captifs, on n’est pas tenu d’agir, mais dans le cas où les captifs seront forcés de se convertir, c’est alors une Mitsva de dépenser des sommes élevées pour les libérer immédiatement.

Nous en trouvons une allusion dans le verset de notre Paracha : «Tout (Kol)» : les initiales du terme Kol forment la phrase : Veahavta leréakha kemokha, tu aimeras ton prochain comme toi-même ; cet amour pour un autre Juif te conduira à offrir un «prélèvement ou tout objet consacré offert par les enfants d’Israël» : une contribution financière pour toute initiative destinée à accroître la sainteté parmi les Juifs.

C’est une obligation éternelle : c’est un très grand mérite de devenir partenaire des organismes importants qui se consacrent à rapprocher les Juifs éloignés du judaïsme et ceux qui œuvrent pour épargner les Juifs des méfaits de la technologie, etc. Aucune Mitsva ne surpasse celle-là.

Chabbath Chalom !

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