MSF : promouvoir la haine par la médecine ?

MSF : promouvoir la haine par la médecine ?

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(FILES) A Palestinian boy walks past the clinic of Doctors Without Borders or Medecins Sans Frontieres (MSF), in the al-Rimal neighborhood of Gaza City on January 11, 2026. Israel said on February 1, 2026 it was terminating the humanitarian operations of the international charity Doctors Without Borders in Gaza after the organisation failed to provide a list of its Palestinian staff. (Photo by Omar AL-QATTAA / AFP)

Pendant un demi-siècle, Médecins Sans Frontières a joui d’une réputation enviable. L’organisation était reconnue et respectée pour son travail dans les zones de guerre et les régions sinistrées, où ses bénévoles et ses employés soignaient les blessés et les malades. Mondialement connue sous le nom de Médecins Sans Frontières, ou MSF, l’ONG a bâti sa crédibilité sur le principe que les médecins sont là pour sauver des vies, et non pour mener des campagnes politiques.

Cette réputation a aujourd’hui largement disparu, et comme d’autres groupes puissants du secteur des ONG, MSF est devenue une plateforme majeure pour les campagnes de propagande politique et idéologique qui accompagnent souvent les guerres et les atrocités terroristes.

Un important rapport récemment publié par l’institut de recherche NGO Monitor, que j’ai fondé et que je dirige, documente comment MSF est passée d’une organisation humanitaire médicale à l’un des promoteurs institutionnels les plus agressifs de messages anti-israéliens, notamment la désinformation selon laquelle Israël commet un génocide à Gaza.

Depuis le massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, MSF et ses affiliés régionaux ont accusé à tort Israël de « génocide » au moins 272 fois sur les réseaux sociaux. Ce fait troublant parle de lui-même : le génocide n’est pas une simple figure de style.
Ce terme a été forgé par le juriste polono-juif Raphael Lemkin pour décrire l’extermination délibérée d’un peuple dans les chambres à gaz et les charniers de l’Holocauste. Le génocide revêt une importance morale considérable. Historiquement, et jusqu’à récemment, les institutions et les personnes responsables ont utilisé ce terme avec une grande prudence.

Ce n’est pas le seul exemple de la participation de MSF à des campagnes de diabolisation totalement incompatibles avec l’agenda humanitaire. Le 7 octobre, alors que des terroristes du Hamas continuaient de tuer et de violer des civils en Israël, de faire venir des otages à Gaza et de diffuser en direct leurs « conquêtes », des responsables de MSF accusaient Israël de crimes de guerre. La première déclaration de cette ONG réduisait le plus grand massacre de Juifs depuis la Shoah à une vague « escalade entre Israël et Gaza ».

Ce cadre de référence a défini les activités de MSF tout au long du conflit et perdure encore aujourd’hui, accompagné d’accusations manifestement fausses.

Par exemple, le 17 octobre 2023, une explosion s’est produite près de l’hôpital arabe Al-Ahli à Gaza. MSF a immédiatement publié des communiqués qualifiant l’incident de « massacre » et a présenté le médecin Ghassan Abu-Sittah comme un témoin clé accusant Israël. Le Dr Ghassan Abu-Sittah, militant anti-israélien affilié à MSF, a participé à une conférence de presse grotesque, organisée par le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, afin de relayer ces accusations.

Des évaluations menées par les États-Unis, le Canada et la France, ainsi qu’une enquête du New York Times, ont conclu que les dégâts avaient été causés par une roquette mal tirée par le Jihad islamique palestinien, mais la campagne menée par MSF n’a jamais rétracté ce mensonge, diffusé auprès de millions d’abonnés cumulés sur les réseaux sociaux.

Cet échec est grave car l’autorité de MSF repose sur la confiance du public. Lorsque les médecins sur le terrain prennent la parole, journalistes, diplomates et décideurs politiques les écoutent. Et lorsque les déclarations de l’organisation promeuvent l’inverse des principes humanitaires qu’elle prétend défendre, les conséquences dépassent largement le cadre d’un simple cycle d’actualités.

À Gaza, le rôle de MSF dans la diabolisation et les fausses accusations contre Israël s’est intensifié. En décembre 2023, le président international de MSF, Christos Christou, a accusé Israël de « guerre incessante et aveugle » et de châtiment collectif. En octobre 2024, MSF a qualifié les opérations israéliennes de « massacre absolu ».

Ces attaques furent le prélude à la calomnie du génocide.

En décembre 2024, MSF publiait un rapport intitulé « Vivre dans un piège mortel », rejoignant ainsi le concert de discours haineux accusant Israël de nettoyage ethnique et de génocide. Le texte, avec une extrême prudence, reconnaissait que MSF ne disposait pas de l’expertise juridique nécessaire pour déterminer l’intention génocidaire – élément central du crime au regard du droit international. Mais cette mise en garde n’a pas empêché l’organisation de relayer ces accusations diffamatoires. À au moins 272 reprises.

Parallèlement, MSF est restée étrangement silencieuse face aux véritables crimes de guerre du Hamas : l’implantation d’infrastructures militaires (terroristes) dans des hôpitaux (documentée par NGO Monitor), des écoles et des quartiers civils ; le détournement d’aide humanitaire ; et la détention persistante d’otages civils israéliens. Sur les réseaux sociaux internationaux de MSF, les otages étaient à peine mentionnés – n’apparaissant comme sujet principal que dans trois publications sur des centaines.

Le plus tragique, c’est que MSF n’ait pas eu à choisir entre soigner les malades et prendre parti. Les organisations humanitaires peuvent apporter leur aide tout en faisant preuve de discipline, de rigueur et de sérieux moral. Nombre d’entre elles y parviennent.

MSF a choisi la voie opposée.

En relayant des accusations mensongères et diffamatoires, Médecins Sans Frontières et tous ceux qui sont associés à cette ONG ont bafoué des valeurs morales et humanitaires fondamentales. Ils ont troqué blouses blanches et missions médicales contre slogans haineux et mensonges.

Le professeur Gerald M. Steinberg est le fondateur et le président de NGO Monitor.

JForum.fr avec gatestoneinstitute.org

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