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Elloul : le temps des bilans

(Eloul 5768 / Septembre 2008)

La période du mois de Elloul invite à la réflexion, aux bilans, aux bonnes résolutions, avant les grands jours du mois de Tichri, quand nous nous retrouverons devant l’Eternel à Roch haChana pour prier pour avoir droit à une année meilleure et plus positive sur le plan spirituel, et avant de tout faire pour revenir de nos fautes passées durant Yom Kippour.

Les Séli’hoth de ce mois, la sonnerie quotidienne du Chofar, l’ambiance qui règne dans les synagogues et dans les Baté Midrach, tout ceci doit nous aider à prendre conscience de notre situation et à réparer ce que nous pouvons.

A chacun de faire le point avec soi-même, et à nous de nous souhaiter les uns aux autres de mériter d’être immédiatement inscrit dans le Livre des personnes parvenues à dépasser leurs faiblesses et à servir l’Eternel comme Il l’attend !

Le bilan de la situation au niveau du peuple juif tout entier n’est pas non plus de notre recours : au Maître du monde de l’établir, et de décider à notre égard une bonne et heureuse année, une année de réussite et de délivrance, une année où effectivement enfin le Machia’h arrive – nos Sages ne disent-ils pas que c’est aux lendemains d’une année de Chémita que cela doit se dérouler ?

Toutefois, selon ce qu’il nous est permis de constater, s’il existe de nombreux éléments positifs et encourageants, d’autres ne manquent pas de nous inquiéter. Et c’est pourquoi en ce mois d’Elloul où le Créateur visite sa création, nous nous devons de prier pour qu’Il nous accorde une meilleure année !

C’est de ce qui se passe en Erets Israël que nous voudrions parler : l’endroit qui est le cœur du peuple juif.

Le positif : ainsi que nous nous en étions fait l’écho dans un récent numéro du magazine, la Téchouva, en Erets Israël, se développe et prend racine, suscitant partout un nouvel intérêt et provoquant un grand développement dans le domaine de la vie de la Tora dans le pays. Nous nous sommes même rendus à Eilat, pour constater que ce mouvement a atteint également cette ville balnéaire, que l’on croyait pourtant – a priori – tout à fait éloignée de telles préoccupations.

Mais, d’un autre côté, l’état moral général du pays laisse à désirer : la violence est de plus en plus quotidienne, ainsi que le décrivent – trop souvent – les medias. Ce fléau arrive jusque dans les écoles, et cela n’est pas sans inquiéter les parents qui envoient leurs enfants dans des écoles laïques. Ce phénomène qui épargne nos écoles religieuses, que D. soit loué, qui conduit un nombre croissant de parents non-religieux à délaisser le système scolaire laïque pour inscrire leurs enfants dans des écoles privées religieuses…

Par ailleurs, la liste des hommes politiques ou autres responsables ayant fait l’objet de poursuites judiciaires ou « mis en examen » pour des conduites indignes de personnes assurant des fonctions publiques est très longue. Tout se passe comme si les agréments du pouvoir faisaient perdre fort rapidement toute conscience morale à bien des gens…

Pourtant, ces dirigeants sont responsables de la gestion du peuple « israélien », et de son avenir !

Malgré le peu de temps qui leur reste pour gouverner, les voici qui, envers toute logique, se lancent dans des pourparlers avec la Syrie – initiative pour le moins discutable ! Ils libèrent des prisonniers palestiniens par centaines, même s’il s’agit de terroristes qui ont du sang juif sur les mains, sans raison sérieuse aucune. Et entre autres, sans que la libération de Gil’ad Shalit soit présentée comme condition préalable à toute faveur de cet ordre. Sans aucune contrepartie ni assurance tangible, Olmert prépare ainsi des accords avec Abou Mazen. Sa motivation est sans doute de terminer sa carrière en beauté, au besoin en faisant l’impasse sur les intérêts réels du peuple juif et le reste à l’avenant.

S’il est en fait un point sur lequel le gouvernement actuel sait clairement quelle direction il entend suivre, c’est celui de la politique sociale : alors qu’à présent, la situation financière de l’Etat d’Israël s’est très fortement améliorée, il n’est aucunement question pour lui de reconsidérer les restrictions dans le domaine des aides sociales décidées en leur temps par Binyamin Netanyahou. Le moment n’est-il pas venu de permettre aux couches défavorisées de profiter également du renouveau de la croissance, comme Bibi lui-même l’avait alors assuré ? Pour l’instant, le prochain budget que Olmert tente de faire voter avant la fin de son mandat, ne contient aucune nouvelle allant dans ce sens, bien au contraire !

En d’autres termes, la pauvreté qui frappe actuellement les couches défavorisées ne va pas diminuer, bien au contraire. Or comme une grande partie des familles concernées sont celles du public orthodoxe, nous nous sentons touchés dans notre propre chair : nous pensons que l’un des grands éléments pouvant donner quelque « légitimité » à l’Etat d’Israël est le fait qu’il a supporté jusqu’à présent le développement des institutions de Tora, rendant possible une expansion exceptionnelle de l’étude de la Tora.

Ce recul dans ce domaine a tout pour nous inquiéter : la Tora est éternelle, et sa perpétuation ne saurait dépendre des conditions et des circonstances. C’est pourquoi, dans ses dispositions actuelles, le gouvernement perd le peu de pertinence qu’il avait encore sur le plan spirituel. Or dans le contexte sécuritaire qui est le nôtre, il est évident que nous avons besoin de renforcer nos mérites, pour garantir aux Bené Israël un minimum de paix et de tranquillité.

Un autre grand souci préoccupe également les familles nombreuses : celui de la flambée des prix des appartements, dont nous parlons dans le présent numéro. Tout ceci, simplement parce que le gouvernement actuel se désintéresse du problème, et gèle les autorisations de nombreux projets de construction, à la grande impatience des promoteurs !

Espérons que la nouvelle année apportera effectivement de nouveaux espoirs pour tout le peuple d’Israël, tant dans le domaine matériel qui nous concerne et nous inquiète, que dans celui du spirituel, afin que tous ceux qui le désirent puissent étudier la Tora dans la sérénité, et que le peuple juif tout entier ait droit à une année de paix et de prospérité !

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